Nernier et Yvoire, deux villages à croquer

Après un bref passage à Lyon, il est temps de passer au cœur du voyage : une semaine sur les rives du lac Léman. À cheval sur France et Suisse, le plus grand lac d’Europe occidentale est une merveille… et je ne dis pas ça parce que j’y ai passé mes 17 premières années. Le lac est bordé de plages en été, de montagnes enneigées en hiver, de deux grandes villes (Lausanne, 200 000 habitants, et Genève, 250 000 habitants), de sites classés à l’UNESCO… Bref un lieu où j’ai plaisir à revenir encore et encore.

Pour ma première visite sur les rives du Léman, direction deux petits villages à croquer : Nernier et Yvoire.

Nernier 

Nernier tient dans un mouchoir de poche. Si vous allez visiter les deux villages, je conseille de visiter Nernier avant Yvoire, car Yvoire est tellement renversant que Nernier pâlirait un peu en comparaison. Ce n’est pas une raison pour sauter cette visite, car ce minuscule village déborde de charme.

Je n’ai pas d’itinéraire à vous donner : il suffit de se « perdre » dans les cinq rues, d’errer au hasard du lierre et de la glycine. C’est exactement ce que nous avons fait. Le village s’articule autour de la petite place centrale où, me murmure-t-on, les établissements seraient délicieux. Le cadre est en tout cas exceptionnel, embaumant les fleurs en ce mois de mai, entouré de ruelles si petites que les voitures n’y passent que difficilement, soulageant les flâneurs des affres de la circulation.

Comme tous les villages lacustres, le port de Nernier n’a plus beaucoup de pêcheurs mais surtout des bateaux de plaisance, voiliers, zodiacs, hors-bords et compagnie. En s’éloignant légèrement du village pour arpenter la jetée, nous avons découvert un point de vue qui montre parfaitement l’architecture haut-savoyarde, trapue avec ses toits en croupe, vestige d’une époque où le climat devait être rude et où on s’entretuait vivait à cinq ou six foyers par maison. Sans compter les vaches.

Le lac avait sa couleur des grands jours, un turquoise d’habitude réservé aux eaux du Rhône ou du lac d’Annecy. Le Léman est une mer intérieure, avec ses tempêtes et ses caprices, et les habitants ont longtemps été bien davantage des marins que montagnards, des pêcheurs, des loups de lac. Il reflète d’ordinaire la couleur du ciel, variant du bleu clair à l’anthracite, mais un turquoise pareil devait être le signe d’une humeur particulièrement guillerette de la part de ce lac aux caractère bien trempé.

À chaque fois que je visite un site hors du temps, que ce soit un village médiéval, un bourg japonais conservé en l’état ou la majestueuse Venise, je ne peux m’empêcher de me demander quelle est l’ambiance, la nuit. À quoi ressemblent ces rues une fois les visiteurs partis ? Quand s’allument les premières lumières de l’hiver ? Quand la brume s’installe avant le lever du soleil ? Perd-on la notion du temps, voyage-t-on dans les siècles ? Je n’ai pas de réponse pour ces deux villages, mais je veillerai à revenir entre chien et loup une prochaine fois, pour vérifier si l’histoire vit toujours par ici.

Yvoire

Nous avons ensuite fait un doublé avec la visite d’Yvoire, que je connais bien. Contrairement à Nernier dont c’était ma première visite, je suis allée de nombreuses fois à Yvoire, qui figure parmi les plus beaux villages de France. Dépaysement total garanti. On entre par les remparts et nous voici au Moyen-Âge, mais un Moyen-Âge campagnard, différent de celui du Vieux Lyon. De la porte sud, je conseille de prendre le petit sentier qui longe les maisons extérieures pour une vue plongeante sur le port.

En bas à droite des marches, un excellent glacier nous attend. Nous avons savouré notre glace avec des parfums bien de région (stracciatella et yaourt ! Ça change du Canada !) sur le port, regardant le ballet des bateaux de la CGN aller et venir en ce dimanche de fête des mères en Suisse. Yvoire est accessible en bateau depuis Nyon, sur la rive suisse, ce qui explique que notre charmante balade ait vite pris des allures de bain de foule en cette journée radieuse…

Pour revenir au village après avoir bien pris le soleil sur le port, nous sommes remontées par la ruelle au-dessus du glacier. Au village, d’innombrables boutiques d’artisans nous attendent. Des boutiques de souvenirs aussi, mais je préfère aller voir le travail des artisans locaux que le dernier sarouel en tissu indien. Poterie savoyarde, artisans du verre, sculpteurs, il y en a pour tous les goûts. J’aime bien les objets en bois flotté (bois gris poli par les eaux du lac), une spécialité de la région… dommage que ce soit un peu encombrant à rapporter !

Si on ne peut malheureusement pas visiter le château, qui appartient à un particulier, on peut visiter le Jardin des Cinq Sens. Dans un ancien cloître, ce jardin a été pensé pour offrir une expérience sensorielle unique. J’ai adoré cette visite où on sent, on touche, on admire, on goûte et on écoute. On écoute ? Oui, tous les insectes qui bourdonnent probablement d’amour pour ce jardin vraiment bien pensé. Ce que j’ai préféré, ce sont les plantes à toucher et dont les feuilles dégagent une odeur étonnante. Qui eût cru que certaines feuilles sentaient le curry ou le coca-cola ?

En descendant la ruelle après le Jardin des Cinq Sens, on accède à un petit sentier en bord de lac qui amène en contrebas de l’église. Les touristes restent généralement sur les sentiers battus mais on ne s’est pas privées pour prendre des chemins de traverse, des petits escaliers cachés, les ruelles encore plus étroites qu’étroites, celles où on ne croise pas un chat et qui offrent généralement la surprise de belles terrasses, d’un joli point de vue ou simplement d’une voûte secrète… Attention, certaines allées sont privées, ce serait dommage de se retrouver chez quelqu’un qui n’a rien demandé ! Car comme à Nernier, le village n’est pas qu’un musée à ciel ouvert, mais un vrai lieu de vie.

Enfin, le clou du village : sa place centrale. Je parlais plus haut de dépaysement temporel, mais cette place, avec son arbre et son clocher à bulbe, me transporte illico en Europe centrale. Ces clochers sont en effet un vestige de l’influence germanique en duché de Savoie et un marqueur fort de l’identité en Europe de l’Est.

La définition de l’Europe centrale est d’ailleurs flottante, mais la Suisse en fait généralement partie, et je suis convaincue que Savoie et Haute-Savoie, héritées du duché de Savoie, à défaut d’en marquer les contreforts, sont du moins dans une forte zone d’influence. Serions-nous la frontière entre Europe occidentale et centrale ? L’idée d’avoir mes racines à cheval sur une frontière culturelle me plaît…

Assise sous mon arbre, je pourrais passer toute une journée à méditer sur l’histoire de ce petit village qui a traversé les siècles comme par miracle. Si vous passez sur la rive française du Léman, je vous le conseille vivement ! Nous n’avons pas déjeuné sur place mais les restaurants sont légion et les glaciers tous plus délicieux les uns que les autres.

Infos pratiques

Accès 

Depuis Douvaine, prendre la D60 à gauche direction Messery – Yvoire, puis suivre jusqu’à Nernier. On peut stationner en face du cimetière. Pour Yvoire, continuer 3 km et se garer au grand parking avant le village.

Depuis Thonon, prendre la D25 à Sciez sur la droite, puis suivre jusqu’à Yvoire. Un grand parking se trouve peu après Excenevex sur la droite. Continuer 3 km pour accéder à Nernier.

Astuces

Privilégier une visite le matin ou en fin de journée à Yvoire pour éviter la foule. Deux immenses parkings hors les murs évitent de se casser la tête pour se garer. 2 euros la journée, ça vaut le coup !

Et toi, tu connais Yvoire ? Tu as d’autres jolis petits villages à me conseiller pour une prochaine visite en France ? Je t’attends dans les commentaires. 

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2 thoughts on “Nernier et Yvoire, deux villages à croquer

  1. C’est trop mignon, j’aime beaucoup de genre de petits villages !

  2. […] avec des sites autour du Léman comme le Musée Olympique à Lausanne, le Jardin des cinq sens à Yvoire ou le Palais Lumière à Évian. De belles croisières qui se déclinent aussi en bons cadeaux […]

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