ÉLUCUBRATIONS // Tirer parti de ses escales en avion

Dans la vie, il y a trois sortes d’escales.

Les courtes, les moyennes et les longues.

Je pourrai faire plein de jeux de mot graveleux mais sachez que seules les courtes et les longues en valent la peine. Oubliez les moyennes.

Car sans longue escale, comment vous aurais-je fait profiter du Merlion, à Singapour (douze heures, en route pour Auckland) ?

Escale courte

Une petite escale, c’est une escale qui dure moins de deux heures. Vous avez juste le temps d’attendre que tous les passagers de votre premier vol débarquent, de regarder quelques boutiques, de prendre un café et hop ! Il est temps de ré-embarquer dans votre deuxième avion. Un petit répit pour se dégourdir les jambes, l’escale courte permet aussi aux passagers aviophobes, comme moi, de souffler un peu sur la terre ferme.

Elle peut théoriquement se transformer en enfer dans les cas suivants :

  • vous avez cumulé des vols low-cost et vous devez sortir de la zone de correspondance, réenregistrer les bagages, repasser le contrôle des passeports et repasser les rayons X
  • votre premier avion a un gros retard, et vous savez déjà qu’il va vous rester environ 17 minutes pour débarquer, courir et réembarquer. +1000 points si vous êtes à Heathrow et que vous devez changer de terminal. +10 000 points s’il n’y a qu’un vol par semaine vers votre destination finale
  • votre deuxième vol est un vol domestique, qui implique donc de passer la douane entre les deux avions, et peut donc, théoriquement, prendre un temps infini.

Mais globalement, tout se passe bien et vous aurez même le temps de lire un chapitre de votre roman avant de reprendre la voie des airs.

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Sans longue, comment aurais-je pu partager avec vous ces façades d’Amsterdam (six heures, en route pour Tokyo) ?

Escale moyenne

Une escale entre deux et six heures. La pire de toutes selon moi. Certes, on a de la marge en cas de retard lors du premier vol, on peut passer la douane avec aisance ET aller voir des boutiques sans se presser.

Mais une escale de cinq heures, ça peut aussi vouloir dire quatre heures à ne rien faire, à baver devant les boutiques de luxe dans lesquelles on peut se payer absolument rien du tout [quelqu’un m’expliquera un jour pourquoi on ne trouve pas de H&M dans les aéroports…]

On ne peut pas non plus vraiment dormir de peur de rater notre avion, ni sortir car c’est vraiment bien trop court. Ou, cauchemar ultime dans les vieux aéroports : on ne peut même pas brancher notre ordinateur portable ! Nooooooooon !

Sans oublier l’impact psychologique d’être coincé à Lisbonne/Sydney/Toronto… sans pouvoir aller visiter la ville alors qu’on en meurt d’envie. Je hais les escales moyennes.

Escale longue

À partir de six heures. Là, ça devient intéressant. Tellement intéressant que je prends souvent des vols en fonction de la longueur de l’escale, comme ce magnifique MontréalGuatemala City via Miami en novembre 2016. Cinq heures de vol au total, 24 heures d’escale.

Avec une escale longue, je peux faire encore mieux que me dégourdir les jambes : je peux sortir de l’aéroport et aller en ville. Oui madame. Oui monsieur. Contrairement à pas mal d’idées préconçues, rien ne nous empêche de sortir du moment qu’on est dans un pays qui n’a pas de formalités d’entrée compliquées (voir plus bas). Il faudra simplement repasser les contrôles de douane au retour, comme n’importe quel voyageur. Le seul mauvais plan avec cette escale, c’est quand elle a lieu de nuit. Certains aéroports, comme Heathrow, sont tatillons et vérifient que les voyageurs ont bien au moins six heures devant eux avant de les laisser sortir. Mais sinon, nous sommes libres comme l’air.

C’est ainsi que j’ai pu visiter Amsterdam, Dubaï, Singapour, Londres, Casablanca… Parmi ces villes, je suis sûre que je ne serais jamais allée à Casablanca ou Singapour de moi-même. Une escale longue, c’est l’opportunité incroyable d’aller visiter des endroits qui ne m’attirent pas forcément pour plusieurs jours, mais qui seront parfaits pour quelques heures. Certaines compagnies aériennes proposent même de longues escales sans surcoût pour favoriser le tourisme, notamment à Singapour ou Hong Kong, deux énormes hubs en Asie.

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Sans longue, comment aurais-je pu vous montrer ces amusants taxis à Casablanca (six heures, en route pour Dakar) ?

Comment optimiser une escale longue ?

Avant même d’acheter mon billet, je vérifie quelles sont les formalités douanières. Certains pays exigent un visa même pour deux heures sur leur territoire, d’autres offrent des exemptions de visa si le séjour est inférieur à telle durée. C’est notamment le cas de la Chine, qui laisse une marge de 144 heures sans visa. Nous en avons profité en novembre 2018 pour faire une escale à Pékin, en route vers Séoul.

Je vérifie la facilité d’accès de l’aéroport. S’il est à deux heures de métro du centre-ville, soyons honnêtes… Ça ne vaut peut-être pas le coup si je ne dispose que de six heures d’escale. Si la plupart des grandes métropoles ont des aéroports loin du centre, ils sont aussi généralement très bien desservis et il est facile d’accéder directement aux sites les plus intéressants. Heathrow est à une heure du centre de Londres, mais il est desservi par un train direct et fréquent. Idem pour Hong Kong, Amsterdam… Dans le temps, Singapour offrait même un ticket de transport en commun valable toute la journée aux voyageurs en correspondance (c’est peut-être toujours le cas) ! À Montréal-Trudeau, le ticket de bus pour aller au centre-ville vaut 10 $, mais il est valable toute la journée : on peut faire le retour avec.

Des fois, je me prépare un petit programme, ou des fois, je me contente simplement d’improviser. L’avantage des aéroports, c’est qu’ils proposent généralement un office du tourisme qui est ravi de donner un plan gratuit de la ville et de nous aiguiller. J’adore les circuits pédestres sur les cartes ou les guides touristiques qui permettent généralement d’en voir le maximum en un minimum de temps. Si le coeur vous en dit, vous pouvez aller voir sur Layover Guide (en anglais). Si vous faites des recherches au préalable, “longue escale” se dit “layover” ou “stopover” en anglais.

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Ou enfin, sans longue escale, comment aurais-je découvert le port du vieux Dubaï (douze heures, entre Pékin et Paris) ?

Je m’aventure à sortir à partir de six heures d’escale. Une heure pour passer les douanes, m’orienter et atteindre le centre-ville, une heure et demi pour revenir à la porte d’embarquement puisqu’il faut repasser les contrôles de sécurité et la douane… Pour une escale de dix heures, cela me laisse trois heures et demi sur place, et heureusement, bien plus si mon escale fait huit, dix, douze… heures. Pas très “voyage lent”, tout ça, mais pour une fois, je préfère cent fois me secouer les puces pour aller au centre-ville que de me barber comme un rat mort à l’aéroport, même si j’ai pris de quoi m’occuper en avion. D’autant plus que bien souvent, le trajet est sympa pour voir les alentours de la ville depuis le train.

Et les bagages ? Le plus souvent, si les correspondances sont assurées par la même compagnie, les bagages en soute restent dans l’aéroport, je n’ai pas à m’en préoccuper. Évidemment, mieux vaut confirmer ce détail au moment de l’enregistrement ! Pour les bagages en cabine, il y a souvent des consignes dans les grands aéroports : inutile de se trimballer un ordinateur portable pendant huit heures. Sans consignes, il faudra malheureusement porter votre bardas… Dans ce cas, prévoyez en conséquence et voyagez léger !

Un dernier conseil : les longues escales, c’est bien… Mais si vous en avez la possibilité, privilégiez

  • une escale longue à l’aller (parce que vous n’aurez pas encore toute la fatigue du voyage sur vos frêles épaules) et une courte au retour si vous passez par le même aéroport
  • ou deux escales longues à l’aller comme au retour, mais pas dans la même ville, pour prolonger un peu votre voyage.

Oh, et puisque j’ai revu et corrigé ce billet en 2019 : cette chronique s’entend si faire une escale est un passage obligé dans votre plan de vol. Il n’est pas toujours possible de relier un endroit directement depuis votre ville (depuis Moncton, disons que nos possibilités sont assez limitées, notamment à destination de la France !)

Quitte à faire une escale, autant faire une longue escale. Mais si vous avez la possibilité de limiter le nombre de vols, je vous encourage à privilégier les vols directs : le décollage et l’atterrissage dont partie des moments les plus gourmands en kérosène pour les avions : inutile de polluer encore plus pour visiter une ville pendant six heures, on est d’accord ?

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Vous l’aurez compris, je suis friande des longues escales. Quitte à avoir un plan de vol avec des escales, j’encourage tout le monde à essayer de voyager encore plus grâce à ce moyen ! Oyez, oyez. Ce billet contient des liens affiliés.

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11 thoughts on “ÉLUCUBRATIONS // Tirer parti de ses escales en avion”

  1. Je plussoie ! On en a déjà profité l’année dernière pour visiter Hong Kong et cette année à Pékin. 3 jours de layover les 2 fois 🙂
    Par contre je me suis déjà loupée aussi, j’avais prévu 9h à Dubai (entre Capetown et Paris) et quand on a atterri à 6h du matin, il faisait plus de 40°. Du coup j’ai passé mes 9h dans l’aéroport climatisé…

    1. Audrey

      Pour Pékin, tu avais dû demander un visa ou il y a quelques jours de tolérance ? Je n’ai jamais fait d’escale de plus de 12 h mais l’idée de prendre 3 jours (pour plus ou moins le même prix) est intéressante !
      Pour Dubaï on n’avait pas vraiment choisi nos horaires, mais le hasard a fait qu’on y était entre 4 et 16 h pendant le mois d’août.. On a visité la ville de nuit en taxi, on a trempé nos pieds dans la mer Rouge au lever du soleil, et on est vite rentrés se réfugier dans la clim de l’aéroport après 10 h tant c’était intenable ! Neuf heures sans sortir, ton escale a dû être éprouvante !

      1. La Chine accorde un visa transit de 72h max à condition de présenter son billet de départ (ils sont très chiant par rapport à ça donc si tu le fais penser à imprimer ta confirmation du vol d’après). Cette fois on avait un visa touriste chinois pour la suite donc c’est passé tout seul.
        Beaucoup de compagnies commencent à proposer des layover gratuitement. La prochaine fois que je fais un transatlantique je rêve m’arrêter en Islande pour quelques jours

        1. Audrey

          Excellente idée, je conseille vivement l’Islande ! D’ailleurs je pense faire de même pour mon prochain retour en France, depuis Halifax c’est possible et je ne m’en priverai pas 🙂
          Merci pour le tuyau du visa de transit en Chine, la procédure pour obtenir un visa normal est assez casse-pied (dans mes souvenirs) et je n’aurais pas forcément pensé qu’on pouvait quand même profiter de la Chine pour trois jours. Je note pour un prochain voyage (surtout que je rêve de retourner à Pékin où j’avais raté certains monuments qui me tenaient à cœur, comme le Temple du Ciel).

  2. Marie

    J’ai visité Casablanca et Dubaï grâce à ces longues escales, des villes où je ne serais sans doute jamais allée en vacances sinon.
    Je suis arrivée très tôt le matin à Dubaï et il y a certaines choses que je n’ai pas pu faire car tout n’était pas encore ouvert, mais j’ai par contre pu profiter de la “fraîcheur” matinale !
    Tu as déjà fait ton programme pour Miami ? 😉

    1. Audrey

      Haha la “fraîcheur” dubaïote est toute relative ! On avait fait comme toi en essayant de rester le plus longtemps possible en ville… Après la visite en taxi, on a tenu une heure à marcher à l’extérieur avant de rentrer complètement déshydratés à l’aéroport !
      J’ai commencé à vaguement me renseigner sur Miami ; je serai dans une auberge de jeunesse à Miami Beach, donc la plage et les quartier Art Déco seront de mise… À part ça, je ne sais pas ! Tu as des bons plans à me donner ? 🙂

      1. Marie

        Le quartier Art déco de South Beach et la plage (avec les jolies petites cabanes), c’est ce que je t’aurais conseillé !
        Il y a aussi Lincoln Road mais plutôt en second choix, c’est “juste” une artère commerciale, si je retournais à Miami, je m’en passerais 😉

        1. Audrey

          Je note Lincoln Road si je m’ennuie ! Je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il y ait un quartier Art déco à Miami, j’ai hâte de voir ça 🙂

  3. […] plan de vol faisait Lyon – Londres (avec une longue escale) – Hong Kong avec British Airways et Air New Zealand. Les deux compagnies sont […]

  4. […] et encore plus ravie quand American Airlines a décidé unilatéralement d’allonger cette escale déjà confortable à un total ébouriffant de 24 heures sur place. Ma foi, je n’allais pas […]

  5. […] je n’ai pas regretté d’être allée prendre l’air. Après tout, j’adore les longues escales ! Voici quelques idées pour s’occuper lors d’une longue escale à Pékin sans courir […]

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