GUATEMALA // Antigua : sous l’aile du volcan Pacaya

Comme pas mal de monde je pense, les volcans exercent une véritable fascination chez moi. Attirance primale pour le feu ou impression d’être sur une autre planète, j’ai toujours voulu être vulcanologue et aimé les destinations avec des volcans : Islande, Sicile, Japon… et maintenant le Guatemala, sur la ceinture de feu du Pacifique. Avec ses 35 volcans, dont de nombreux sont actifs, le petit pays n’a pas à rougir de son activité volcanique. Quand j’ai appris que sur ces volcans, deux volcans actifs étaient à portée d’Antigua, je suis entrée en mode obsessionnelle : il me fallait gravir au moins l’un d’eux.

wp_008640-2

Le plus célèbre, l’Acatenango, est malheureusement hors de portée pour ma forme physique : deux jours de rando, plus de 1000 mètres de dénivelé… J’aurais adoré, mais il faut savoir reconnaître ses limites. Faire 27 km à plat en un jour, oui, mais six heures de marche en pente raide pour finir à 3 900 mètres d’altitude, ce n’est pas envisageable.

Je me suis donc rabattue sur le Pacaya, à une petite heure de route d’Antigua. Le Pacaya a un regain d’activité depuis 2014 et l’accès au sommet est malheureusement interdit (ou heureusement, selon le point de vue !). Nousnous contenterons donc d’un cratère secondaire.

La randonnée commence dans la forêt. Le chemin est raide, parfois pavé, le plus souvent en poussière. Le guide du parc national parle majoritairement espagnol mais est attentif à ne laisser personne vraiment derrière.

Toutes les dix minutes, une pause pour soulager nos petits poumons qui ne comprennent pas ce qui leur arrive ; les miens se souviennent de l’époque où ils vivaient en altitude, et se disent que c’est bien loin, tout ça.

Le guide en profite pour nous montrer ici une centrale d’électricité, là la capitale, Guatemala City, qu’on aperçoit au loin en prenant de la hauteur.

La montée dure quelque part entre 30 et 45 minutes, je n’ai pas regardé l’heure. Des muscles oubliés de mes jambes se rappellent à mon souvenir. Ils n’ont pas l’air contents d’avoir été négligés si longtemps. J’essaie de faire taire le vacarme de mes organes qui protestent contre ce mauvais traitement en me concentrant sur la végétation. Luxuriante, éclatante, elle nous entoure complètement, jusqu’à cacher presque totalement le ciel. Aucun sommet en vue à travers les feuilles géantes. Sous nos pieds, des scories volcaniques toujours plus profondes nous disent pourtant qu’on se rapproche.

_1200882-2

Et soudain, nous voici sur la Lune.

_1200862-2

La forêt s’éclaircit et nous voici sur une ligne de crête. À droite, une caldera émeraude entourée de végétation. Au centre, les trois volcans Agua, Acatenango et Fuego. À gauche, un cratère et enfin – le Pacaya.

_1200815-2_1200814-2

Fumant, fumerolant, imposant. On comprend pourquoi on n’accède pas au sommet : celui-ci a des allures cocotte-minute. Les coulées de lave collent toujours à ses pentes. La dernière éruption, en 2014, a tout recouvert de cendres à 5 kilomètres à la ronde. La toute jeune végétation semble d’autant plus verte contre les scories noires.
_1200911-2_1200879-2_1200870-2

Nous nous élançons dans le cratère, glissant sur les cendres comme on glisserait dans la neige. En bas, l’activité volcanique est palpable : on peut faire griller des chamallows sur des bouches gazeuses chaudes.

Parfaitement. Le majestueux, le puissant Pacaya, engeance du dieu Vulcain lui-même, transformé en barbecue à chamallows.

On passera sur le côté lèse-majesté de cette attraction pour savourer un authentique chamallow guimauve-chocolat grillé aux gaz volcaniques.

_1200894-2_1200904-2

L’excursion ne dure que trois heures, il faut enchaîner. Malgré les protestations de nos petits corps endoloris, il faut bien remonter sur la crête. De la seule façon qui semble possible : tout droit. Aucun virage dans le sentier, on donne tout pour atteindre l’autre côté du cratère. De là, le Pacifique nous rappelle que le Guatemala est tout petit.

_1200920-2_1200930-2

Nous redescendons cahin-caha dans les cendres. Le sommet disparaît brutalement, avalé par la forêt. Le volcan Pacaya s’est brièvement montré à nous, et nous n’avons fait que l’effleurer.

J’ai adoré cette excursion même si j’aurais aimé qu’elle dure plus longtemps. Des sentiers montaient sur les flancs du volcan, j’aurais adoré prendre encore plus de hauteur. Et pourquoi pas prendre un pique-nique et rester une heure à contempler le sommet avec émerveillement ?

Malheureusement, il semble obligatoire de prendre un guide et à moins d’avoir une voiture de location, il semble aussi inévitable de dépendre des navettes…

Malgré tout, je reste enchantée d’avoir pu côtoyer un volcan actif de si près et d’avoir pu embrasser une bonne partie de la région depuis 2 200 mètres d’altitude !

C’est où ?

Accès N’importe quelle agence de voyage en ville vous y emmène pour 80-100 Q. Je vous conseille de prendre au moins cher car le prix ne couvre que le transport en minibus : une fois sur place, on entre sur un parc national avec un guide par minibus, pour 50 Q. Prévoir 10-20 Q de pourboire pour le guide. Deux départs, un à 6 h et un à 14 h. Je suis passée par l’agence Monia Blanca, 4a Calle Poniente, n°26.

J’ai loué un bâton de marche à un gosse pour 5 qz : le meilleur investissement qui soit compte tenu de ma forme. On le redonne à n’importe quel gamin une fois de retour en bas.

Photo Un dilemme cornélien vous attend. On monte sur le versant nord, et le matin, le sommet est en contre-jour. Mais si la lumière est meilleure l’après-midi, le sommet a aussi plus de risques de se retrouver dans la brume… À vous de trancher !

Et toi, tu as déjà approché un volcan ? Tu es fascinée toi aussi ? Dis-moi tout !

Related Images

3 thoughts on “GUATEMALA // Antigua : sous l’aile du volcan Pacaya

  1. super article, vraiment magnifique !

  2. […] toute excursion, je suis donc allée voir un volcan de plus près. Et je suis allée sur les rives du lac […]

Leave a Comment