CANADA // La vie à Moncton en comparaison aux autres villes canadiennes

Tous les candidats à l’émigration sont amenés à se demander où s’installer. Pour un pays comme le Canada, le deuxième au monde par sa superficie, le choix peut être difficile : côte Est ou côte Ouest ? Petite ville ou grande ville – tout en sachant que nos repères d’Européens ne comptent plus, les “petites villes” étant très petites et les grandes villes se métamorphosant en mégalopoles tentaculaires. Vie en anglais ou en français (ou les deux) ? Avec six autres blogueuses européennes installées au Canada, nous vous proposons un petit panel de certaines villes canadiennes pour vous aider à comparer et à faire votre choix. Le panel est loin d’être exhaustif, mais couvre une bonne partie des provinces et même le territoire du Yukon. Je vais bien évidemment vous parler de Moncton, la plus grande ville ville du Nouveau-Brunswick, où j’habite depuis 2014.

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Mon parcours d’immigration au Canada

Mon parcours d’immigration m’a laissé un choix assez restreint : parmi toutes les possibilités pour devenir résident permanent au Canada (je vous en reparlerai dans un autre billet), j’avais choisi d’être parrainée par le Nouveau-Brunswick. Pourquoi ? À l’époque, en 2013-2014, le Nouveau-Brunswick était très demandeur d’immigrants francophones jeunes et dynamiques pour pallier sa population vieillissante – face au succès de son programme, des quotas ont été mis en place depuis. Les procédures pour immigrer étaient relativement brèves (environ neuf mois de formalités seulement) et la contrepartie assez douce : s’installer au Nouveau-Brunswick pour un minimum de deux ans. Au Nouveau-Brunswick, il y a trois villes principales : Moncton, Saint-Jean et Fredericton. Il existe aussi des villes plus modestes : Edmunston, Bathurst, Caraquet, Miramichi, Shédiac, Sussex… Si je peux travailler depuis n’importe où, il fallait une “grande ville” pour trouver un emploi à Etienne. C’est Moncton qui l’a emporté, grâce à sa position centrale, son bilinguisme et son aéroport bien desservi. Et c’est ainsi que nous sommes arrivés en octobre 2014, déjà résidents permanents. Nous n’en sommes pas repartis depuis et en janvier 2020, nous avons eu la joie de devenir citoyens canadiens.

 

Moncton en bref

Je me rappellerai toujours de mon premier voyage à Moncton en 2013… L’agente au sol à l’aéroport de Lyon m’a demandé où se trouvait la ville ! Moncton est une ville modeste et paisible située sur la côte est du Canada, dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, à une vingtaine de kilomètres de l’océan Atlantique.

Nombre d’habitants : environ 72 000 habitants à Moncton même, et environ 144 000 habitants dans le Grand Moncton répartis sur trois municipalités : Moncton (bilingue), Dieppe (majorité francophone) et Riverview (majorité anglophone).

Langue majoritaire : si les administrations sont bilingues et malgré la présence d’une grosse communauté francophone (les Acadiens, une nation francophone différente des Québécois), l’anglais est majoritaire à Moncton.

Fuseau horaires : heure de l’Atlantique, UTC/GMT-4, soit cinq heures de moins que la France. Quand il est midi à Paris, il est 7 heures du matin à Moncton.

Climat : climat continental froid, été court et frais, selon la classification de Köppen. Moncton a le titre de première ville du Canada en termes de jours de neige de plus de 25 cm au Canada, et la sixième en termes de hauteur reçue pendant l’hiver. Cette ville est pour vous si vous aimez la neige ! En hiver, nous avons assez peu de jours très froids : je crois que le pire aura été de l’ordre de -35°C avec le refroidissement éolien, en 2015. La moyenne se trouve vers -10°/-15°C. En revanche, nous avons beaucoup de tempêtes de neige, car les ouragans, en remontant le long de l’Atlantique, nous apportent beaucoup de précipitations qui se changent en neige à notre latitude [d’ailleurs au moment où j’écris ces lignes, le 10 avril, nous venons de recevoir 15 cm… qui fondront vite, heureusement]. Je vous laisse relire mon billet sur les tempêtes de neige ici, pour savoir à quoi vous attendre. En été, le mercure ne dépasse pas souvent 30°C, mais l’humidité se charge de donner l’impression qu’il fait chaud.

Principaux atouts : comme beaucoup de villes de cette taille, l’immense atout réside dans la décontraction au quotidien, gage d‘une qualité de vie immense. Le bilinguisme est un autre avantage, car nous pouvons quasiment choisir la langue dans laquelle nous voulons vivre. Enfin, la proximité avec la nature, la plage à 20 minutes de route et deux parcs nationaux à une heure sont aussi appréciables. Et tout ça, avec un aéroport international à 5 minutes du centre-ville !

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Le coût de la vie à Moncton

Même si les prix ne vont pas en baissant, comme ailleurs (fini, le temps où on vivait dans un 2 pièces pour 650 $ !!), Moncton est une ville abordable :

  • Location d’un appartement deux chambres : environ 800-900 $. Le gros électroménager est généralement compris (réfrigérateur, cuisinière avec four et plaques, lave-linge et sèche-linge individuels ou communs). À noter, il est parfaitement légal d’interdire aux gens de fumer dans le logement ou de posséder des animaux de compagnie. Il est beaucoup moins légal d’interdire les enfants mais certains le font : surveillez les mentions de type “adult occupancy” ou “mature building”.
  • Location d’une maison de 3-4 chambres : environ 1200-1500 $ hors charges pour une maison unifamiliale, un peu moins pour un “duplex” (maison mitoyenne). Pour info, nous avons acheté une maison mitoyenne, nous vivons d’un côté et louons l’autre logement (3 chambres et animaux admis) entre 1000 et 1200 $ selon nos capacités de négociation avec le locataire (car oui, on peut négocier le loyer selon les proprios). 
  • Achat d’une maison : n’ayons pas peur des mots, un immense avantage de la vie à Moncton est le coût de l’immobilier à l’achat. Un bungalow (maison de plain-pied de 2-3 chambres, en banlieue) coûte environ 100 000 $, une jolie petite maison avec un étage commence à 150 000 $ et vous pourrez vous payer un manoir pour 500 000 $. En 2017, nous avons acheté notre duplex en lisière du centre-ville pour 200 000 $.
  • Aller simple de bus : 2,75 $ 
  • Abonnement mensuel de bus : 66 $ pour un adulte, 51 $ pour les enfants de plus de 6 ans, étudiants et plus de 61 ans
  • Resto bon marché : environ 50 $ à deux, pour un plat et une boisson chacun.
  • Abonnement mensuel à la salle de sport : j’ai un peu de mal à trouver ces infos alors que toutes les salles de sport sont fermées en ce moment et ne communiquent plus leurs tarifs en ligne.
  • Abonnement à Internet : à partir de 70 $. Avec deux télétravailleurs (dont un gros joueur) à la maison, nous avons un forfait 500 M à 95 $/mois.
  • Forfait de téléphone : le moins cher est avec Public Mobile, 15 $ HT pour 100 minutes d’appel. Dès qu’on veut des forfaits illimités avec données, on atteint au bas mot 50 $.
  • Prix d’un litre d’essence : à l’heure où j’écris ces lignes (avril 2020), le litre est à 0,71 $, le plus bas jamais vu grâce au coronavirus. D’ordinaire, comptez plutôt environ 1,10-1,20 $/litre.
  • Salaire minimum au Nouveau-Brunswick : 11,50 $/heure

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La maison patrimoniale Thomas Williams avec son salon de thé victorien

Liste de courses

Voici quelques articles vendus à l’Atlantic Superstore, ma chaîne de prédilection (prix hors taxes) :

  • 1 litre de lait : 2, 69 $
  • 1 kg de tomates : 8,80 $ début avril 2020
  • 1 kg de riz : 5,50 $
  • 1 kg de pâtes : 3,30 $
  • 1 kg d’oranges : 5,05 $
  • 1 kg de pommes de terre : 4,39 $

Le choix est assez varié en termes de supermarchés (“épiceries”) : Sobey’s propose des bons produits mais est un peu cher, Walmart propose des produits peu chers mais peu variés et pas forcément de bonne qualité, Atlantic Superstore est entre les deux avec des rayons à la coupe. Costco, une enseigne où seuls les membres peuvent entrer, est aussi présente, et peut aider les familles à faire des économies puisqu’on y achète tout en quantités énormes. On trouve aussi quelques petites boutiques bio/en vrac comme Corn Crib, Sequoia et Bulk Barn. Le marché du samedi est un bon endroit pour acheter des légumes directement auprès du producteur, et nous avons aussi quelques paniers bio comme ceux de la Ferme partagée ou Alva.

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Trouver un emploi à Moncton

Moncton est une ville dynamique : en six ans, je l’ai vu s’agrandir, se diversifier, s’épanouir. Pour autant, le Nouveau-Brunswick est malheureusement la province avec la croissance économique la plus faible du Canada, et son taux de chômage est de 8,5 % avant la crise du coronavirus. Cela peut sembler rebutant mais si le gouvernement vous choisit en tant qu’immigrant, il y a fort à parier pour que vous ayez assez de compétences pour intégrer le marché du travail. À titre de comparaison, 25 % des Néo-Brunswickois non immigrants n’ont pas de diplômes secondaires, contre 13 % chez les immigrants. Le taux de chômage chez les immigrants est inférieur à celui de la population dans son ensemble.

Accès à l’emploi

Vous devez évidemment être en règle et avoir un permis de travail. Il peut se présenter sous la forme d’un PVT, d’un permis de travail fermé (lié à un emploi précis) ou ouvert (vous pouvez avoir l’emploi ou l’activité professionnelle qui vous chante).

La résidence permanente est un permis de travail ouvert d’une durée de cinq ans, renouvelable autant de fois que vous le souhaiterez tant que vous répondez à ses exigences, même si la plupart des résidents permanents choisissent de devenir citoyens canadiens, démarche possible dès trois ans sur le territoire. Il peut se demander depuis la France (c’est ce que nous avons fait) ou depuis le Canada avec un PVT ou un permis de travail de travail fermé.

Opportunités

Parler français peut être un atout mais c’est surtout parler anglais qui va vous aider pour travailler dans le privé. Le situation linguistique est ainsi faite que même en présence d’une majorité de francophones, l’anglais primera dans la plupart des cas.

À noter, si vous ne parlez que français, ce sont les secteurs associatifs, culturels et éducatifs où vous aurez le plus de chances car ils relèvent de financements fédéraux. Dans le privé, l’anglais étant majoritaire, il faudra vous y mettre. Si vous avez peur de l’anglais, sachez que la sévérité extrême des Français envers ceux qui parlent (bien ou mal, d’ailleurs) une autre langue n’est pas de mise ici. Vous ne rencontrerez pas les ricanements idiots auxquels on vous a habitués en France dès que vous osez parler anglais, donc n’hésitez pas à vous lancer.

Vous le savez sans doute déjà mais le marché de l’emploi, c’est 20 % d’annonces et 80 % de postes pourvus par le bouche-à-oreille. C’est d’autant plus vrai dans une petite ville où tout le monde ou presque se connaît dans son domaine. Etienne a trouvé ses deux premiers emplois en informatique lors de forums pour l’emploi, et son troisième grâce au bouche-à-oreille. Pour ma part, j’ai trouvé mon petit job de réceptionniste par bouche à oreille également. On ne parle pas de piston (“Papa trouve une planque à son fiston non qualifié”) mais de relations. Pour cela, il faut aller à des événements de réseautage, être en contact avec des gens, et de fil en aiguille, espérer que votre profil trouve chaussure à son pied.

Les secteurs qui recrutent le plus

  • les centres d’appel embauchent beaucoup. Ils ont besoin de personnes qui parlent français. Cela peut faire un bon premier emploi.
  • assurances, finances, technologies informatiques, tourisme, manufacture.

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Transports

Voiture

C’est bel et bien la voiture le mode de transport n°1 ! Comme partout ailleurs au Canada, tout est fait pour la voiture et il n’y a d’ailleurs pas une seule rue piétonne à Moncton, à mon grand regret. Il est possible de ne pas utiliser beaucoup la voiture en vivant et travaillant au centre-ville mais s’en passer totalement est un peu difficile, ne serait-ce que pour faire de grosses courses ou pour profiter des environs.

Bus

Il existe un petit réseau de bus : Codiac Transpo. Il a le mérite d’exister sans être exactement optimal en raison de querelles de clochers entre Dieppe et Moncton. Imaginez un peu : pour rallier le centre-ville de Dieppe depuis Moncton, distants de 3 km, il faut… 45 minutes !! La faute à un changement absurde au beau milieu. Le bus peut être une option si vous vivez en banlieue de Moncton et travaillez au centre-ville.

Vélo

Cela dit, la ville étant très plate, à la belle saison, il est plus efficace de prendre son vélo. Il existe plusieurs pistes cyclables entre la banlieue de le centre-ville et s’il n’est pas forcément facile d’accéder partout en vélo, il y a un réel mouvement pour favoriser ce mode de déplacement.

Aéroport

Nous avons la chance d’avoir un aéroport international : l’aéroport international Roméo LeBlanc. Ne comptez pas sur des liaisons directes avec l’Europe : pour cela, il faut aller à Halifax, la grande ville voisine (dont je parle dans ce billet), au départ de laquelle on peut rallier Londres, Dublin, voire Paris l’été. En revanche, il est possible de s’envoler directement pour le Mexique, la Jamaïque, la République Dominicaine, Cuba et la Floride depuis Moncton en hiver avec Air Transat et Sunwings.

Au niveau des liaisons domestiques, nous sommes reliés à Montréal, Toronto, Ottawa et Halifax avec Air Canada, WestJet et Porter. Les vols vers l’Europe se font sur Air Canada en correspondance via Montréal ou Toronto.

Proximité avec les autres villes

Fredericton et Saint-Jean sont les deux autres “grosses” villes du Nouveau-Brunswick, à respectivement deux heures et 1 h 30 de route. Au sud, en Nouvelle-Écosse, Halifax est la plus grande ville de la façade maritime. À trois heures de route, c’est vers elle qu’on se tourne quand on a envie de retrouver un peu d’ambiance citadine.

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Halifax, la grande ville de la côte est du Canada, à trois heures de Moncton

La vie quotidienne à Moncton

Est-ce qu’on se sent “comme à la maison” ?

Je ne sais pas si on se sent comme à la maison… Certaines choses de France nous manquent, d’autres non, tout n’est pas parfait au Canada, mais on adore certaines facettes… Bref, quand on émigre, il faut s’attendre à de l’ambivalence envers son lieu de vie, à de la nostalgie et de l’entrain. Mais le quotidien est assez doux pour nous à Moncton. Le faible coût de l’immobilier nous permet à la fois de vivre dans une maison avec un petit jardin et d’être suffisamment proches du centre-ville pour tout faire à pied : aller à la bibliothèque, au café, à la banque, au coworking, au resto… J’aime assez cette façon de vivre, encore adoucie par l’extrême gentillesse des habitants. On dit les provinces maritimes encore plus polies et bienveillantes que le reste du Canada, et sans m’avancer sur le reste du Canada, ce que je constate au quotidien me suffit amplement. Est-ce l’effet “petite ville” ? Tout le monde est détendu, rares sont les situations d’énervement, l’entraide est une réalité.

Il m’est difficile de parler d’intégration. Etienne et moi sommes assez autarciques et nous ne faisons pas beaucoup d’efforts pour agrandir notre cercle social. La plupart de nos amis sont européens ou canadiens-européens… Comme partout, il est plus simple de se lier avec des immigrants ayant traversé peu ou prou les mêmes choses que vous, et même si les habitants sont d’une gentillesse infinie, ils ont déjà leur cercle.

Sentiment de sécurité

Le harcèlement de rue n’existe quasiment plus : mesdames, vous pouvez respirer ! Cela fait un bien fou de marcher sans se demander si un abruti va vouloir se faire mousser en exerçant son ascendant sur une femme.

Le point noir, c’est en termes de petite délinquance : toutes proportions gardées, il y a beaucoup de SDF toxicomanes et dans mon quartier, les petits délits ne sont malheureusement pas rares (vol de pots de fleurs ou de vélos, voitures visitées pour récupérer la monnaie dans le vide-poche…).

En termes de droits LGBT, le Canada est en avance sur la France et le mariage pour tous y est une réalité depuis 2005. Si vous souhaitez vous impliquer, l’association Rivière de la Fierté Moncton défend les droits de la communauté et organise divers événements dont la marche des fiertés, fin août. Les personnes trans et non binaires sont moins invisibilisées qu’en France et la bibliothèque propose même des ateliers de lecture aux enfants par des drag-queens ! Tout n’est pas parfait mais j’ai l’impression d’une plus grande tolérance, même dans cette petite ville.

Paysages

Moncton est toute plate, on ne voit quasiment rien hormis les petits monts de Caledonia Mountain au sud et de Mountain Road au nord. La ville est bordée au sud par la “rivière Chocolat“, alias le fleuve Petitcodiac dont le surnom ne laisse aucun doute sur sa couleur… Deux fois par jour, les immenses marées de la baie de Fundy inversent son cours : c’est le mascaret, une curiosité à voir une fois. Ce qui fait l’identité de la ville, c’est son mélange de maisons anciennes, de maisons en briques et de fresques colorées créées chaque année lors du festival Inspire.

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Restaurants

Depuis six ans, la qualité de vie au centre-ville s’est améliorée : les terrasses se sont multipliées, nous avons plus de choix pour les cafés, les bars et les restaurants, des festivals voient le jour pour égayer l’été et l’hiver… On trouve un peu de tout : beaucoup de restaurants asiatiques (Tokai Ramen, Cinta Ria et Japan Go étant mes préférés), de la bistronomie (Tide & Boar), quelques restaurants végétariens (Calactus), des grills haut de gamme (The Keg Steakhouse)… et même un adorable salon de thé iranien (K&M Saffron Tea House). Pour l’anecdote, les pizzas sont extrêmement chères ici, de l’ordre de 25 $ pour une pizza 12 pouces (taille moyenne). Comme je suis végétarienne, je peux moins vous parler de chaînes de restaurants à la canadienne de type Saint-Louis, Saint-Hubert, Swiss Chalet… mais si vous aimez la viande, vous y trouverez votre compte aussi.

Pour les Français qui campent sur leurs habitudes, sachez que nous disposons d’un restaurant français (Les Brumes du Coude), d’une boulangerie française (Co_Pain), d’une fromagerie (Les Gourmandes) et même d’une crêperie (L’Amiral) ! Dolma fait aussi de très bonnes baguettes.

Je parle beaucoup du centre-ville car si vous me lisez depuis l’Europe, il y a des chances pour le charme des restaurants sans terrasse dans les zones industrielles en banlieue vous laisse de marbre. Mais sachez que certaines options se trouvent dans des endroits étonnants : à côté de centres commerciaux, dans des rues résidentielles… C’est pour cela que je dis souvent que Moncton est une ville à vivre et non à visiter, car elle cache beaucoup de choses loin des endroits où les touristes étrangers ont l’habitude de chercher.

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Cliquez ici pour découvrir mes terrasses préférées à Moncton !

Écoles francophones

Il est possible d’inscrire son enfant à l’école francophone (district francophone sud) ou anglophone (Anglophone East School District). Certains immigrants francophones préfèrent inscrire leur enfant à l’école anglophone pour qu’il soit bilingue mais à mon humble avis, votre enfant deviendra bilingue quoi qu’il arrive, d’autant plus que les enfants ont souvent tendance à parler anglais ou chiac (un mélange de français-anglais) entre eux.

Santé

Au bout de trois mois dans la province, vous serez couverts par l’assurance santé Medicare, grâce à laquelle vous ne paierez pas vos consultations chez le généraliste ni autres examens de santé, sauf les habituels : dentiste, ophtalmo… Il n’y a pas de gynécologue à ma connaissance : on va chez son généraliste et si besoin, on passe par la case hôpital pour les actes qu’il n’est pas en mesure d’effectuer.

Il est obligatoire de souscrire à une mutuelle comme Assomption Vie ou Croix-bleue Médavie, le plus souvent via l’employeur. Cette mutuelle couvre la différence lors des consultations spécialisées ou douces (massages, physiothérapie, etc.). Pour aller consulter un généraliste, il faut se mettre sur liste d’attente ou aller à la “clinique sans rendez-vous”.

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Les loisirs à Moncton

La nature, évidemment !

La proximité de la nature est un grand atout, comme quasiment partout au Canada. La ville possède plusieurs parcs urbains (entendre par là : des forêts parcourues de sentiers) comme le parc du Centenaire, le parc Mapleton ou le plus grand, le parc Irishtown. À 25 km, la plage Parlee à Shédiac, la plus chaude au nord de la Virginie nous tend les bras, et elle est gratuite le soir après 17 h.

À une heure de route environ, deux parcs nationaux très différents : le parc Kouchibouguac est tout plat et propose des paysages de tourbières gigantesques, de forêt acadienne ou de plages, tandis que le parc de Fundy offre du relief, des falaises déchiquetées et la baie de Fundy. La baie de Fundy est un endroit magnifique qui comporte aussi les fameux rochers Hopewell, cheminées de fée maritimes sculptées par les plus hautes marées au monde.

Nous avons aussi de nombreux loisirs saisonniers : chocolat chaud et location de skis de fond, vélos de neige et raquettes l’hiver, brunch à l’érable lors du temps des sucres au printemps, ciné drive-in et festivals en été, cueillette des pommes et labyrinthes de maïs en automne.

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Les sublimes Rochers Hopewell, dont je parle plus en détails ici.

La culture

De prime abord, on pourrait craindre un peu pour la culture, mais la ville n’est pas en reste. Peut-être parce que j’ai pas mal de profils artistiques dans mes amis, j’ai l’impression qu’il se passe mille choses, expositions, concerts, soirées, etc. Au niveau des musées, le musée Resurgo offre une expo permanente sur les transports et l’histoire de la ville, et le musée acadien propose une collection sur les premiers colons français. Le Centre Aberdeen offre des expos et des ateliers artistiques. Pour ceux qui aiment la danse, le Ballet atlantique est présent à Moncton.

Inauguré en 2019, le centre Avenir est un palais des congrès où on peut aller voir des matches de hockeys ou des concerts, et sachez que nous avons pu y voir The Offspring et Sum 41 (gnii !! Je n’en reviens pas qu’ils soient venus à nous !). Chaque été, un concert gigantesque est organisé sur Magnetic Hill – AC/DC est venu chez nous ! Pour des spectacles plus intimes, le théâtre du Capitol propose humoristes, variété et même de la musique classique. Parmi les groupes locaux, je vous conseille d’écouter le groupe folk les Hay Babies, elles font la fierté des Acadiens, à juste titre.

L’été est le théâtre de festivals comme le fameux festival Inspire (art), le festival Frye (littérature), HubCap (humour), Atlantic National Automobile Extravaganza (vieilles voitures), Atlanticade (motos), Breathe (yoga) et bien sûr le Tintamarre acadien le 15 août, dont je parle longuement ici.

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Petit aperçu des nombreuses fresques réalisées chaque année en juillet lors du Festival Inspire

Le shopping ?

Si pour certain.es d’entre vous, le shopping est un loisir, sachez que le centre commercial CF Champlain est le plus grand de la province avec ses 140 boutiques.

Un aspect que j’aime bien à Moncton est l’alliance de magasinage et de culture en la présence de nombreux marchés d’artisanat et de création. Énormément de monde semble vendre ses créations, qu’on parle de dessins, peinture, savons, cache-pots au crochet… C’est très stimulant quand on a une âme d’artiste, on se dit que tout est possible.

La francophonie au Nouveau-Brunswick

En 2002, Moncton est devenue la première municipalité officiellement bilingue du Canada. Le concept de bilinguisme garantit que chaque citoyen peut être servi dans les administrations dans la langue de son choix : anglais ou français. Le Canada est bilingue au niveau fédéral, et le Nouveau-Brunswick est la seule province à être officiellement bilingue. Au quotidien, l’anglais est majoritairement parlé, dans une proportion de deux tiers. La communauté acadienne (francophone) connaît une belle renaissance identitaire et offre une communauté soudée. Dieppe est d’ailleurs la plus grande municipalité francophone à l’est de Québec.

La question du bilinguisme est très complexe : au Nouveau-Brunswick, elle tient plus de l’accommodement des francophones par la majorité anglophone au niveau administratif, et semble un coût énorme pour cette province peu florissante. Il existe un hôpital francophone et un anglophone à Moncton, les services de ramassage scolaires sont séparés (ségrégués, diraient certains) par langue…

Puisqu’ils sont en situation minoritaire à Moncton, les francophones sont quasiment forcés d’apprendre l’anglais pour s’intégrer sur le marché du travail, et deviennent bilingues par la force des choses. Les anglophones, n’ayant pas besoin d’apprendre le français pour survivre, sont rarement bilingues. Là où ça se gâte, c’est qu’à diplôme égal, les francophones ont donc souvent une compétence de plus, et cela les avantage pour certains postes et salaires, avec ce que cela implique de ressentiments et tensions entre les communautés linguistiques. Il y a ce fantasme du francophone “favorisé” par la province alors que dans les faits, les francophones sont globalement plus pauvres que les anglophones… il faut un bouc émissaire partout, hein. En tant que francophone, vous arriverez dans un champ de bataille compliqué, vous êtes prévenus.

Au français et à l’anglais s’ajoute le chiac : un dialecte franco-anglais parlé en majorité dans la région de Moncton. Il emprunte au français la syntaxe, les articles et certains noms, tandis que la plupart des verbes sont en anglais… mais conjugués à la française. Il n’a pas de valeur officielle et est globalement méprisé par ceux qui ne le parlent pas, mais il est right bien là, pis c’est pas un big deal, tu vas ender up par catcher the hang of it, worry pas ta brain.

Au quotidien, vous serez peut-être déstabilisés : dois-je dire bonjour en anglais ou en français ? Mon approche est de dire bonjour en français (“Allo !”) : si la personne est francophone, elle poursuivra en français. Anglophone, en anglais. À l’inverse, quand on entame la conversation en anglais, il y a des chances pour qu’elle se poursuive en anglais, et ce même si les deux parties sont francophones. Le français est important, sa survie au Nouveau-Brunswick est un enjeu politique et je mets un point d’honneur à m’exprimer dans cette langue quand je le peux, quand c’est mon droit.

Tintamarre Acadie Moncton

Le 15 août à Moncton, un jour de fierté pour les Acadiens !

Liens utiles sur Moncton et le Nouveau-Brunswick

Et vous, connaissez-vous Moncton ? Mon topo vous donne-t-il envie de vous y installer ? Je vous attends dans les commentaires ! Oyez, oyez, ce billet contient des liens affiliés.

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8 thoughts on “CANADA // La vie à Moncton en comparaison aux autres villes canadiennes”

  1. J’ai découvert cette ville avec ton blog ! C’est intéressant de voir que l’on ne connait pas forcément beaucoup de villes au Canada, d’autant plus que cette province n’est pas toujours bien mise en avant. Les alentours sont très beaux et la ville a l’air vraiment plaisante. 🙂

  2. […] QC par Wendy ∎ Vancouver, BC par Elodie ∎ WhiteHorse, YT par Julie ∎ Québec, QC par Léa ∎ Moncton, NB par […]

  3. Oui, tu me donnes envie de venir à Moncton !! La qualité de vie a l’air vraiment agréable, c’est chouette que vous ayez trouvé cet endroit. J’admire les gens qui partent vivre dans un autre pays, je voulais le faire étant plus jeune, mais les choses de la vie ont fait que je ne m’en sens pas capable et que j’aurais trop de mal à m’arracher à mon Paris, même si la qualité de vie est loin d’y être optimale !! Par contre on aimerait vraiment retourner au Canada comme touristes, on en garde un super souvenir.

  4. Fabrice Fougère

    Bonjour, Merci cet article très intéressant et qui donne envie de venir s’installer. Nous avons commencé les démarches fin 2019 via le portail Arrima pour nous installer à Montreal mais vu le contexte cela semble compromis voir très long… Nous envisageons donc de passer par l’entrée Express et nous installer à Moncton. On est un peu perdu car notre profil semble correspondre aux besoins (enseignante + informaticien) mais nous n’avons aucun retour. De votre point de vue, est-ce que Moncton n’est pas trop impacté par le covid ? Cordialement.

  5. Mathilde

    Bonjour ! Ton article m’a carrément donné envie de changer notre lieu d’immigration ! Ce n’est pas facile de trouver des témoignages récents de gens vivant à Moncton alors j’ai adoré te lire Merci !

  6. chesné

    Bonjour

    Il n’est pas trop compliqué d’acheter un bien vu le salaire et les dépenses? Pour 200000 dollars canadien vous arrivez à gérer les mensualités? et en terme de congés vous en etes à combien?

    Merci pour toutes les infos 😉 très intéressants en tout cas

    1. Audrey

      Pour les congés, cela va de deux semaines (première année) à quatre semaines (selon l’ancienneté). Le congé sans solde est néanmoins relativement courant, et les jours fériés nombreux. À cela s’ajout le rythme de la journée de travail, qui se termine généralement à 17 h pour un emploi de bureau classique. Ici, pas de course aux horaires comme en France, c’est impensable d’être encore au bureau à 18 h 30 si tes horaires sont 8 h 30 – 17 h.

      Pour les mensualités, les crédits sont généralement assez peu onéreux mensuellement mais représentent de très longues durées d’endettement, avec ce que cela comporte de frais d’intérêt payés en plus. Nous avons fait le choix d’un crédit avec des mensualités élevées (dans nos moyens), sachant que nous louons une moitié du duplex, ce qui nous aide énormément. À noter, il est aussi possible de faire des remboursements anticipés chaque année à hauteur de 10 % du montant du prêt. Les intérêts sont le plus souvent revus au cours du marché tous les cinq ans, d’où l’intérêt de rembourser assez rapidement pour éviter une augmentation involontaire des mensualités.

      Je mentionne le salaire minimum et comme partout, ce ne sont malheureusement pas les gens au salaire minimum qui peuvent se payer un bien immobilier 🙁

      1. Magnifique puis-je avoir votre contacte svp pour guide une fois que je serais sur le territoire je suis étudiante et je commence mes cours pour le programme d’hiver 2021?

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