GUATEMALA // Un week-end au lac Atitlan

Pendant mes trois semaines au Guatemala, je suis restée principalement à Antigua. J’avais envie de prendre le temps, de me concentrer sur mon travail et de me reconnecter avec le quotidien, que j’ai un peu tendance à perdre dans les moments de stress, trop fréquents récemment. La dernière chose que je voulais, c’était courir partout. Tikal, à 10 heures de car ? Cela me fait mal, mais ce sera pour une prochaine fois.

Pour toute excursion, je suis donc allée voir un volcan de plus près. Et je suis allée sur les rives du lac Atitlan.

À une centaine de kilomètres d’Antigua, le lac Atitlan est un grand lac volcanique qui compte parmi les plus beaux au monde. C’est un cliché que j’ai lu et relu, mais je le perpétue sans états d’âme : c’est vrai. Au fond d’une caldera, il est dominé par pas moins de quatre volcans et offre un paysage propice à l’émerveillement. Un lieu sublime, qui devrait figurer au programme de tout voyage au Guatemala tant il est « proche » de la capitale. Même si la notion de proximité est assez relative par là-bas…

Autour du lac, de nombreux petits villages, tous dotés d’une personnalité bien propre. San Pedro le village de hippies sur le retour, pour tous ceux qui aiment la méditation, les sciences holistiques, le bien-être, la drogue. Panajachel, porte d’entrée du lac, où déferlent des milliers de touristes pour ensuite franchir ses eaux. San Marcos. Santa Catarina. San Pedro. Et Santa Cruz La Laguna, où j’ai posé mon sac à dos l’espace d’une nuit.

Pourquoi Santa Cruz ? Je vais être franche : quand j’ai cherché à réservé un logement, j’ai trouvé une auberge qui avait l’air superbe et dans mes prix, et je n’ai pas cherché plus loin. Je n’ai pas été déçue : une situation fabuleuse juste en face des volcans, c’était tout ce qu’il me fallait.

wp_008673-2_1210206-2_1210266-2

Je ne vais pas mentir. Santa Cruz est minuscule. On n’y reste pas une semaine, ou alors une semaine à explorer les autres villages le jour pour revenir s’y détendre le soir. Mais pour 24 heures, j’ai adoré. Le village n’est accessible que par bateau, la route que vous voyez ci-dessus relie le port au village en hauteur, et c’est tout. Le sentiment d’isolement est assez indescriptible, surtout le soir venu, quand on se retrouve entre soi.

_1210288

J’étais venue avec l’idée de faire de la randonnée, mais on m’a déconseillée d’y aller seule, de peur de me faire dépouiller. Ne voulant pas être une nouvelle statistique dans les données du Ministère des affaires étrangères, je me suis renseignée sur les autres activités possibles.

Et c’est là où j’ai appris l’existence des kayaks.

Si tu me suis sur mon blog sur l’immigration, tu sauras peut-être que le kayak, c’était pour moi LA révélation de l’année 2016. Je n’en avais jamais fait avant, et je me demande bien pourquoi. J’ai donc sauté sur l’occasion de glisser silencieusement à la surface d’un lac face à quatre volcans. Ce n’est pas le genre de choses qui se refuse, non ? Surtout à 5 dollars de l’heure (contre 25 au Canada…).

Pour accéder à la cabane de location, une courte promenade en bord de lac. Celui-ci est aménagé avec des petits pontons en bois, qui se résument parfois à de simples planches brinquebalantes dont on n’a pas forcément envie de savoir combien de temps elles vont encore tenir. Plus d’un kilomètre est ainsi achalandé, et donne un côté aventureux à ce qui n’est au final qu’une simple balade en front de lac. Enfin, une « simple » balade avec vue sur quatre volcans, hein.

_1210227

Le proprio des kayaks était occidental et très sympa. À sa suggestion, je m’engage vers l’Ouest en direction de San Marcos.

Je suis seule, le lac est d’huile. Le silence n’est dérangé que par les lanchas qui passent à intervalles réguliers en faisant des signes de la main, m’envoyant voltiger dans leur sillage. Devant moi, quatre volcans.

Je n’ai pas fait un exploit sportif, ce jour-là. J’étais bien trop occupée à sourire de toutes mes dents, toute seule sur mon kayak, émerveillée de la beauté de la Terre.

_1210334_1210329

Le lendemain, j’étais d’humeur à marchander. Si tu te souviens de ma chronique sur mon équipement, sache que mon petit sac à dos a craqué dès Miami. Et que le mini sac de remplacement acheté en arrivant à Antigua a craqué au bout de deux semaines. Si ce n’est pas la poisse, ça ! J’avais donc envie d’acheter un sac à dos.

Environ 80 000 boutiques, 80 000 vendeurs qui se sont levés les yeux plein d’espoir en me voyant entrer et autant de sacs à dos tâté du bout des doigts d’un air connaisseurs, je ne ressentais plus qu’une haine immense. Une haine immense envers la société de consommation, la quantité de merdier que l’on cherche à écouler, envers les conditions probables de fabrication de ces sacs (je vous ai dit que le travail et la mendicité des enfants sont tout ce qu’il y a de plus visible ici ?), envers Panajachel qui cristallisait tout ça. Je garde un souvenir frustré de mes quelques heures passées à déambuler de long en large et en travers dans la rue à touristes du village, qui ne m’inspirait qu’une chose : l’envie de rentrer à Santa Cruz ou à Antigua, et plus vite que ça.

Et au final ? Je n’ai même pas trouvé de sac. Je voulais des couleurs bien précises et impossible de trouver un sac noir, rouge ou violet d’une taille suffisante. Quand ça ne veut pas… (j’aurais peut-être dû abandonner avant 80 000 essais !).

_1210406_1210402

C’est où ?

Bon voyage Toutes les agences de voyage d’Antigua proposent des navettes pour Panajachel, dit « Pana ». Compter environ 160 Q ou 12 USD et trois bonnes heures de trajet. La circulation est infernale et les cent kilomètres qui séparent les deux villes prendront bien ça.

Pour joindre les villages, un passage en lancha est obligatoire : des navettes lacustres sans réels horaires ni confort, qui partent quand le capitaine décidé qu’elles sont assez pleines et offrent de minuscules tranches de vie des habitants. Compter 10 Q entre Pana et Santa Cruz.

_1210391_1210385-2

Bonne nuit La Iguana Perdida, Santa Cruz la Laguna, à droite du débarcadère. Je suis mitigée : le restaurant et les zones communes étaient irréprochables, le barbecue du samedi soir était aussi délicieux que copieux, l’emplacement de la terrasse est incroyable. Pour autant, j’ai passé une nuit épouvantable : ma « chambre simple » était séparée de la chambre voisine par une natte, ce qui m’a permis d’écouter deux films en entier et les conversations de mes voisins manifestement pas tracassés par le fait qu’il soit tard. Si je devais y retourner, je prendrais un dortoir (au moins, on sait qu’on partage l’espace), soit une chambre supérieur, plus privée.

Bon appétit À Santa Cruz, je conseille vivement de prendre le dîner à La Iguana Perdida, car il était fameux (60 Q). Sinon, le café Sabor Cruceno est incontournable. Au sommet du village, il vaut la peine de s’essouffler quinze minutes sur la route raide : ce qui attend au sommet, c’est la plus belle vue du village.  Viser le bâtiment jaune marqué « CECAQ ». Autre avantage : c’est un café géré par des étudiants, qui aide la communauté de Santa Cruz. une bonne action pour pas plus cher qu’ailleurs, avec une vue fantastique : que demander de plus ?

_1210246

À Pana, le Café Kitsch propose des options végétaliennes. J’ai pris un ragoût d’aubergines aux arachides qui était fameux. Au début de la rue Santander, côté ville.

Et toi, tu es déjà allé au bord du lac Atitlan ? Tu aimes le kayak ? Raconte-moi tout !

Related Images

4 thoughts on “GUATEMALA // Un week-end au lac Atitlan

  1. Dommage pour le sac ! Ca pourrait prêter à sourire si ce n’était pas dans ces conditions ceci dit 🙁
    Par contre en effet ça a l’air magnifique, je ne suis pas une bonne kayakiste (j’ai failli écrire kayakeuse, il faut le savoir hum hum) mais là j’aurais fait un effort tellement c’est beau !

    1. Audrey

      Deux sacs, ça commençait à fait beaucoup ! Du coup, j’en ai profité pour commander un beau sac à dos de voyage pour Noël ^^
      Pas besoin d’être une championne pour apprécier le kayak ! À mon avis, le simple fait de glisser en silence dans un beau paysage suffit 🙂

  2. Robert Beltrami

    Bonjour Audrey, je suis tombé par hasard sur ton blog, ce qui me parle, c’est ton point de vue sur le tourisme de masse prêt à tout voir en courant avec de l’argent gagné dans nos pays que l’on dit  »civilisés » ! En tourisme, beaucoup d’invasion accompagné d’égoïsme. Je suis resté quelques mois au bord du Lac Atitlán et j’ai fait seul le tour du Lac à pied en 1975, oui c’était différent ! on a eu beaucoup de chance de pouvoir voir cet endroit car, quand dans les années 90 j’ai passé à Panajachel, je n’ai rien reconnu ! quelques infos sur le Lac m’ont interpellé voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_Atitl%C3%A1n vraiment quand on fait tout pour le tourisme, les états-uniens ont une grande part de responsabilité… L’état de ce Lac me rends très triste pour Leurs Autochtones Merci pour les photos, Meilleures pensées. Robert B.

    1. Audrey

      C’est tout le problème de ces lieux sublimes qu’on aimerait garder intacts, tout en défrichant nous-mêmes la route du tourisme de masse…

Leave a Comment