EUROPE // Mon tour d’Europe, ma déclaration d’amour au continent

Un jour, j’ai eu un rêve… celui de traverser l’Europe en train. Fascinée par les trajets romantiques d’antan, où l’on mettait des jours, des semaines, des mois pour rallier sa destination et où le trajet était tout un voyage en soi, j’ai eu envie de prendre le train pour Moscou. Le mythique Riviera Express, qui partait de Nice pour arriver dans la capitale russe 47 heures plus tard. Ce rêve, je l’ai réalisé en 2014, et je vous le conte ici. Une fois arrivée au bout de l’Europe, quel intérêt de se presser pour rentrer ? Quel intérêt de rentrer en avion ? C’est ainsi que je me suis retrouvée sur les routes et les rails du continent pour un tour d’Europe de deux mois, à visiter mon continent chéri juste avant de mettre les voiles vers le Canada.

J’adore l’Europe. J’adore l’idée d’un continent uni par une volonté de paix, j’adore le projet européen. Certes, je vis désormais au Canada à cause de petits désaccords entre la France et moi, mais mon allégeance ira sans doute toujours à l’Europe, cette utopie dans laquelle nous avons la chance de vivre. C’est justement mon départ au Canada qui a précipité mon tour d’Europe. Un peu comme on prolonge des adieux, je voulais savourer une dernière fois mon continent avant longtemps, être sûre d’avoir bien mémorisé ses contours et sa géographie avant de m’envoler.

Pendant deux mois, j’ai vécu à l’heure européenne, j’ai bu ses paysages, savouré ses villes, apprécié ses habitants, dansé ses coutumes et chanté ses louanges. Pendant deux mois, en solo, je me suis fait un plaisir de découvrir des contrées et de redécouvrir des endroits déjà effleurés. Ce voyage n’a rien d’un voyage lent, malgré l’absence d’avion. Il est très 2014, ce voyage, à changer de ville tous les trois jours, et à refaire, je ne prendrais pas deux mois pour un itinéraire aussi colossal. Mais il m’a laissé une trace indélébile. À l’orée des élections européennes, devant la tentation des extrêmes, je vais bien sûr voter (par procuration) et vous conter mon voyage le plus mémorable, à la rencontre d’Europe chérie (et prenez un thé, c’est une chronique-fleuve).

Moscou (Russie)

J’ai passé 47 heures de train à fantasmer Moscou. On m’en avait dit autant de bien que de mal. Moscou la belle, Moscou la dangereuse, Moscou la schizophrène. Après ce trajet en train dantesque, c’est surtout Moscou l’Euphorie. Je suis à moitié éberluée, à moitié exaltée mais la barrière de la langue me coupe un peu les ailes. Je ne parle pas russe, les Russes ne parlent pas vraiment anglais… Et contrairement à d’autres pays comme la Corée ou le Japon, dans le métro, pas d’indications en alphabet latin. Je n’ose pas m’aventurer vers des sites intéressants en banlieue, de peur de me retrouver littéralement perdue au milieu de nulle part.

Pendant trois jours à Moscou, je me concentre donc sur la Place rouge et les berges de la Moskva. La Place rouge est un des places les plus célèbres au monde, bordée de toutes parts par des bâtiments mythiques : le Kremlin bien sûr, mais aussi l’église Saint-Basile-le-bienheureux et ses couleurs, et enfin le Gum, ce centre commercial aux perspectives ahurissantes. Depuis la place, on accède au théâtre du Bolchoï mais aussi aux berges de la Moskva, très agréable en cette fin février plutôt douce (il ne fait que quelques degrés au-dessous de zéro).

Le soir venu, je couchsurfe en banlieue, et c’est un autre visage de Moscou que je découvre : celui des barres d’immeubles des classes moyennes, des trajets de métro sans fin et d’une sympathie un peu rude. Mes hôtes Marie et Andrei sont déconcertants mais curieux, accueillants mais distants, sympathiques mais renfermés, et j’essaie de ne pas en tirer trop de généralités.

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Saint-Pétersbourg (Russie)

Après Moscou, Saint-Pétersbourg semble très facile d’accès : la ville est beaucoup plus touristique et je surprends même quelques Russes à me parler anglais. La ville s’articule le long de la perspective Nevsky, riche en boutiques. D’un côté la gare, de l’autre le musée de l’Ermitage. Entre les deux, de superbes façades, des boutiques. Il faut un froid de chien et je me réfugie à l’Ermitage. Quelle claque ! Je suis subjuguée par la beauté de ce musée d’envergure mondiale, autant dans les oeuvres que dans l’architecture. Mon autre coup de foudre, c’est l’église Saint-Sauveur-sur-le-sang-versé. L’extérieur suffit à mon bonheur. Un canal gelé et cette église à bulbe aux couleurs si douces… L’ensemble est merveilleux.

Mais mon meilleur souvenir de Saint-Pétersbourg, c’est Maria. Maria m’héberge en couchsurfing dans une maison centenaire au milieu de la campagne, accessible en train de banlieue, puis bus. Elle m’a écrit le nom sur un papier, je le donne au chauffeur invariablement bourru. La maison est chauffée au bois et dans le sas à l’arrière de la maison, on trouve autant des légumes que des poules de compagnie. Cette expérience figure d’ailleurs dans mon top des situations les plus improbables en voyage, que je vous invite à lire ici. Mon hôte dirige un chœur dans une église orthodoxe, et elle m’invite à fêter la Chandeleur avec sa paroisse. Le curé orthodoxe me bénit, nous mangeons des blinis (crêpes) ensemble. Comme depuis une semaine, aucune langue commune ne nous rapproche mais l’émotion est suffisante.

Où dormir à Saint-Pétersbourg

  • Auberge de jeunesse : j’ai passé une nuit dans la mini Baby Lemonade, bien située, juste à côté de la perspective Nevsky. Évitez d’arriver de nuit : le quartier ne craint pas mais l’entrée est très mal indiquée !

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Tallinn (Estonie)

Estonie, je respire. Le passage de la frontière européenne est aussi physique que symbolique. C’est une frontière culturelle qu’on traverse. Je ne m’attendais pas à ressentir un soulagement mais je pousse un soupir une fois les barbelés franchis, une fois revenue dans le confort et les certitudes de l’Union européenne. Je n’avais pas réalisé que voyager en solo en Russie m’avait tendue à ce point-là. Le poids du fossé linguistique et culturel me pesait, je n’étais pas à l’aise. Sortir de ses habitudes, c’est aussi l’objectif d’un voyage, mais cette semaine en Russie m’a suffi pour l’instant.

Ce poids envolé, j’ai les pieds qui s’envolent et la tête légère, je sillonne Tallinn de long en large. Nous sommes fin février, la ville est à moi, les touristes n’ont pas encore débarqué. Il fait un froid de canard mais je me régale. Je me balade dans des passages (pas si) secrets comme le passage Sainte-Catherine, j’admire la façade colorée de la cathédrale Alexandre Nevsky, les enseignes de la Raekoja Plats qui font remonter le temps. J’ai l’impression d’avoir retrouvé mes repères dans cette ville médiévale grande comme un mouchoir de poche. J’ose même aller un peu plus, vers le parc Kadriorg, je tombe sur une friche industrielle rénovée et même un ancien bunker/opéra soviétique.

Où dormir à Tallinn

  • Tallinn Backpackers, autrefois repaire de fêtards, cette auberge est propre et fonctionnelle. Le sauna est divin après une journée glaciale à arpenter le pavé. Pour l’anecdote, j’étais la seule et unique cliente à la fin février !!

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Riga (Lettonie)

La seule déception du séjour. C’est rude de dire ça, qu’une ville est décevante. Disons plutôt que c’est la façon dont je l’ai visitée qui était décevante. Je bâcle un peu ma visite sous un temps maussade. Mes souvenirs sont ceux d’une ville sombre et humide. Je suis hébergée en couchsurfing par une lycéenne un peu blasée qui n’apprécie pas forcément assez sa ville pour me la faire visiter avec amour, malheureusement.

Pourtant, la ville a énormément à offrir : de belles façades Art Déco omniprésentes, une vieille ville médiévale évidemment, des remparts, des statues étranges. La place de l’hôtel de ville est sublime, la place de la cathédrale aussi. Je gravite autour du marché central, un lieu intrigant : d’anciens hangars à dirigeables reconvertis en halles. Derrière, un marché qui tient du fouillis sans nom. Mon hôte m’explique qu’il est surtout fréquenté de la minorité russophone, et j’ai l’impression de faire tache dans ce vestige de l’ère communiste dont je ne maîtrise ni la langue, ni les codes. Au même moment, Poutine envahit l’Ukraine et la tension est palpable, autant ici qu’en Estonie quelques jours plus tôt.

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Vilnius (Lituanie)

La belle surprise ! Je tombe par le plus grand des hasards pendant la Saint-Casimir, une immense foire d’origine médiévale qui envahit la ville entière pendant trois jours. Après Riga la Maussade, voici Vilnius la Radieuse (oui j’aime bien donner des surnoms aux villes). Deux jours durant, les rues débordent d’étals, de bouquets de fleurs sèches, d’accessoires de laine bien épaisse qui gratte, de stands de charcuterie, de cuisine de rue, de concerts, la ville n’est qu’une immense marée humaine mais quelle ambiance ! Oublié, le voisin russe qui malmène l’Ukraine. Tout n’est que liesse et festivités.

Je ne m’ennuie pas une minute. Comme toutes les capitales des pays de l’Est, la vieille ville est classée à l’UNESCO. La place de la cathédrale est sublime comme toujours, tout comme l’église Sainte-Anne, monument gothique en brique rouge. Pour prendre de la hauteur, direction la tour de Gediminas ou le monument des Trois Croix sur la colline voisine. Impossible de passer à Vilnius sans aller dans la république d’Uzupis (un quartier, en réalité), république indépendante et bohème fondée un 1er avril, en écho à sa nature qui ne se prend pas au sérieux. En venant à Vilnius, je n’avais rien en tête, aucune image, aucune idée préconçue, et je m’aperçois que c’est souvent dans cette situation que l’émerveillement est à son comble.

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Où dormir à Vilnius

  • Fabrika, à deux pas de la rue principale. Une auberge de jeunesse adaptée aux voyageurs du XXIe siècle : prises et lampes individuelles dans les dortoirs, et même des rideaux autour de chaque lit. J’ai apprécié, d’autant plus que le prix était dérisoire (7 €/nuit en 2014).

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Cracovie (Pologne)

Après Vilnius, j’ai prévu de rejoindre ma mère quelques jours à Cracovie, loin, très loin de là. Il me faut dix heures de car pour relier Varsovie, où je ne fais qu’une brève étape. Mais quels cars : mieux que l’avion ! Prises électriques, wifi, écrans individuels avec choix de films et musique et même de la place pour les jambes… royal ! J’en suis encore éberluée.

À Varsovie, je suis hébergée par une nuit Olga, qui pousse la gentillesse jusqu’à traverser la ville avec moi pour m’aider à acheter mon billet de train. Je suis toujours émue des actes de gentillesse profondément désintéressée que Couchsurfing met sur ma route, cette ouverture sincère à un.e. étrangèr.e, même l’espace d’une soirée. Le lendemain, cinq heures de train plus tard, me voici à Cracovie, où je m’arrête une semaine entière.

C’est de loin la ville la plus touristique de mon périple. Cette renommée est amplement méritée : Cracovie est une ville magnifique, qui rivalise sans rougir avec sa grande cousine Prague et pourrait lui disputer le titre de ville la plus gothique d’Europe. Le Rynek (place du marché) est de toute beauté avec l’iconique Basilique Sainte-Marie d’un côté, la Halle aux Draps au milieu, la tour de l’hôtel de ville de l’autre, et le passionnant musée Rynek dessous ! Un peu plus loin, les bords de la Vistule, la colline du Wawel et les mystères de son château éponyme font une superbe promenade. Nous allons écouter un concert klezmer dans le quartier juif de Kazimierz et pleurons les morts de la ville pendant la seconde guerre mondiale.

Où dormir à Cracovie

  • Avec ma mère, pas question de camper sur un canapé : direction la pension Globtroter, un peu vieillotte mais parfaitement située, à deux pas du Rynek.

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Ma mère repartie, je reste quelques jours de plus, chez Kasia et Marcin, un couple incroyablement sympa, déjanté, enthousiaste. Je découvre l’existence du grzaniec (bière chaude) et j’ai la confirmation que certains Polonais tiennent très bien l’alcool. Mais si je suis restée, ce n’est pas pour la tournée de bars de Cracovie. Je tiens à faire une visite, malheureusement galvaudée par les tours-opérateurs, à une heure de Cracovie, qui revêt pour moi des allures de devoir de mémoire, une plongée dans l’Histoire à laquelle rien ne prépare. Oświęcim. Auschwitz. Impossible de faire cette traversée du continent sans passer par ici, tant l’Europe actuelle est le résultat de la deuxième guerre mondiale. Je ressors hébétée mais c’était une visite indispensable, qui met en perspective tout mon voyage, je crois.

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Wroclaw (Pologne)

Tout comme Vilnius, une étape surprise qui me laisse sous le charme. Les itinéraires se décident parfois à la longueur des étapes et je n’ai pas envie d’avaler à nouveau 800 bornes en quelques heures. Wroclaw (à prononcer “Brrrostlav”) est environ à mi-chemin entre Cracovie et Berlin, ma prochaine étape : une petite recherche en ligne confirme le potentiel mignon de la ville, et il n’en faut pas plus pour que j’y pose mes valises trois jours durant.

Après Auschwitz, je retrouve un peu de légèreté. La ville est le terrain de jeu de nains, qui surgissent à l’improviste dans le centre-ville, installées par on ne sait qui… On en compterait plus de 200 ! Les façades étrangement famande de la grand’place colorée sont sublimées par l’immense hôtel de ville gothique. Je m’émerveille des canaux et de la verdure et je flâne, tout simplement… Cela fait un mois que je suis partie. Je commence à fatiguer, j’ai besoin de me reposer. Je passe trois jours tranquilles, à lire entre quelques petites balades. Après tout, qui a dit qu’on devait toujours courir, même dans un voyage au long cours .

Où dormir à Wroclaw

  • Grampa’s Hostel. Une auberge légèrement à l’écart du centre, mais tout reste faisable à pied, rassurez-vous.

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Berlin (Allemagne)

Mon entrée en Allemagne marque une sorte de cap dans mon voyage : finie l’Europe de l’Est et l’Europe centrale, bienvenue en Europe occidentale, avec les prix qui vont avec et étrangement, beaucoup plus de galères liées aux transports. Trains complets, covoitureurs qui me plantent ou me font poireauter… Je multiplie les tracas.

Berlin est placée sous le signe des retrouvailles : retrouvailles avec cette ville que j’aime de tout mon coeur, si singulière, si ancrée dans l’Histoire, et retrouvailles avec Etienne, que je n’ai pas vu depuis un mois. C’est le prix à payer pour voyager en solo quand on est en couple. Je lui fais découvrir la ville : le Bundestag, la porte de Brandebourg, l’avenue Unter den Linden, l’Histoire liée au mur, nous partons sur les traces de films tournés à Berlin. Sans oublier le quartier ultra-agréable de Prenzlauer Berg, avec ses cafés, ses restos véganes et ses habitants qui sirotent de la bière dès 9 h du matin. Je comprends l’engouement que susciter Berlin chez les candidats à l’immigration, et je me dis que la vie pourrait y être douce.

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Où dormir à Berlin

  • EastSeven, à proximité d’Alexanderplatz. C’est la deuxième fois que je séjourne dans cette auberge de jeunesse : les lieux sont propres, accueillants, bon marché et si on aime marcher, on peut faire beaucoup de choses à pied.

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Hambourg (Allemagne)

Saviez-vous que BlaBlaCar est aussi utilisé en Allemagne et ailleurs en Europe ? De Berlin, je rallie Hambourg à bord de la petite voiture d’une journaliste allemande. J’ai oublié son nom, mais ces trois heures de route sont une belle rencontre, elle me parle de son métier, de l’Allemagne, du Danemark qui est ma prochaine étape. Je la quitte émue de la brièveté et de l’intensité de cette rencontre, qui me redonne un peu la pêche après un coup de mou en laissant Etienne à l’aéroport.

Arrivée à Hambourg, je découvre une ville différente de tout ce que j’avais vu jusqu’alors dans ce périple. Les églises à bulbe, les vieilles villes d’Europe de l’Est… J’en garde un souvenir merveilleux, mais Hambourg me montre que la magie peut prendre différentes formes. De gigantesques canaux sculptent l’Elbe dans la Speicherstadt, la “ville des canaux” classée à l’UNESCO, et on s’imagine sans peine à l’ère industrielle. Je fais une petite croisière sur l’Elbe grâce au ferry qui le traverse et m’offre un paysage peu courant, celui d’un port industriel parmi les plus grands d’Europe. Du côté de l’hôtel de ville, je savoure les arcades de la ville cité de la ligue hanséatique, et je grimpe dans un pater noster, ascenseur continu (sans portes ni arrêt, il faut “sauter” en marche) qui se font rares dans le monde, mais resteraient encore appréciés en Allemagne. Je loge une nuit chez Steffen, qui me fait découvrir un restaurant traditionnel dont j’ai complètement oublié le menu mais qui ne ressemblait en rien à ce que je connaissais.

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Où dormir à Hambourg

  • Meininger, à Altona, à environ 1 heure à pied du centre. La balade est très jolie ! Sinon, environ 15-20 minutes de métro.

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Copenhague (Danemark)

Copenhague, la ville ne voulait pas de moi. Je ne trouve pas d’hôte sur Couchsurfing, je suis obligée d’aller loger dans une auberge hors de prix qui est un cauchemar d’introvertie amatrice de silence, je finis par trouver un hôte relativement sympathique mais d’une ponctualité déplorable qui me fait perdre énormément de temps, la ville est chère… Copenhague, c’est peut-être la deuxième déception du voyage, parce que je voulais tant adorer cette ville qui semblait idéale. On dit souvent des villes qu’il fait bon les visiter mais pas y vivre, à l’instar de Paris, mais peut-être est-ce l’inverse pour Copenhague.

J’apprécie néanmoins mon arrivée en Scandinavie, où la vie est plus douce avec les femmes, plus détendue, plus tolérante. Je ne me suis sentie en insécurité presque nulle part pendant ce voyage, mais le Danemark me met particulièrement à l’aise. Les façade de Nyhavn sont sublimes, mais ce serait dommage de s’y cantonner : je vais traîner dans le quartier de Christiania et sa contre-culture à base de bohème et de cannabis, et je découvre un pan fascinant de la culture danoise.

Où dormir à Copenhague

  •  Downtown : les lieux sont propres mais c’est une auberge de fêtards. Si c’est votre rayon, foncez sans hésiter, en plus l’emplacement est très central.

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Malmö (Suède)

À quelques encablures, la Suède me tend les bras. On y prétend que la vie est moins chère qu’à Copenhague… Pourquoi ne pas faire le détour ? Ce serait dommage de s’en priver, la ville n’est qu’à 30 minutes de train. Je n’avais pas pour but de pousser jusqu’en Suède, mon point le plus septentrional aurait dû être Copenhague, mais la curiosité (et mon porte-monnaie) a été plus forte. Je devais quitter Copenhague de toute façon.

La traversée de l’Öresundbron donne le ton : Malmö ne va cesser de m’étonner. Que ce soit la nouvelle ville Västra Hamnen avec le Turning Torso, un immeuble à l’architecture impressionnante, la vieille ville articulée autour des places Stortorget et Lilla Torg avec leurs façades dignes de Wroclaw, le Slottparken avec son moulin ou encore le  Malmöhus slott, château rouge entouré de douves… Moi qui n’avais presque jamais entendu parler de Malmö jusqu’alors, je suis charmée. Certes, la ville n’est pas très grande, mais j’y passe trois jours paresseux et agréables, à savourer mes premières glaces de l’année sous le soleil boréal printanier.

Où dormir à Malmö

  • Vandrarhem : enfin une auberge de jeunesse qui n’est pas axée sur la socialisation, les fêtes, les apéros et le bruit ! J’ai beaucoup aimé la déco très scandinave.

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Copenhague et Hambourg (bis !)

Je suis arrivée au septentrion de mon périple, il me faut désormais retourner au sud : je ne souhaite pas aller plus au nord, il est encore trop tôt dans la saison, je ne suis pas équipée pour la neige. Que faire ? Aller à Oslo rejoindre une amie, puis prendre le ferry pour les Îles Féroé ou l’Écosse ? Le ferry ne circule pas à cette époque, je dois revenir sur mes pas. Premier passage obligé : Copenhague. Je reviens une journée dans cette ville et me réconcilie un peu avec elle, libérée des contraintes de l’hébergement puisque je ne fais que passer. Rien de tel qu’une croisière sur le fleuve pour retrouver le sourire ! Quant à Hambourg, je la reverrai à peine puisque je ne fais qu’y passer une nuit chez Doris, qui se passionne pour mon itinéraire. Pour l’anecdote, j’ai retrouvé le covoitureur qui m’avait amenée d’Hambourg à Copenhague, et il m’a ramenée en sens inverse. Dommage que malgré les huit passées ensemble au total… nous n’avions aucune langue commune !

Amsterdam (Pays-Bas)

Amsterdam est une autre de mes villes chéries. Je sais désormais que nous autres touristes sommes une plaie pour la ville, réduite à un cirque trop facile de prostitution et de drogue légales. Pendant ce tour d’Europe hors saison, je n’ai pas vraiment souffert du surtourisme, loin de là : à Tallinn, j’étais la seule cliente de mon auberge, à Cracovie, nous n’avions que l’embarras des terrasses vides sous le soleil du printemps. À Amsterdam, je commence pourtant à ressentir ce qui deviendra un problème de société. Dans le centre historique, les rues ensoleillées sont inondées d’anglophones rougeaud, les yeux vitreux, de Français qui parlent trop fort. Je ne sais pas où sont les habitants d’Amsterdam, je n’ai pas l’impression de croiser de Néerlandais.

Heureusement, les foules s’éclaircissement à mesure qu’on s’éloigne du quartier chaud. Les neuf rues, cette série de canaux en arc de cercle, est aussi ravissante que dans mes souvenirs. Je loge à côté du Rijksmuseum, et j’en profite pour y aller lors d’une heure de moindre affluence, intriguée par la Ronde de nuit de Rembrandt. Je ne cède pas au charme d’une croisière ni d’un tour à vélo, mais les nombreuses terrasses font mon régal.

Où dormir à Amsterdam

  • Cosmos, auberge peu chère mais sans charme, si vous voulez économiser quelques deniers.

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Gouda (Pays-Bas)

Gouda, c’est un choix étonnant, non ? Sur l’invitation d’une copine, je file squatter son canapé trois jours durant dans cette jolie petite ville à une heure de train d’Amsterdam. Elle et son amoureux me font visiter le centre-ville avec son super hôtel de ville, monter dans un moulin, marcher dans des champs de tulipes en fleurs et évidemment, manger du gouda et des stroopwafel, les fameuses gaufres de la région ! Quel calme après l’agitation de la capitale.

Ici tout est en fleurs, on se balade le long des canaux, les Néerlandais roulent à bicyclette main dans la main… il y a du printemps dans l’air. Quelle différence, quel chemin parcouru depuis mon départ dans le froid de Moscou. Je m’émerveille de cette distance géographique et temporelle, où j’ai l’impression d’être partie hier et il y a cent ans.

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Lille (France)

Honte à moi, je finis mon périple en bâclant un peu la fin. Je ne fais que traverser la Belgique n covoiturage, en jouant contre la montre : je dois être rentrée en France d’ici quelques jours pour passer une visite médicale dans le cadre de mon immigration au Canada. C’est un rendez-vous important, de ceux qu’on ne doit pas manquer.

Je me paie une dernière étape sur la route : Lille, une ville où je mets les pieds pour la première fois. Je découvre la vieille ville autour de l’église Notre-Dame de la Treille, l’adorable Place aux oignons, la Grand’Place évidemment et ses façades formidables. Je redécouvre aussi le fait de parler français tout le temps et assimile doucement que ça y est, mon voyage touche à sa fin… Cette première visite de Lille est sous le signe de la nostalgie, de la fin d’une parenthèse enchantée. Je sais qu’une nouvelle aventure, le Canada, va bientôt commencer, mais j’étire autant que possible le plaisir de ce petit voyage au long cours sur les traces de l’Europe.

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Où dormir à Lille

  • Auberge de jeunesse : Gastama
  • Hôtel d’affaires : Novotel Centre Grand’Place, où j’ai passé trois nuits dans le cadre du salon des blogueurs de voyage 2019. À 5 minutes à pied de la Grand’Place et 15-20 minutes des gares.

Infos pratiques

  • Il faut un visa pour aller en Russie, mais aussi un visa de transit pour traverser la Biélorussie. En passant par une agence, cela revenait à 200 euros pour les deux.
  • Une fois de retour dans l’Union européenne, tout est semblable à ce qu’on connaît ou presque : eau potable, électricité… Presque tout le monde parle anglais. En revanche, il faut changer des devises hors de la zone euro.
  • Pour me déplacer, j’ai voyagé en train (Russie, Allemagne et Pays-Bas), en car longue distance (pays baltes et Pologne) et en covoiturage (Allemagne, Danemark). Puisque j’étais hors saison, je pouvais simplement prendre mon billet la veille du départ sans problème. Les cars longue distance sont très économiques et confortables en Europe de l’Est.
  • Mon budget pour ces deux mois était de 3 000 euros. J’ai alterné couchsurfing et auberges de jeunesse : le couchsurfing pour les rencontres incroyables et les économies, les auberges de jeunesse pour reposer un peu mes capacités sociales (quand on est introvertie, le couchsurfing peut épuiser).
  • J’ai trouvé que voyager en train était un formidable moyen d’aller lentement en profitant du voyage.
  • Malgré quelques températures un peu fraîches en début de parcours, voyager hors saison était un bon plan pour éviter les foules. Je suis partie fin février de Moscou et rentrée à Lyon courant mai 2014.
  • Ne partez pas sans une assurance pour votre voyage en Europe

Et vous, avez-vous déjà voyagé en train en Europe ? En Interrail peut-être ? Aimez-vous le continent européen ? Oyez, oyez. Ce billet contient des liens affiliés

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18 thoughts on “EUROPE // Mon tour d’Europe, ma déclaration d’amour au continent”

  1. Itinera magica

    Mais quel régal, cet article ! Je rêve de faire comme toi ❤️Merci pour cette sublime inspiration.

    1. Audrey

      Je te souhaite de tout cœur de te jeter un jour toi aussi à corps perdu sur les routes (ou les rails) de l’Europe !

  2. Ton récit à travers l’Europe me fait rêver. C’est génial d’avoir visité tous ces endroits et d’avoir pu le faire en train et en car. Les pays Baltes m’attirent énormément et je lis avec plaisir ton ressenti sur Vilnius 🙂

    1. Audrey

      Ce mélange de beau temps, de fête populaire et de surprise m’a fait adorer Vilnius, comme une bouffée d’air frais après Riga si sombre. J’espère que tu auras l’occasion d’aller visiter les pays baltes 🙂

  3. j’adore! Quelle épopée! je cherche justement à recentrer mes découvertes en Europe… mais je me rends compte que le budget par ici et nettement supérieur à celui dont j’ai l’habitude… Il va falloir que je bosse plus longtemps et que je voyage moins longtemps alors que j’ai l’habitude du contraire. Mais cela semble absolument valoir la peine!
    Merci de cette merveilleuse balade européenne!

    Jul’

    1. Audrey

      Merci Jul ! Sans être aussi bon marché que l’Amérique centrale, l’Europe de l’Est est vraiment abordable par rapport à la moyenne occidentale, je te conseille notamment la Pologne et les pays Baltes 🙂

  4. C’est génial ce voyage!!! Je ne savais pas que tu avais réalisé un tour d’Europe en train avant ton départ pour le Canada, ça fait trop rêver!!!

    1. Audrey

      Merci Charlotte ! Je rêve de repartir pour un beau et long voyage comme celui-là. Si l’idée te plaît, je te conseille vraiment de regarder du côté des passes Interrail, il y a parfois de bonnes affaires.

      1. Une amie l’avait fait elle aussi avec un pass interrail (pas tout à fait le même itinéraire mais un Eurotrip sur 1 mois). Je garde l’idée de côté en tout cas, ça fait trop rêver!!! 😀

  5. Quel plaisir de lire ton article dans le train entre Varsovie et Vienne ! L’Europe a tant à offrir! Parmi tes étapes, Hambourg et les capitales baltes me font rêver… pour une prochaine boucle peut-être. Merci en tout cas pour cette belle balade continentale.

    1. Audrey

      Merci ! Comme j’aurais aimé aller à Vienne, mais cela me faisait faire un trop long détour, je crois… Aussi, j’ai l’impression que ce ne sera pas ton dernier périple en train en Europe, loin de là ? 🙂

  6. Article passionnant !!!!! J’ai tout lu d’une traite (un peu regretté parfois le fait que certaines photos soit en tout petit, j’aurais aimé pouvoir les voir en grand format ^^). Tu m’as donné envie de partir faire la même chose, mais en auto stop :). Je suis expatriée au Japon et j’ai beaucoup de contraintes par rapport à mon visa de travail (si je pars 3 mois sans entreprise qui me sponsorise le visa, impossible de revenir au japon…). Bref, je suis coincée pour l’instant, toutefois j’espère un jour pouvoir moi aussi partir à l’aventure pendant quelques mois !!!
    En attendant je dévore ces articles, en plus j’aime beaucoup ton style d’écriture.

    1. Audrey

      Merci pour ton commentaire qui me va droit au cœur. Vivre l’Europe en auto-stop, quel beau projet ! J’imagine déjà des échanges incroyables avec les conducteurs… J’espère que tu trouveras un moyen de mettre ce projet à exécution malgré tes contraintes.

  7. Super article bien détaillé ! Si je devais aller en Russie, j’aurai une préférence pour Saint-Pétersbourg qui m’attire bien plus que Moscou. Tu m’as replongé dans des souvenirs plus ou moins vieux avec Tallinn et Berlin ! 🙂 La Pologne est un pays encore à découvrir et ça me donne encore plus envie ! J’ai bien aimé Copenhague, mais j’y ai eu quelques déboires aussi (logement sale, une amende de stationnement et un problème de voiture de location). J’ai plus aimé encore Aarhus dans ce pays et la côté nord de la partie continentale qui est superbe ! 🙂

    1. Audrey

      J’aurais adoré aller à Aarhus et sortir de Copenhague mais j’ai manqué de temps ! Une prochaine fois. Je te conseille vivement la Pologne qui reste une de mes meilleures découvertes lors de ce périple.

  8. tiphanya

    Tu me donnes tellement envie de prendre un train. Un soir, entre deux trains pour rentrer chez moi j’ai découvert qu’il y a un direct Strasbourg-Moscou qui part à minuit. Cela fait rêver…
    Pour le moment je n’ai malheureusement pas trop de temps, ni de possibilité mais les pays baltes me font envie car je ne connais pas du tout. Et tu m’as donné envie de me promener en Allemagne et de faire halte en Pologne !
    Je recommencerai bien même à faire du couchsurfing (je n’en ai pas fait depuis 3 ans car ma dernière expérience, en tant que hôte a été catastrophique).

    1. Audrey

      Oh non, je suis navrée de lire que ton couchsurfeur n’a pas été à la hauteur 🙁 C’est un échange humain qui repose tellement sur la confiance que je ne peux qu’imaginer la déception quand les choses se passent mal.
      J’ai mûri mon voyage pendant de nombreuses années après avoir appris l’existence du Nice-Moscou. L’important, c’est finalement d’y arriver. Qui sait, peut-être monteras-tu à ton tour dans le direct pour Moscou d’ici quelques temps 🙂

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