CANADA // Mon road-trip dans l’Ouest canadien

Les Rocheuses canadiennes hantent mon imaginaire de voyageuse depuis longtemps… depuis aussi longtemps que j’aime voyager – depuis mes 15 ans. Cela fait vingt ans que j’avais envie d’aller voir de mes propres yeux ces lacs toujours trop bleus sur les brochures, ces vallées démesurées, cette nature intacte dans les parcs nationaux de Banff et Jasper. En 2019, mon rêve s’est réalisé à la faveur d’un road-trip dans l’ouest du Canada. J’ai vu des lacs aux couleurs inimaginables et des montagnes d’une beauté brute, des forêts sans fin et des parcs si beaux qu’on voudrait en devenir loups pour les parcourir sans relâche. J’ai aussi découvert une ville où il fait bon vivre, des stations de montagne charmantes et bien sûr l’accueil canadien… Venez, je vous emmène revivre ces paysages d’exception en revenant sur mon itinéraire dans l’Ouest canadien, mi-road-trip Rocheuses, mi-voyage sédentaire, de Vancouver à Calgary en passant évidemment par les grands parcs nationaux.

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Première étape : Vancouver

Jour 1 : Coal Harbour et Canada Place

Autant vous dire que le premier jour fut peu occupé. Levée à 4 heures du matin pour prendre mon avion à Moncton, je réussis malgré tout l’exploit d’être plus fraîche que ma mère, tout juste débarquée de son vol depuis la Suisse, avec dix heures de décalage horaire dans les jambes. Je la laisse se reposer à l’hôtel pour aller du côté de Coal Harbour et marcher au bord de l’eau. Je ne m’attendais pas à y voir des hydravions, mais si : toute une flotte d’hydravions relie Vancouver à des villes environnantes, sous les yeux ébahis des touristes et dans une forte odeur de kérosène. Je préfère me concentrer sur les bateaux insolites amarrés dans la marina…Vancouver coal harbour canada place que voir

Les bateaux-maisons de Coal Harbour à Vancouver

Où dormir à Vancouver

Vancouver est une ville très chère, où il est difficile de se loger à prix raisonnable. Nous avons posé nos bagages à l’hôtel YWCA au 733 Beatty Street. Pour 175 $ la nuit, notre chambre était digne d’un hôtel, avec des lits très confortables et un service de chambre quotidien, mais les sanitaires en commun (imaginez un peu les prix quand ceux-ci sont privatifs !). Nous avons presque tout fait à pied depuis l’hôtel (mais nous sommes d’infatigables marcheuses !). Pour se ravitailler, la rue Robson est toute proche. Vous pouvez cliquez sur ce lien pour réserver votre logement à Vancouver.

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Bon plan pour dormir à Vancouver : l’hôtel YWCA

Jour 2 : Granville Island

Reposées après une longue nuit de sommeil, nous partons fièrement battre le pavé. Direction l’île de Granville, qui semble toute indiquée pour démarrer la visite de Vancouver en douceur : halles gourmandes et échoppes d’artistes. Sur mon Cartoville, elle semblait proche… Pour la rejoindre, il nous faut malgré tout un bon moment, à force de flâner sur la rue Robson qui nous a lâchement déviées vers la belle bibliothèque centrale (quel beau jardin au dernier étage !), et sur la rue Granville avec ses façades insolites. Et surtout, la traversée du pont Granville prend des heures sous un soleil de plomb… En vrai, on a peut-être mis 20 minutes à le franchir, ce pont avec une vue imprenable, mais quand il fait chaud… Car oui, fin août 2019, il faisait +30°C à Vancouver, un vrai temps d’été.

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Vue sur Granville Island, Vancouver et les montagnes de North Vancouver

L’île est très touristique mais reste agréable. Nous mangeons au restaurant Bridges, aux prix corrects malgré l’emplacement de choix. Pour le dessert, nous nous dirigeons vers les halles qui sont à la hauteur de leur réputation, les yeux nous sortent de la tête devant toutes les gourmandises. Pour le retour, pas question de marcher : nous prenons ces petits bateaux qui me font de l’œil depuis le passage du pont : les False Creek Ferries, adorables petites coquilles de noix. La vue depuis l’eau est parfaite (et l’arrêt Plaza of Nations est non loin de notre hôtel !). Et est-ce qu’on ne les dirait pas tout droit sortis d’un dessin animé ?!

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False Creek Ferries, pour se déplacer à Vancouver

Jour 3 : Chinatown, Gastown et Stanley Park 

Pour commencer la journée, nous allons à Chinatown, juste à côté de l’hôtel. La partie gratuite du jardin classique chinois du Dr Sun Yat-Sen est un ravissement avec ses plans d’eau et son héron qui gobe tranquillement les carpes sous l’objectif des touristes. Par contre, on ne trouve aucun charme à Chinatown, où la pauvreté est malheureusement partout avec énormément de sans-abris. Un spectacle qui fend le coeur sur fond de boutiques poussiéreuses… On préfère se diriger vers Gastown, juste à côté.

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Le Dr. Sun Yat Sen Classical Chinese Garden : un havre de paix dans Vancouver

Gastown, c’est un quartier à l’embourgeoisement façon Brooklyn, avec tous les barbiers/bars à alcools forts/boutiques de savons maison que vous voulez dans des immeubles en briques décorés de grandes plantes vertes et géodes suspendues, le tout parsemé de quelques boutiques de souvenirs kitsch. Comme je suis assez prévisible, j’adore cette ambiance… L’attraction principale, c’est l’horloge à vapeur, qui sonne l’air de Big Ben tous les quarts d’heure. Je la trouve très mignonne, cette horloge, et puis en s’approchant, on voit que c’est une machine de Goldberg, et ça me ravit.

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Gastown Steam Clock, comme un petit air steampunk…

Après une balade à pied qui nous ramène à Coal Harbour, il est temps de passer à un moment qu’on attendait avec impatience : la visite du parc Stanley. Pour cela, rien de tel que de louer des vélos. Laissez tomber les premières boutiques vers Canada Place et avancez un peu. On trouve notre bonheur chez Urban Waves pour 35 $ pour 3 à 6 heures. Et de là, il suffit de suivre le Seawall pour atteindre Stanley Park. Du haut de ses 400 hectares, cet espace vert est le troisième parc urbain d’Amérique du Nord et il y règne une telle douceur… On a adoré en faire le tour à vélo. Confidence pour confidence, on a tellement aimé… qu’on en a fait le tour deux fois ! Répétitives, nous ? Non mais le premier tour était pour les photos, et le deuxième tour juste pour le plaisir de rouler en appréciant les paysages qui changent sans cesse, des mâts totémiques au pont Lions Gate, des plages aux vues sur les gratte-ciels de Vancouver non loin. Une vraie bouffée d’air frais ! Pour se requinquer (ça fait 18 km de vélo, quand même !), on prend un bon brunch au chic Teahouse.

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Jour 4 : Capilano Bridge et Grouse Grind (North Vancouver)

On sacrifie à une attraction qui tient du passage obligé : le pont suspendu de Capilano. Je cherche encore pourquoi il est aussi célèbre… Une opération publicitaire bien rodée ? Ou alors le fait d’être originaire des Alpes et d’en avoir vu d’autres, des ponts suspendus, m’a laissée un peu froide ? Ou encore, pour une raison très simple : j’ai eu la trouille en traversant ce pont tout branlant, probablement très sûr mais bref… Je n’ai pas goûté l’expérience. L’autre côté du pont est très joli, les passerelles suspendues donnent un point de vue à hauteur d’arbres géants, il y a de belles infrastructures, mais sinon… non. Plus jamais. Quant à ma mère, elle était là pour le Cliffwalk, dont les photos publicitaires laissaient entendre qu’on serait au-dessus de la forêt. Ne croyez pas les photos. On est en plein dans les arbres. Bref, on repart avec le fort sentiment d’avoir été plumées.

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Je me tenais trop au pont branlant pour prendre des photos, alors contentez-vous de cette passerelle dans les arbres.

Pour la suite, nous faisons nos guerrières en s’attaquant au Grouse Grind, célèbre randonnée pas pour les mous du genou. Des guerrières radines, il faut l’avouer : la benne pour monter à Grouse Mountain coûte 63 $/personne, et on vient déjà de se délester de 57 $ pour le Capilano Bridge. Par contre, monter à pied, c’est gratuit (comptez quand même 15 $ pour la descente obligatoire en benne – pratique assez honteuse, si vous voulez mon avis : vu la difficulté du sentier, on devrait nous donner la gratuité du téléphérique. Et une médaille, aussi). C’est gratuit à condition d’être prêt à enquiller 800 mètres de dénivelé en 2 km dans un sentier tout en escaliers, qui met le souffle à rude épreuve. Ça monte RAIDE. Mais quelle satisfaction, en haut, d’aller au belvédère voir notre récompense…

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Je n’ai pas fait une erreur de débutante : vous n’échapperez pas à ce joli pylône dans votre cadre…

Au sommet de Grouse Mountain, un complexe touristique avec des spectacles, des petits sentiers de randos, des restaus… C’est un peu trop à notre goût, on se contente d’apprécier la vue avant de redescendre, fourbues mais ravies. Et fières. Surtout fourbues, en fait.

Le bon plan gratuit à Vancouver : prendre la navette gratuite jusqu’à Capilano Bridge, puis celle vers Grouse Mountain. Pour le retour, il y a une navette gratuite directe de Grouse Mountain vers Canada Place, ou on peut retourner à Capilano pour reprendre la navette vers d’autres parties de la ville (la nôtre nous conduisait à la bibliothèque). Inutile d’avoir des billets pour les attractions pour embarquer.

Jour 5 : Queen Elizabeth Park

À croire que nous ne sommes pas vraiment venues pour la ville… nous partons encore dans la verdure, à la découverte d’un parc dont Entre 2 Escales dit, à juste titre, qu’il donne la meilleure vue sur la ville : le parc Queen Elizabeth, accessible en métro. Il ne paie pas de mine mais une fois sur l’esplanade, la vue est sublime. Pour la meilleure vue, prenez à droite de la serre : vous trouverez la statue Photo Session et le restaurant Seasons in the Park, où nous attendait une table avec la meilleure vue de toute la ville, le tout avec des plats savoureux et relativement raisonnables.

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“Mais pourquoi je suis sapé comme ça ?!” – “C’est parce que cette statue date de 1984 !”

Autre intérêt du parc : son superbe jardin botanique gratuit avec des fleurs à tomber, si vous aimez. Nous, on adore ! On a aussi fait une bonne sieste sur la plaine de jeux à l’ombre des mûriers. La journée se termine en douceur avec une bonne glace hors de prix à la Bella Gelateria (11 $/deux boules quand même !!), dégustée sur la promenade de Coal Harbour, décidément un de nos endroits préférés à Vancouver.

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Deuxième étape : Revelstoke

Jour 6 : route vers Revelstoke via Kelowna

Le lever est très matinal pour aller récupérer notre voiture à l’aéroport et mettre le cap sur Revelstoke, à 6 heures de route de là. Nous mettrons finalement plus de 7 heures… La faute à un détour par Kelowna, qui nous intriguait depuis longtemps : on lisait énormément de choses contradictoires, alors il nous fallait vérifier par nous-mêmes. Paysages insipides ou région sublime ? Verdict : quand on arrive de Vancouver, c’est beau comme tout, cette région des lacs, si insolite avec ses vignobles et ses paysages brûlés par le soleil, comme une petite Californie canadienne. Nous nous dirigeons un peu au hasard vers le vignoble Quail’s Gate dont je me souvenais avoir lu du bien en ligne. On ne pouvait pas tomber mieux ! Mais quelle vue !! Nous n’en croyons pas nos yeux. Et à nouveau, le restaurant offre des prix raisonnables.

Le bon plan à moindre frais : la plupart des vignobles autorisent les visiteurs à apporter leur pique-nique… Soyez sympas, achetez-leur quelque chose à la boutique en retour !

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La région de Kelowna depuis le vignoble Quail’s Gate

La route vers Revelstoke se poursuit dans l’émerveillement. En organisant ce voyage, j’avais hésité à nous faire passer quelques jours dans cette région des lacs. Faute d’informations de voyageurs en ligne, j’avais suivi l’appel des montagne en faisant de Revelstoke notre camp de base. Mais au vu des beaux paysages que nous avons traversés, je pense que c’est une région qui mérite quelques jours d’exploration.

Jour 7 : randonnée du lac Eva (parc national du Mont-Revelstoke)

Revelstoke, j’ai choisi cette étape pour sa proximité avec deux parcs nationaux, qui sont des valeurs sûres à mes yeux en termes de randonnée. Nous sommes au pied du parc national du Mont-Revelstoke, et à 50 km du parc national des Glaciers. Aujourd’hui, nous faisons la promenade des Prés-dans-le-ciel, route insolite qui mène au sommet d’une montagne (ça me rappelle quelque chose…). La route est très belle, mais le sommet l’est encore plus : une prairie alpine couverte de fleurs comme des lupins, des potentilles, des asters, des castilléjies. Un mélange enivrant, sur fond des montagnes escarpées du massif du Monashee comme le mont Begbie au loin.

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Nous nous embarquons pour le sentier du lac Eva, 13 km, peu de dénivelé en apparence. Mais c’est une rando fourbe : elle commence par descendre, puis remonte, puis redescend… Mais les paysages sont si paisibles qu’on le lui pardonne. Après une longue traversée d’un pierrier, nous arrivons au lac Eva, le premier lac glaciaire de ce voyage. Un petit bijou émeraude dans un écrin de montagnes, l’endroit idéal pour un pique-nique. On peut même y dormir si on ne craint pas le camping d’arrière-pays.

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Où dormir à Revelstoke

Nous avons passé cinq nuits à l’auberge The Cube Hotel Boutique, 311 Campbell Avenue, après l’avoir découverte chez les copains de Refuse to Hibernate. Contrairement à ce que son nom indique, ce n’est pas un hôtel-boutique, mais une sorte d’hybride : chambres avec toilettes privées mais douches dans le couloir, petit-déjeuner servi mais cuisine commune… L’ensemble fonctionne plutôt bien et l’endroit était calme. Mon lit n’était pas des plus confortables, cela dit. Vous pouvez utiliser ce lien pour réserver votre hébergement à Revelstoke.

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Rien à voir avec The Cube, mais soyez indulgents, je ne retrouve plus mes photos de l’hôtel…

Jour 8 : randonnée du grand glacier (parc national des Glaciers)

Il faut croire que j’avais fait des recherches à moitié, car le parc national des Glaciers s’est avéré un peu différent de mes attentes… Tous les parcs nationaux ne sont pas égaux en matière de randonnées, et celui-ci est plutôt pour les randonneurs chevronnés, qui ne craignent pas le dénivelé positif sévère. Autant dire qu’après le Grouse Grind, ma mère se méfie des randos à fort dénivelé et nous restons sur une randonnée de difficulté moyenne : le sentier du grand glacier. À défaut d’approcher ledit glacier, qui a reculé depuis l’ouverture du sentier, nous arrivons à une combe incroyable, où la vue est aussi belle en amont qu’en aval. D’un côté une vallée qui s’ouvre sur des pics acérés, de l’autre une cascade et les parois vertigineuses du mont Sir Donald qui nous toisent.

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Vue sur le parc national des Glaciers depuis le haut du sentier du grand glacier

Jour 9 : randonnées des Prés-dans-le-ciel (parc national du Mont-Revelstoke)

Un jour un peu chafouin, la faute à la météo. Je ne sais pas vous, mais moi, quand le temps est stable, je suis contente : il fait beau, j’ai envie de sortir. Et quand il fait mauvais, je suis contente, j’ai envie de rester au chaud. Mais quand le temps tourne toutes les dix minutes, c’est l’enfer car mon envie le suit comme une girouette. C’était une de ces journées, avec des prévisions d’orages qui ne sont finalement jamais venus (grr). Nous en avons profité pour aller au marché de Revelstoke le matin, pour acheter d’excellents fruits et admirer la créativité locale, entre vitraux d’art, réalisations en tissu et superbes photos d’animaux…

L’après-midi, après une balade décevante le long de la rivière Columbia (où nous avons tout de même vu une grosse crotte d’ours – bonjour l’angoisse), nous remontons aux Prés-dans-le-Ciel, histoire d’en profiter une dernière fois. Nous suivons les petits sentier du sommet : Premiers pas, Koo-Koo-Sint, le sentier du Sommet. La brume nous enveloppe et baigne les sentiers d’une atmosphère onirique.

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Épinettes dans la brume… Non, aucun ours n’en a profité pour sortir !

Jour 10 : sources chaudes de Halcyon Hot Springs (Nakusp)

Encore de l’orage prévu aujourd’hui ? C’est décidé, nous filons aux sources chaudes d’Halcyon, à 70 km au sud de Revelstoke. Et croyez-moi, la route en vaut la peine ! Entre une vue fantastique sur la brume sur le fleuve Columbia et une traversée en bac sous le soleil, c’est comme un road-trip dans le road-trip. Quant aux sources chaudes, elles sont dans un cadre enchanteur, comme il se doit. La Colombie-Britannique ne sait pas faire autre chose, de toute façon. Les infrastructures sont légèrement vieillissantes mais l’eau chaude est au rendez-vous, que demander de plus…

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Repos et détente aux sources Halcyon Hot Springs à Nakusp

Le bon plan : le forfait “One Dip” permet de rester autant qu’on veut pour 18 $, sans ressortir de l’espace thermal. Sauf si vous tenez à ressortir, vous pouvez faire l’économie du Day Pass à 40 $…

Le bon plan si vous aimez le kayak : louez un kayak, canot ou une planche à pagaie à la réception. À 35 $/3 heures, c’est imbattable ! Surtout quand on sait qu’une heure de canot vaut 70 $ au lac Emerald, et 125 $ au lac Louise (je ne m’en remets pas !!). Ma mère m’attend au soleil et je pars pagayer une heure le long des rives de la rivière Columbia. Au retour, je fais la course avec les nuages qui s’accumulent un peu trop à mon goût. Les premières gouttes tomberont juste à mon retour à la voiture !

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Infos pratiques : le traversier part à l’heure pile côté Revelstoke, et à la demi-heure côté Nakusp. Il est gratuit (merci la Colombie-Britannique !).

Troisième étape : Canmore

Jour 11 : route vers Canmore via Emerald Lake

La traversée du parc des Glaciers est impressionnante, notamment au col Rogers Pass, mais nous ne nous arrêtons pas. L’objectif du jour, c’est le lac Emerald, dans le parc national de Yoho. Je veux y être tôt pour éviter la foule. Tout fonctionne comme prévu sauf que… je n’ai pas prévu le changement de fuseau horaire qui nous fait perdre une heure. La foule est déjà là, mais nous trouvons à nous garer le long de la route.

C’est notre première rencontre avec l’un de ces lacs superstars des grands parcs, et nous n’en croyons pas nos yeux. Les falaises en toile de fond, la couleur surnaturelle du lac… Nous rions de joie en laissant la foule derrière nous pour faire le tour du lac. Le sentier est boueux, rempli de racines noueuses, mais nous gardons les yeux rivés sur l’eau, ébahies.

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Cette photo est à peine améliorée.

Où dormir à Canmore

Au motel Rundle Mountain Lodge. C’est bien simple, six mois avant le voyage, je n’ai rien trouvé d’abordable avec deux lits à Banff, complètement hors de prix. Je vous conseille donc de prévoir vos hébergements bien à l’avance, même si une chambre double “simple” sera sans doute plus facile à trouver qu’une chambre à deux lits. Bonne surprise à Canmore : ce motel a des lits très confortables dans une chambre toute neuve, une vue imprenable, un jacuzzi et même des lapins dans la pelouse (très nombreux à Canmore) ! Vous pouvez utiliser ce lien pour réserver votre hébergement à Canmore.

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La vue au petit matin depuis la chambre au Rundle Mountain Lodge à Canmore

Jour 12 : Lac Louise, randonnées du lac Agnès et Little Beehive (parc national de Banff)

Départ matinal pour aller au lac Louise, dont le simple nom donne des frissons à ceux qui ne sont pas du matin… C’est que le stationnement du bord du lac est célèbre pour être complet dès 6 heures, condamnant les malheureux lève-tard à une attente fastidieuse pour embarquer dans les navettes qui circulent toutes les 15 minutes depuis un parc-relais peu avant le village de Lac Louise. Ce n’est pas une rumeur, et n’espérez pas y échapper en septembre, le troisième mois le plus visité après juillet et août ! Début septembre 2019, en arrivant comme des fleurs à 9 h au parc-relais, nous avons attendu 30 minutes avant d’embarquer dans la navette qui dure quelque 15 minutes.

Mais soyons honnête : malgré la foule oppressante – la faute à ce maudit hôtel juste au bord du lac – c’est un émerveillement que d’être au bord du lac Louise, et je commence à manquer de mots pour décrire ces lacs glaciaires aux couleurs si incongrues et si merveilleuses.

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La foule est là, bien sûr, je ne vais pas vous mentir. Au parc national de Banff, on sent qu’on rentre dans la commercialisation de la nature, là où le parc des Glaciers donnait plus l’impression d’être dans un sanctuaire. La présence quasi-inimaginable de l’hôtel de luxe Château Louise, dont j’imagine mal les valeurs en phase avec la sanctuarisation d’espaces naturels, ne fait rien pour arranger les choses. C’est le paradoxe de Banff, premier parc naturel créé au Canada dans une région d’une beauté inouïe, et désormais haut-lieu de la consommation de masse de la nature – paradoxe qui va me donner du grain à moudre durant nos quatre jours là-bas.

Nous prenons de la hauteur en direction du lac Agnès, encore un lac aux couleurs sublimes. La vue n’est pas au rendez-vous, alors nous nous dirigeons vers Little Beehive, petit sommet à 1 km de là. La meilleure décision de la journée ! Je ne sais pas ce qui m’impressionne le plus : le lac Louise et sa couleur fantastique, ou l’envergure phénoménale de la vallée glaciaire qui se déroule sous nos yeux.

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Le lac Louise et la gouille, pardon, le lac Miroir à droite 😉

Jour 13 : promenade des Glaciers (parcs nationaux de Banff et Jasper)

Une journée sur la route, 400 km aller-retour, mais quelle route ! J’en suis encore bouche bée. Sans exagération, la plus belle route que j’aie jamais eu la chance de parcourir. Sommets après sommets après lacs glaciaires après falaises escarpées après glaciers… J’en ai même fait une insomnie le soir même, incapable d’arrêter d’y repenser. Parmi les arrêts les plus beaux à mon goût : celui du lac Peyto et le petit belvédère de la Muraille en pleurs dans la montée. Je vous laisse juger en photos…

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Un haïku : le lac Peyto, fracture de la rétine… Je meurs de bonheur. 

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La muraille en pleurs

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Le Saskatchewan Crossing, dont le belvédère était fermé… Photo prise depuis le siège passager.

La route a assez peu d’infrastructures : l’hôtel Num-Ti Jah Lodge, le motel The Crossing Resort à Saskatchewan Crossing, une auberge de jeunesse HI Rampart Creek qu’on ne voyait même pas depuis la route, qui doivent offrir une expérience splendide dans cette réserve de ciel étoilé. Pour manger, on trouve de quoi grignoter au Num-Ti Jah Lodge, au Crossing Resort (cafétéria) et au Champ de Glace. Attention, ce dernier est un vrai cirque touristique. Pour l’essence, faites le plein avant de partir. Il y a une station service ouverte au Saskatchewan Crossing de mai à octobre.

Jour 14 : lac Moraine, randonnée des lacs de la Consolation (parc national de Banff)

Enfin. Ce voyage va crescendo, je vous le dis. Le clou du spectacle, ce lac qu’on a gardé pour la fin tant en pressentait qu’il serait au-dessus de tous les autres. Le lac Moraine. Le lac Moraine qu’on met quatre heures à atteindre depuis le motel : une heure de voiture, puis 45 minutes d’attente, puis 15 minutes de navette, puis 20 minutes de queue, puis 40 minutes de battement avant la première navette disponible, puis 30 minutes de navette… On n’en peut plus, on se maudit de s’être levées “tard”, on se demande si on a bien fait. Le lac Moraine, je l’attends depuis 20 ans, alors quatre heures de plus ou de moins, ça ne fait plus vraiment la différence. Et puis le lac Moraine, en haut du petit sentier de l’Éboulement.

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Le lac Moraine. Rien de plus à ajouter.

Ici aussi, nous fuyons la foule une fois nos yeux rassasiés. Direction le petit sentier des lacs de la Consolation (6 km aller-retour) – dont on se demande s’ils ne seront pas plutôt les lacs de la Déception. Rien de spécial au seul lac qu’on aperçoit, si ce n’est une denrée rare : le silence. Nous prenons notre pique-nique au son de l’eau qui coule et du vent qui souffle. Ici, nous nous sentons dans une nature immense.

Jour 15 : sources chaudes d’Upper Banff, village de Banff (parc national de Banff), Calgary

Il reste une matinée avant de faire route vers Calgary pour repartir, aucune randonnée ne pourra surpasser le lac Moraine. C’est le moment d’aller profiter des sources chaudes d’Upper Banff. Petit plus : on peut y louer des maillots de bain “historiques”, réplique de maillots d’antan. Pas de manches gigots ni de froufrous, plutôt une ligne épurée façon années 1920, mais il ne m’en faut pas plus pour essayer. À 1,90 $, je n’hésite pas longtemps ! Je suis surprise car ma mère et moi sommes quasiment les seules à les porter. Moi, j’ai adoré !! La tenue du maillot, sa coupe, son tissu, bref je suis amoureuse… Au niveau de l’eau, soyez prévenus : les sources chaudes de Banff sont très chaudes (39°C). Pas autant que celles du Japon, mais on tient 30 minutes en se forçant. Mais pour se détendre avant l’avion, c’est parfait !

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On ne le voit pas, mais ma pilosité était historique, elle aussi ! #aisselleslibres

Bon. Calgary. Une fois passés les au-revoir avec ma mère qui s’en retourne en France, le cœur n’y est plus vraiment. Malgré tout, j’ai la bagatelle de neuf heures à occuper avant mon vol très tard le soir… Je ne sais pas si j’ai compris Calgary, cliché d’une ville américaine avec un centre-ville quasi vide de vie hormis sur Stanley Avenue, grande artère piétonne. Des immeubles de bureaux sans commerces au rez-de-chaussée, quelle vision d’angoisse… La vie, je la trouve le long de la rivière Bow et dans le petit Chinatown, ou au dernier étage du centre commercial Core avec son jardin suspendu… Pourtant, à voir les belles images d’Hellolaroux, je me dis que je suis passée à côté de ma visite. Bref, il faudra y retourner !

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Calgary depuis l’intérieur du célèbre Peace Bridge (qui ressemble à un gros cannoli, si vous voulez mon avis)

Infos pratiques

  • Hébergement : attendez-vous à payer le prix fort, la Colombie-Britannique et l’Alberta sont des provinces très chères. Réservez autant à l’avance que possible.
  • Location de voiture : il est possible de louer une voiture en aller simple sans supplément. Trois mois avant le départ, nombreuses étaient les agences déjà complètes : là aussi, réservez assez tôt.
  • Sens de l’itinéraire : beaucoup de voyageurs partent de Calgary pour arriver à Vancouver. J’ai apprécié de faire l’inverse, car les sites vont vraiment crescendo. Mais vous pouvez très bien faire ce road-trip dans les Rocheuses vers l’ouest si vous préférez.
  • Tarifs des parcs nationaux canadiens : les parcs attenants de Banff, Yoho, Jasper et Glaciers opèrent avec un seul et même ticket. Si vous voulez visiter d’autres parcs, réfléchissez à acheter la Carte Découverte, qui vaut 137 $ pour une voiture jusqu’à 7 personnes pendant un an. Sinon, l’entrée est d’environ 9 $/adulte/jour. Il vous faut un billet pour accéder à la promenade des Glaciers.
  • Attention aux ours : renseignez-vous auprès des bureaux d’accueil de Parcs Canada si vous n’avez pas l’habitude des ours. Nous n’en avons rencontré aucun, mais un sentier qu’on souhaitait faire au parc des Glaciers (le col Balu) était fermé pour cause d’ours. Ne prenez pas de risques : chantez et faites du bruit en marchant.
  • La meilleure saison pour venir dans les Rocheuses : les mois les plus fréquentés sont juillet, août, septembre. Si vous voulez les couleurs d’automne, visez septembre malgré tout. Beaucoup de services sont fermés en hiver sur les routes, mais les parcs offrent des activités d’hiver. Je vous renvoie à mon topo sur comment s’habiller pour venir au Canada.
  • Avez-vous pensé à souscrire une assurance voyage pour le Canada ?
  • Voici aussi mon bilan carbone pour ce road-trip Rocheuses :

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Et vous, avez-vous fait un road-trip dans les Rocheuses canadiennes ? Avez-vous apprécié ? Merci d’avoir atteint la fin de cet très long billet. Si vous avez encore des questions, je vous attends dans les commentaires ! Oyez, oyez. Ce billet contient des liens affiliés.

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19 thoughts on “CANADA // Mon road-trip dans l’Ouest canadien”

  1. Isabelle

    Hey, trop fort! J’ai fait le même roadtrip en 2010 ! En faisant un bout de l’île de Vancouver aussi 🙂
    A Vancouver j’avais logé au WMCA oui “W” pour Women! Bon plan également!

    1. Audrey

      On a manqué de temps pour l’île de Vancouver mais elle fera probablement l’objet d’un voyage à part entière tellement elle semble belle.

      1. Isabelle

        Oui, ça vaut le coup. J’ai eu un coup de coeur pour la petite ville de Tofino et ses loutres de mer. Et en plus, on peut y faire du surf ! 🙂

  2. Ça me rappelle de très bons souvenirs ton article. J’ai descendu la route des Rocheuses de Jasper à Banff comme toi et j’ai aussi trouvé que c’etait le bon sens. Si tu y retournes je te conseille l’île de Vancouver (Tofino et Port Harry notamment) et le Passage Intérieur
    Merci pour ton journal de voyage !

    1. Audrey

      Bonjour Renée, merci pour ton commentaire. Nous avons longuement hésité avec l’île de Vancouver, qui incarne la côte pacifique canadienne dans toute sa splendeur… Ce sera pour la prochaine fois !

  3. Bon, bon, bon … il me reste 3 petits jours à attendre… en d’autres mots, l’enfer après avoir vu tes photos ! (et pris connaissance de l’horaire pour le lac louise et le lac Moraine … mi septembre y’a un peu moins de monde, non? )

    1. Audrey

      Écoute, je ne veux vraiment pas te donner de faux espoirs, septembre n’est pas vraiment la mi-saison comme on pourrait le croire, visiblement le début de l’automne attire encore les foules (et les gens qui souhaitent voyager hors vacances scolaires). Après, si vous vous levez plus tôt que nous, ça devrait être faisable pour voir le lac Louise et Moraine sans trop de monde !

  4. Béatrice Fournier Ramade

    J’ai eu l’occasion de voir le lac Émeraude, le lac Louise et Banff en octobre 2014, sous les 1er flocons. Je confirme qu’il n’y avait pas foule. Le ciel gris n’a eu aucune influence sur les eaux turquoises. C’était vraiment magnifique. Quant à Calgary, le centre ville est déserté en fin de semaine. Il y a des petits parcs municipaux très agréables 😉

    1. Audrey

      Merci Béatrice pour ton commentaire ! J’ai bien aimé le parc en bordure de la Bow à Calgary, on y trouvait de la vie. Je suis sûre que la ville a ses quartiers bien vivants mais le centre-ville n’en faisait pas partie ce soir-là 😉 Les lacs sous les premiers flocons doivent être absolument sublimes !

  5. Tes photos sont juste magnifiques, wow ! J’ai eu l’impression de faire le roadtrip à vos côtés, merci de m’avoir fait voyager ! (Et j’admire le fait que tu publies si vite après ton voyage, bravo !!)

    1. Audrey

      Remercie mes cinq heures d’attente à l’aéroport de Calgary avant mon vol à minuit, à essayer désespérément de rester éveillée 😀 Je suis ravie que le voyage t’ait plu !

  6. Cet article va m’aider pour mon voyage de Calgary à Vancouver en Octobre, surtout pour la vallée d’Okanagan. Merci!
    En ce qui concerne Calgary, pour y vivre depuis le mois de mai, je te conseille d’y retourner. C’est une ville charmante, vivante et proche de la nature. Le soleil aide beaucoup à l’embellir, j’avoue mais n’importe quelle ville parait triste sous les nuages gris.

    1. Audrey

      Je ne sais pas si l’Okanagan sera aussi délicieux en sortant des Rocheuses, mais nous on a adoré !
      J’imagine bien que Calgary offre davantage que ce que j’ai vu en trois petites heures. En traversant la Bow, j’ai eu l’impression que la vie commençait sur l’autre rive, bien plus verte et accueillante. Après Vancouver, j’en attendais sans doute trop du centre-ville 🙂
      Je te souhaite un bon road-trip !

  7. Les grandes villes nord-américaines n’ont pas trop mes faveurs en allant de blog en blog, mais par contre la nature est sublime ! Les lacs que tu as croisé sont très beaux, mais ces histoires de lieux remplis de monde, avec des navettes, des temps d’attente assez long ne m’intéressent pas du tout … Je vais continuer de me contenter de regarder les photos sur les blogs je crois ! 😀

    1. Audrey

      As-tu lu mon billet sur Vancouver ? Il pourrait te faire changer d’avis sur les villes d’Amérique du Nord ! À y repenser, le lac Moraine reste un souvenir magique, et la couleur du lac est davantage imprimée dans mes souvenirs que le système de navette insensé pour y accéder. Mais c’est certain qu’on préférait tous pouvoir en profiter sans personne aux alentours…

  8. Wouahou wouahou wahouh, le roadtrip de mes rêves. Les photos envoient du pâté. Comme tu dis on dirait que l’ouest canadien ne sait pas faire de trucs moches. Mais zut si même en septembre faut se lever avant 6h du mat pour un lac, dommage. Du coup je crois qu’on ira en Alaska avant d’aller dans les Rocheuses canadiennes, pour le côté plus intimiste.

    1. Audrey

      C’est sûr que ces parcs nationaux souffrent de leur popularité, mais heureusement, je ne pense pas que de projets soient en cours pour augmenter le débit de visiteurs. La folie finira bien par se tasser…

  9. En voyant la photo de Kelowna je pense aux vues qu’on a en faisant du vélo à coté du Léman. Je me dis aussi que c’est le genre de billet que je devrais lire sur une liseuse Kobo (e-book maker Canadien) 😉

    1. Audrey

      Es-tu de la région du Léman aussi ? J’ai mes racines à Evian 🙂 Le bassin lémanique est la plus belle région au monde !

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