ÉTATS-UNIS // 15 jours autour de Seattle

Si on m’avait dit qu’un jour j’irai à Seattle… Et puis la vie a mis une occasion sur mon chemin, sous la forme d’une conférence à laquelle Etienne allait assister avec toute son entreprise. Seattle et le Nord-Ouest des États-Unis, ce sont les Rocheuses et le Pacifique qui s’embrassent, ce sont des chaînes de volcans qui émergent de la brume comme une aquarelle, des îles nordiques couvertes de forêts denses, des animaux sauvages à foison. Étonnante Seattle, autour de laquelle on voyage facilement en transports en communs. Au lieu d’un road-trip, nous avons choisi un voyage à moitié sédentaire en trois parties bien distinctes : Seattle, les îles San Juan et la chaîne des Cascades.

Mon voyage autour de Seattle en bref

  • 5 jours à Seattle
  • 5 jours dans les îles San Juan
  • 5 jours dans le parc national du Mont Rainier

Ce que j’ai aimé

  • La diversité des paysages
  • Les transports en commun efficaces
  • La présence de nombreux animaux sauvages
  • Le temps très clément pour une deuxième quinzaine de septembre

Ce que j’ai moins aimé

  • Le coût de la vie absolument insensé

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Seattle

Jour 1 : halles de Pike Place

Arrivés tard dans la nuit hier soir, nous tombons du lit ce matin, décalage horaire oblige. Ce lever matinal a du bon : nous découvrons Seattle avant tout le monde en ce beau dimanche ensoleillé. Notre première destination s’impose d’elle-même : les halles de Pike Place, à deux pas de notre hôtel. Fondées en 1907, elles sont les plus vieilles encore en activité aux États-Unis, et on y retrouve un côté foutraque qui manque parfois en Amérique du Nord. Non contente d’être anciennes, elles sont aussi immenses et offrent un dédale de huit étages. Bien sûr, les « halles » au sens où vous et moi l’entendons (maraîchers, poissonniers, épicerie fine et restaurants) ne sont qu’une partie de tout ce qu’on peut y trouver : librairies d’occasion, magasins de souvenirs, boutiques de tout et n’importe quoi. On a malheureusement raté le fameux lancer de poisson qui fait la réputation de l’endroit, mais on a aimé se perdre dans les étages, entrer ici, ressortir là, découvrir une terrasse ici, un café secret là.

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Pike Place, c’est aussi le premier Starbucks au monde… que vous reconnaîtrez à sa file d’attente longue comme un jour sans pain. On n’a même pas essayé d’y entrer. Il y a aussi le Gum Wall, allée aux murs recouverts de milliers de chewing-gums dégoulinants qui honnêtement, a failli me faire vomir – j’ai tenu une minute avant d’obliquer. Plus intéressant : depuis l’entrée principale, on peut voir une belle fresque signée Shephard Fairy (en tournant le dos aux halles) et à deux pas, aller chez Left Bank Books Collective, une librairie avec des essais sur à peu près tout du moment que c’est très à gauche : féminisme, communisme, anarchie, décolonialisme… On y trouve aussi de la fiction qui met en avant des autrices notamment minorisées ♥

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Cet après-midi, grande est la tentation de faire une sieste au soleil mais on décide de se promener jusqu’au Olympic Sculpture Park, à un kilomètre de Pike Place. On se rince l’œil devant tous les toutous de sortie en ce beau dimanche dans ce quartier un peu plus huppé et on rigole un peu devant les sculptures contemporaines sans queue ni tête. Puisque la Seattle Needle n’est pas bien loin, autant en profiter pour aller la voir aussi : après tout, c’est le seul moment où Etienne pourra jouer les touristes en ville.

Globalement, tout se visite très bien à pied à Seattle, et on a apprécié de loger dans le centre. La tour Space Needle n’est pas très impressionnante mais le Seattle Center, le parc qui l’entoure depuis l’exposition universelle de 1962, a du répondant, entre le musée des sciences naturelles, le musée de la pop culture, un musée consacré à un souffleur de verre et j’en passe. Nous flânons dans les allées et je me promets de revenir pour au moins un musée. Nous rentrons en monorail, un joli petit trajet qui ne coûte que 3 $.

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Jour 2 : de Pioneer Square à Capitol Hill

Rappelez-vous : Etienne est ici avec toute son entreprise pour assister à une conférence quatre jours durant. La conférence commence, il est sur le pont du matin au soir. Me voici seule avec moi-même pour déambuler dans Seattle au gré de mes envies. Mes envies, en ce matin un peu frais, me portent vers Pioneer Square : le centre historique de Seattle. Je voulais aller commencer la journée tranquillement avec un café au Starbucks du 40e étage du Columbia Center, pour avoir une vue panoramique sur la ville sans vendre un rein. Ça, je m’en suis rendue compte une fois devant une enfilade de salles de réunion au 40e étage. Je devais avoir l’air décontenancée, mais pas suffisamment pour que les quelques salariés déjà au bureau à 7 h 30 ne me fassent déguerpir. Le temps de me glisser dans une salle pour quelques photos et je suis redescendue vite fait. Une demi-victoire ? Si vous voulez faire comme moi, allez-y le plus tôt possible et attendez-vous quand même à ce qu’on vous dise que vous n’avez pas le droit d’être là.

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Pioneer Square le matin, ce n’est pas très reluisant. Le midi non plus d’ailleurs, et ça ne doit pas être au top le soir. Si vous ne connaissez pas les grands villes américaines, sachez que bien malheureusement, leur centre-ville est souvent émaillé de sans-abris. Les inégalités aux États-Unis sont notoires et peut-être la côte ouest, avec son climat clément, attire-t-elle davantage les sans-abris que, disons, les villes de l’est dont l’hiver est cruel. Mais soyez préparés : que vous alliez à San Francisco, Los Angeles ou Seattle (et Vancouver aussi), au centre-ville, vous allez croiser des sans-abris, de la drogue, des odeurs abominables, de la misère humaine qui fend le cœur. Tout cela pour vous dire qu’après m’être extasiée devant la poignée de façades merveilleuses au centre-ville, j’ai vite passé mon chemin.

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Après un petit crochet par Chinatown pour me ravitailler au supermarché Uwajimaya, je décide d’aller voir du côté de Capitol Hill. Capitol Hill, c’est le quartier queer, une vraie promesse de petites boutiques sympas, et en plus il n’est qu’à 2-3 km. Une bonne balade, c’est parfait, non ? C’est là que je découvre qu’en fait, Seattle est constellée de collines qui grimpent assez fort et que mes 2-3 km faciles se transforment en grimpette sous une chaleur de plomb. En chemin, je croise des groupes d’étudiants, puis d’autres, et encore : pas de doute, Seattle University n’est pas loin ! J’adore les campus, j’y trouve toujours quelque chose d’intéressant, ne serait-ce qu’une ambiance, alors il n’en faut pas plus pour me détourner de mon chemin. Un enseignant m’informe qu’il s’agit d’ailleurs de la journée d’accueil des premières années. Comme je les envie ! Entre un arboretum de plantes indigènes et mon pique-nique sur une pelouse, je reste une bonne heure sur le campus, à m’imprégner de l’énergie si particulière de la rentrée, quand la soif de découvertes est palpable.

De là, Capitol Hill n’est qu’à quelques minutes à pied. Même si les drapeaux arc-en-ciel sont un peu partout à Seattle, il ne fait aucun doute que je suis en plein quartier gay : soudain, tout devient arc-en-ciel. Je dois dire que j’ai été assez impressionnée par le nombre de couples queer qui s’affichent à Seattle en général ; bien que Moncton soit très tolérante, j’en croise très peu qui osent les démonstrations d’affection dans la rue. Seattle semble bien safe pour les voyageuses queer !

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Objet de ma visite à Capitol Hill : Twice Sold Tales, une librairie d’occasion que Google décrit comme « remplie de chats« . On signe où ??  Effectivement, les chats sont partout et j’en compte au moins cinq. Je ne suis clairement pas la seule avec des cœurs dans les yeux et plusieurs clients jouent sans retenue avec les petits félins bien patients. J’en ressors en ronronnant. De là, l’hôtel n’est plus qu’à une petite demi-heure de marche. Je rentre doucement, un peu fatiguée, en faisant le crochet par un Goodwill (une friperie) pour m’acheter un tee-shirt : il fait 25°C, je n’avais pas du tout prévu de vêtements légers ! En tout, j’aurai marché une dizaine de kilomètres.

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Jour 3 : de Seattle Center à Fremont et Kerry Park

Ce matin, direction l’ouest pour une journée qui s’annonce sportive : j’ai envie d’aller à Fremont, ce qui devrait me faire une douzaine de kilomètres de marche aller-retour. C’est parti ! Première étape : le Seattle Museum of history, avec sa jolie vue sur le lac Union. De là, un chemin pour piétons et vélos suit le bord de l’eau de loin. Les rives accueillent des centaines de bateaux, puis des centaines de maisons flottantes. Je ne peux m’empêcher de me demander si le coût de la vie y est plus doux ? Alors qu’un panneau indiquait « Fremont 1.8 » au musée d’histoire, je n’arrive à Fremont que 45 minutes plus tard… Ce n’était pas 1,8 kilomètre mais 1,8 MILE (soit 2,8 km).

Bienvenue à Fremont, centre autoproclamé de l’univers connu. Retardez vos montres de 5 minutes. Ce n’est pas moi qui le dis mais le panneau routier à l’entrer. Peut-être parce que j’ai beaucoup marché, je suis un peu déçue : c’est mignon, il fait beau, mais ce quartier minuscule ne casse pas des briques non plus. Oui, il y a des dinos végétaux, une chocolaterie, un peu d’art de rue et un troll étrange sous le pont de l’autoroute, mais sinon, ce n’est pas un incontournable et je ne comprends pas tellement pourquoi on en parle dans tous les guides. Qu’ai-je manqué ? J’aurais aimé pousser jusqu’au Gas Park, avec ses vestiges d’usine à gaz et sa belle vue sur l’arrière de Seattle, mais il m’aurait fallu un vélo. C’est un peu un rendez-vous manqué, car les vélos et les trottinettes électriques, il y en a plein les rues. Mais pour les utiliser, il faut des données mobiles, ce que je n’ai pas.

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Je rentre à pied par le quartier Queen Anne, clairement une banlieue chic avec ses maisons cossues au jardin immaculé, même si les pelouses sont grillées. Je commence à me demander s’il pleut tant que ça à Seattle, en tout cas en été… Des boutiques surgissent soudain sur l’avenue Queen Anne et je crois que je n’ai jamais vu autant de toiletteurs et vétérinaires de ma vie – ce qui concorde avec le nombre de bergers australiens et samoyèdes croisés récemment.

Alors que l’avenue descend vers le centre-ville, je bifurque vers le point d’orgue de ma journée : le parc Kerry. Tout simplement la meilleure vue de la ville ? Absolument. Les gratte-ciels dominés par la Space Needle, le cône du mont Rainier visible de façon ténue dans le lointain, des fleurs au premier plan. Je me régale de ce panorama et reste une bonne heure à dessiner sur le muret.

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Jour 4 : Bainbridge Island

Après deux journées à marcher, j’ai envie d’une excursion plus tranquille. Dans ce cas, qu’est-ce qu’on fait ? Une croisière, pardi ! Enfin, une croisière en traversier, mais c’est déjà suffisant pour me transporter ailleurs. C’est toujours bien, les traversiers, non ?

L’île de Bainbridge comporte surtout des résidences secondaires, mais elle a le mérite d’être accessible directement depuis Seattle. Le petit centre-ville est assez coquet et rempli de boutiques qui ne laissent aucun doute : ici, il y a surtout des touristes et des gens fortunés. Boutiques de décoration, boutiques de vêtements chers, galeries… Et pourtant, il y a quelque chose dans l’air qui fait que je suis aux anges. Je déjeune d’un kouign ammann et d’un café à côté d’une boutique d’art et de vêtements pour chiens, je flâne à la recherche de cartes postales, je trouve un petit sentier court qui longe la marina, je m’extasie devant les mûriers géants, je pique-nique à l’ombre… Il y a de l’automne dans l’air, une ambiance de détente, l’impression d’être loin du brouhaha de Seattle, c’est véritablement parfait.

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De retour à Seattle, je cherche un moyen de prolonger la journée : il se trouve au Pier 62, un des rares endroits gratuits de la ville. Un ponton, des chaises, des jeux, une belle vue. Le soleil qui se couche lentement. Un livre, un tricot. À nouveau, parfait.

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Où dormir à Seattle

  • Moore Hotel : un hôtel « écono-historique » (c’est lui qui le dit) sur la 2nde Avenue, choisi et payé par l’entreprise d’Etienne. On a aimé les hauts plafonds et l’emplacement central.

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Où manger à Seattle

Il est temps de l’avouer : nous sommes allés à un seul restaurant à Seattle. Tout était atrocement cher et les journées où j’étais seule, je me suis sustentée de salades toutes prêtes de supermarché. Seattle, c’est toutefois un excellent endroit pour boire du bon café et je me suis autorisée un café par jour. Voici quelques adresses :

  • Salt District, restaurant italien assez chic sur le front de mer (Pier 55)
  • Pike St Coffee, un petit havre de calme dans le bas de Pike Place
  • The Crumpet Shop : un café spécialisé en crumpets avec une déco façon diner sur 1st Avenue, juste en dessus de Pike Place
  • Fromagerie Beecher’s : à côté du premier Starbucks, leurs croque-monsieur sont vraiment bons !
  • Moore Coffee Shop, étonnant café aux saveurs mexicaines au rez-de-chaussée du Moore Hotel
  • Cherry Street Coffee House, café correct à l’angle de la 1ère Avenue et de Cherry Street, mais il y a d’autres établissements)
  • Starbucks Reserve, le Starbucks du riche, où on ne sert que des grands crus du café à des prix exorbitants
  • Koku Café, un café aux saveurs japonaises à deux pas du Kerry Park
  • Si d’aventure vous allez à Chinatown, le supermarché asiatique Uwajimaya a un food court et vend des onigiri et gimbap pas chers
  • Autre option en centre-ville : Target a un supermarché au sous-sol

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Îles San Juan

Jour 5 : transport vers les îles San Juan

Moi qui pensais avoir toute une demi-journée pour parachever ma visite de Seattle, branle-bas de combat ce matin : Etienne sera en fait libre à 11 h. Au lieu de partir pour les îles San Juan à 17 h et de passer une nuit à mi-chemin, nous partirons dès midi et serons dans les îles dès ce soir ! Adieu, Musée de la pop culture, visite souterraine de la ville ! Je me contente d’un petit tour à la bibliothèque centrale (à l’architecture intéressante) avant de m’installer au centre de congrès. Ce n’est pas vraiment un problème, car notre nouvel emploi du temps va nous permettre de profiter davantage des îles. Après quatre jours complets à Seattle, je pense avoir fait le tour de ce que j’ai envie de voir en tant que touriste.

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Pour cette partie du voyage, nous avons choisi de nous servir du réseau de transports locaux étonnamment bien fichu pour les États-Unis. C’est bien simple : non seulement on peut aller aux îles San Juan en transport en commun, mais on peut aussi y aller de différentes façons ! Navette, train, bus et évidemment traversier. Vous pouvez même y aller en hydravion, si vous avez envie de mourir ! (dix personnes sont mortes en Seaplane début septembre 2022) (sans vouloir vous alarmer). 

Pré-pandémie, un traversier reliait le centre-ville de Seattle à Friday Harbor, la principale petite ville des îles San Juan. Une option très pratique que je conseille fortement si vous en avez l’occasion. Cela vous évitera, comme nous, de devoir vous rendre à Anacortes, à 130 km au nord de Seattle, avec les autocars Bellair Airporter, avant de prendre le traversier, ce qui rallonge considérablement le voyage. Partis à midi du centre de congrès de Seattle, nous arrivons à 14 h 30 à l’embarcadère d’Anacortes. Moi qui pestais contre le fait que les autocars ne calent pas leurs horaires avec les départs du traversier, nous arrivons pile à temps pour acheter notre billet et embarquer sur le ferry de 14 h… qui était en retard. Nous arrivons à Friday Harbor vers 16 h 30 après une croisière au soleil dans le labyrinthe de l’archipel des San Juan. Rien que cette croisière valait le détour !

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Jour 6 : repos autour de Friday Harbor

Le temps est gris aujourd’hui, mais ce n’est pas un problème. Etienne a besoin de se reposer et je ne suis pas contre un peu de repos non plus. Nous flânons de cafés en boutiques dans le tout petit centre-ville de Friday Harbor, la plus grande ville de l’archipel du haut de ses 2000 habitants. Nous faisons une petite balade vers une plage voisine : la plage Jackson, dont le principal mérite aura été de nous faire prendre l’air. Le ciel se dévoile et nous rentrons au gré des routes qui semblent mener vers Friday Harbor, pour finir la journée sur un banc à lire.

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Jour 7 : excursion à Orcas Island

La meilleure journée de notre périple aux îles ! Je vous parlais des traversiers qui mènent aux îles mais je n’ai pas encore parlé des traversiers entre les îles. C’est sûrement un des grands avantages des îles San Juan : des traversiers relient les quatre îles principales (San Juan, Orcas, Shaw et Lopez) toute la journée, et ils sont gratuits pour les piétons et cyclistes. Il serait dommage de s’en priver, non ?

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De bon matin, nous prenons le traversier vers l’île Orcas. Nous savourons un café avec une vue imprenable à l’Orcas Café avant d’enfourcher nos vélos pour atteindre le départ du sentier de Turtleback Mountain, à quelque 8 km de là. En nous livrant nos vélos au débarcadère de Friday Harbor ce matin, le responsable avait l’air un peu décontenancé qu’on choisisse Orcas malgré notre dégaine de cycliste du dimanche – Vous savez, c’est un peu vallonné, je vous conseille plutôt Lopez, ce sera plus doux ». Nous ne dévions pas d’un pouce de notre projet, et comme nous avons bien fait !

Certes, ces 7 km sont un peu vallonnés, mais nos nombreuses sorties cyclistes cet été nous ont laissé quelques muscles et de la ténacité. Nous mettons 45 minutes à arriver à notre objectif, moyennant une balade sportivo-idyllique, sur les routes d’Orcas. Je garde un souvenir ému de cette sortie bucolique entre les vergers et la mer, dans la grande douceur du début de l’automne, à travers des hameaux où le temps coule plus longtemps.

Quant à la randonnée de Turtleback Mountain, elle est tout simplement splendide. Au départ du sentier en boucle, nous prenons le sentier de droite pour rester du côté de la vue. Ça grimpe fort pendant 30 minutes mais quelle vue en arrivant ! Si le point culminant nous laisse un peu de marbre avec sa vue sur une vallée, le premier point de vue, lui, donne une vue mémorable sur la baie et nous offrira un lieu de pique-nique parfait.

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Le retour à vélo se fait un peu plus difficilement que l’aller, entre la côte en notre défaveur et nos fesses endolories. De retour au café, nous nous apprêtons à passer deux heures agréable à lire en attendant la prochaine liaison inter-île vers Friday Harbor quand un traversier accoste. Mue par un instinct redoutable, je vais demander au préposé s’il s’agit, à tout hasard, d’un traversier qui nous conduirait à destination.

Et on me répond que le traversier inter-île est annulé pour le reste de la journée.

Ah.

Branle-bas de combat, panique à bord, stupeur et tremblements, etc. Renseignements pris, seul le traversier inter-île est annulé : le traversier qui vient d’accoster, par exemple, peut nous amener à Anacortes (la plaque tournante des traversiers, pour ainsi dire), où nous pourrons prendre une autre liaison vers Friday Harbor. Le tout moyennant 45 minutes de traversier, 1 h d’attente à Anacortes et encore 1 heure de traversier vers Friday Harbor. Au lieu de trente minutes. Quand on n’a pas la choix, on n’a pas le choix…

Malgré tout, cette journée passée à rouler à vélo, randonner et voguer dans l’archipel des San Juan reste un très bon souvenir. Oui, on se serait passés du coup du traversier mais il n’y a rien eu de dramatique. Je ne peux simplement m’empêcher de repenser à ce cycliste avec qui nous avions discuté le matin et qui lui, faisait une balade beaucoup plus longue en pensant rentrer beaucoup plus tard que nous…

Infos pratiques

  • Traversier : les horaires sont disponibles ici.
  • Sentier de Turtleback Mountain : pour le point de départ, trouvez « Turtleback Mountain South Trailhead » sur GoogleMaps
  • Louer des vélos à Friday Harbor : plusieurs entreprises existent et nous avons trouvé notre bonheur chez Cycle San Juan, pour leurs prix, leurs horaires d’ouverture et le fait qu’ils livrent les vélos où bon nous semble dans Friday Harbor. Comptez 45 $/journée/vélo, tarifs dégressifs si on louer plusieurs jours d’un coup.

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Jour 8 : Lime Kiln Park

Aujourd’hui, nous devions enfourcher à nouveau nos vélos, direction le Lime Kiln State Park, à une quinzaine de kilomètres de Friday Harbor. Mais j’ai passé la nuit la tête dans les toilettes après une salade hasardeuse et rien que les 500 mètres vers notre café du matin me demande deux pauses. Pas question de pédaler, malheureusement. Nous prenons donc la navette qui fait le tour de l’île et je ferme les yeux dans les virages. Les 15 minutes de trajet sont toutefois magnifiques : nous traversons des champs et des vergers, le tout avec la vue sur l’eau jamais loin.

Pourquoi m’infliger ce trajet au lieu de me reposer ? Le Lime Kiln State Park est le meilleur endroit pour voir baleines et orques depuis la rive aux États-Unis, et je n’allais pas manquer ça, bon sang de bonsoir.

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Le parc est quadrillé de sentiers qui descendent vers l’eau. Le phare de Lime Kiln n’est qu’à une dizaine de minutes de marche, et en faisant des pauses, j’y arrive cahin-caha. Juste en face de nous, l’île de Vancouver, au Canada, est incroyablement proche et nous faisons coucou à nos compatriotes à quelques dizaines de kilomètres. Pour l’anecdote, une amie française que je n’ai pas vue depuis des années se trouvait par hasard à Victoria, sur l’île de Vancouver, au même moment. Nous n’étions qu’à une cinquantaine de kilomètres l’une de l’autre sans le savoir, à l’autre bout du monde !

Nous scrutons l’horizon à la recherche de panaches qui signaleraient des baleines, d’ailerons qui signaleraient des orques. Notre œil est vite attiré par des petits museaux qui dépassent non loin de la rive : des phoques ou des lions de mer avec leur frimousse mignonne accapare notre attention. Ce n’est qu’en entendant des cris que nous comprenons que des grosses légumes sont de la partie. Quelques bateaux sont arrêtés au large et soudain, un panache, une queue : une baleine. Une deuxième ! Une troisième ! Elles se déplacent vers le nord, se rapprochant légèrement de la rive. Nous les observons remonter à intervalles réguliers. Même si les chances de voir des cétacés depuis cet endroit étaient assez grandes, nous sommes émus.

Où dormir à Friday Harbor

  • San Juan Island Hostel : ce n’est pas l’option du siècle mais lors de notre voyage, c’était littéralement l’hébergement le moins cher de Friday Harbor. Comptez 160 USD la chambre double (en fait une triple privative avec un lit à étages) à deux pas du centre de Friday Harbor. Propreté correcte, cuisine bien équipée. L’emplacement est bien.

Bonnes adresses à Friday Harbor

  • Salty Fox Café, juste en face du débarcadère, pour un très bon café
  • Nous n’y sommes pas allés mais il y avait toujours une grande file d’attente pour le Rocky Bay Café, ce qui semble gage de qualité
  • Du côté des brasseries : Downriggers a la meilleure terrasse en ville

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Parc national du mont Rainier

Jour 9 : transport vers Ashford

Une journée digne d’un manège : traversier-autocar-autocar-location de voiture. Partis à 7 h 30 de notre auberge à Friday Harbor, nous arrivons à notre chalet à Ashford aux alentours de 18 h. C’est le revers de la médaille des transports en commun… En fin de journée, nous pleurons quasiment de joie en posant nos valises.

Comme à chaque fois que nous prenons la voiture aux États-Unis, nous avons halluciné sur ce royaume de l’auto, où l’autoroute fait 2 x 8 voies et où les zones commerciales s’étendent sur des dizaines de kilomètres. Une vision de l’enfer, et arriver à Ashford, minuscule localité aux portes du parc national, est un soulagement. Après l’auberge de jeunesse, nous avons jeté notre dévolu sur un petit chalet avec jacuzzi qui nous certes coûté un bras mais qui valait globalement le coup.

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Jour 10 : sentier Skyline

Si vous n’avez qu’un jour à passer au secteur Paradise du parc national du mont Rainier, je vous en conjure : faites le sentier Skyline Trail si vos jambes vous le permettent. Une rando qui tutoie le volcan du mont Rainier, avec une vue phénoménale sur la chaîne des Cascades, où nous avons rencontré plusieurs animaux sauvages.

Arrivés en fin de matinée au stationnement du secteur Paradise, nous sommes étonnés de la taille du parking et des infrastructures, et redoutons un peu un effet Disneyland compte tenu de la proximité avec Seattle. Nous maugréons déjà de voir un attroupement dès le début du sentier que nous visons, des touristes agglutinés sans raison particulière à 20 mètres des voitures. Un groupe touristique ?

Non, trois ours dans les myrtilliers. Trois ours dans les myrtilliers ??

(il faudra me croire sur parole car mes photos prises avec mon téléphone sont d’une nullité quasi-attendrissante)

Maman ourse et ses oursons ne semblent pas dérangés par la vingtaine de personnes affairées à les prendre en photo à quelques dizaines de mètres, et le garde qui veille au grain ne semble pas non plus inquiété. Ce sont des ours noirs, réputés paisibles et timides, et si ceux-ci sont visiblement accoutumés à l’humain, ils ne feront rien tant qu’on les laissera tranquilles. Nous nous contentons donc de couiner d’amour devant leurs oreilles qui dépassent des myrtilliers en attendant qu’ils nous laissent passer, des étoiles plein les yeux.

Mont Rainier National Park Skyline Trail randonnée

Le sentier monte assez raide mais il est large et bien tassé, clairement très fréquenté. Nous sommes un mardi d’arrière-saison, et nous ne serons jamais seuls, mais quel bonheur de prendre de l’altitude pour admirer à la fois les pentes et les glaciers du mont Rainier et les pics des Cascades qui nous entourent. Moi qui ai un peu perdu l’envie de randonneur au Nouveau-Brunswick faute de relief, je retrouve l’élan que me procurent toujours les montagnes, leur végétation, leurs parfums, leurs marmottes.

Leurs marmottes ?? Leurs marmottes. On en a croisé trois, trois adorables marmottes dodues pas vraiment dérangées non plus.

Mont Rainier parc national randonnées faciles secteur Paradise

Après le pique-nique passé à empêcher des tamias de nous piquer notre sandwich, je déclare que ce serait bien si après les ours et les marmottes, on pouvait voir une chèvre de montagne, je n’en ai jamais vu, des chèvres de montagne américaines.

Je baisse les yeux dans la pente et… une chèvre de montagne ?? Une chèvre de montagne.

La rando de l’année, je vous dis.

À part les animaux, on se nourrit de l’air frais, de l’odeur des sapins baumiers, des brumes dans la vallée, des torrents sur la pelouse alpine, de tout ce qui fait la beauté de l’altitude, et on se dit que vraiment, on a bien fait de venir aujourd’hui.

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Jour 11 : repos au chalet

Une journée de pluie, de lecture, de jacuzzi. Je relis quasi d’une traite Into Thin Air de Jon Krakauer, atroce compte-rendu réel d’une ascension à l’Everest qui a coûté la vie à douze personnes. Je profite du jacuzzi comme si c’était un travail à temps plein. J’écris des cartes postales. On mange des cochonneries, on squatte le plaid.

En fin d’après-midi, le temps se dégage vaguement et je fais une petite sortie pour prendre l’air : au pied du parc national, je fais la rando Trail of the shadows, un petit sentier instructif qui revient sur l’histoire des environs, parfait pour une balade par temps maussade.

Mont Rainier national park Longmire randonnée facile près de Seattle

Jour 12 : sentier Rampart Ridge

Le temps reste contrarié aujourd’hui mais j’y crois : la brume va se lever ! Nous partons donc faire la rando de Rampart Ridge, qui part à l’assaut d’une gigantesque coulée de lave avec la promesse d’un belvédère. Nous sommes relativement à l’abri de la pluie sous d’immenses arbres mais la brume n’a pas tellement l’air de se lever. Quant à la coulée de lave, elle est si gigantesque et ancienne que nos rêves de vulcanologie sont bien vite refroidis : nous ne verrons pas de lave en fusion aujourd’hui. En même temps, le mont Rainier n’a pas toussé depuis cinq cent ans.

Quant à la vue, disons poliment qu’elle était nuageuse.

Mont Rainier randonnée Rampart Ridge

Où dormir non loin du Mont Rainier

Altimeter Cabin : on a craqué le budget avec ce chalet à Ashford, à 5 minutes de l’entrée du parc national et 40 minutes du secteur Paradise. Chalet chaleureux avec jacuzzi dans un parc arboré privé, il avait presque tout.

Bonnes adresses au mont Rainier

Je ne suis navrée, je n’ai rien à vous mettre sous la dent puisque nous n’avons essayé aucun établissement, malgré la présence d’une pizzeria et d’un café-restaurant à quelques minutes de route de notre chalet. En revanche, je peux vous dire qu’il n’y a pas de supermarché digne de ce nom à Ashford Si vous louez un hébergement avec cuisine, je vous conseille de vous ravitailler en quittant Seattle. Nous avons fait le plein de victuailles entre Parkland et Spanaway, sur Pacific Avenue South.

 

Mont Rainier parc national secteur Longmire

Bref retour à Seattle

Jour 13 : retour à Seattle

Ayant mal calculé notre coup, nous devons rendre la voiture de location à 15 h ou payer une journée supplémentaire. À 200 dollars la journée, c’est un non retentissant. Nous décidons de rendre la voiture au plus tôt et de retourner à Seattle en transports en commun au lieu de nous morfondre dans notre hôtel d’aéroport alors qu’il fait grand beau. Nous n’arrivons pas en ville avant 13 heures mais nous sommes ravis d’être de retour pour une ultime petite visite. Etienne n’ayant pas vu la librairie à chats, nous en faisons notre objectif.

En chemin, un arrêt : le Starbucks Reserve. Starbucks est une entreprise née à Seattle et bien qu’elle représente désormais une énième multinationale prédatrice qui piétine autant les droits de ses travailleurs que les petits commerces, j’ai pensé que ce serait intéressant d’aller au plus grand Starbucks du monde… puisque c’est une entreprise locale ? Je ne sais pas si j’en suis fière. Toujours est-il que si vous avez moins d’états d’âme que moi, ce Starbucks est une sorte de Disneyland du café, entre des grandes baies vitrées qui montrent l’envers du décor (notamment depuis les toilettes !), des dégustations de cocktails au café, des grands crus du café… N’espérez pas y siroter un latte à la citrouille épicée : je me suis faite prendre de haut en commandant cette boisson d’automne ! Vous pourrez y boire de petites tasses de bon café au prix vertigineux de 8 $ (12 $CAD) dans une musique assourdissante et sous le nez d’un ballet incessant de touristes.

Starbucks Reserve Seattle

Nous poursuivons dans Capitol Hill : librairie à chats, balade au gré des parcs, flâneries jusqu’à retourner une ultime fois au Pier 62 pour nous affaler sur les fauteuils en bois que j’avais tant aimé. Le soleil est encore haut, nous apprécions le moment. Et soudain, un lion de mer. Un lion de mer ?? Un lion de mer. Nous le prenons comme un au revoir de la ville, sorte de dernier signe d’amitié de cette région qui nous a tant gâtés avec ses paysages et ses animaux. Nous sommes repus et contentés de ce voyage et rentrons à l’aéroport le cœur léger. Merci, Seattle !

Seattle PIer 62 bon plan gratuit

Où dormir non loin de l’aéroport de Seattle

  • La Quinta Seatac : à 10 minutes à pied de l’aéroport, l’hôtel d’affaires le moins cher de la zone, bien pratique pour prendre l’avion tôt le matin. Propre, tranquille, avec plein de fast-food à proximité. Si vous arrivez quand leur navette ne circule (de mémoire, de 11 à 16 h), demandez à ce qu’on vous déduise les frais de taxi de votre facture.

Mont Rainier Washington parc national Paradise randonnée incontournable Skyline trail

Ressources sur Seattle

Pour m’aider à préparer mon voyage, je me suis aidée des blogs suivants :

Que voir d’autre autour de Seattle

  • Une autre option de voyage sans voiture autour de Seattle serait de profiter des traversiers pour aller à Victoria (Canada), puis Vancouver, et revenir en car.
  • J’aurais tant aimé aller à la Péninsule Olympic qui semble phénoménale mais sans voiture, c’était compliqué.

Lectures sur Seattle

  • Where’d You Go, Bernadette, de Maria Semple (Bernadette a disparu, traduction de Carine Chichereau) : un roman de chick-lit assez barré sur une architecte misanthrope et ses problèmes avec sa fille ado de génie qui veut aller en Antarctique, ses voisines imbitables et son passé à secret…
  • Boneshaker, de Cherie Temple (Le siècle mécanique, traduction d’Agnès Bousteau) : au XIXe siècle, le Boneshaker a percé une poche de gaz gigantesque à Seattle. Petit hic : ce gaz tue et transforme en zombie, et Seattle est désormais coupée du monde dererière un mur qui protège du gaz mortel. Quand un ado cherche des réponses sur sa famille à Seattle, sa mère va devoir aller le secourir. Un roman d’aventures steampunk qui se laisse lire.

Et vous, connaissez-vous Seattle et ses environs ? Que me conseillez-vous pour ma prochaine visite ? Je vous attends dans les commentaires ! Oyez, oyez. Ce billet contient des liens affiliés. Voyage réalisé en septembre 2022.

Itinéraire de voyage de 15 jours Seattle Washington Etats-Unis Que faire autour de Seattle Washington Mon voyage de 15 jours autour de Seattle

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3 thoughts on “ÉTATS-UNIS // 15 jours autour de Seattle”

  1. Ah, toute la côte ouest nord-américaine me fait rêver, et c’est super que vous ayez eu une si bonne occasion d’aller à Seattle. Ce n’est sûrement pas la ville où j’irais en priorité, mais je crois que ça me plairait beaucoup. Ces 15 jours avaient l’air géniaux en tout cas. Et grâce à ton article, je découvre ce qu’est un tamia ! (En photo ça a l’air fort mignon, mais je comprends qu’en réalité ça ne l’est pas tant que ça…)

    1. Audrey

      Le placement de ma photo doit être ambigu car c’est bien une marmotte et non un tamia, sorte d’écureuil rayé qui est très vif pour venir nous piquer le sandwich des mains. La marmotte sur la photo devait faire la taille de Vitaa, c’était un gros morceau !

  2. Les sites naturels alentours ont l’air très beaux, et tous ces animaux, ça donne envie ! 🙂

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