GUATEMALA // Antigua : premières impressions et fiche pratique

Lors de mes voyages, j’attends normalement d’être rentrée pour publier des chroniques, mais je ne peux pas résister à l’envie de vous mettre un peu dans l’ambiance avec moi dès maintenant. Les premiers instants d’un voyage sont si précieux et uniques qu’il serait dommage de les laisser filer, non ?

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Antigua Guatemala, où j’ai mes quartiers en ce joli mois de novembre, est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979. Pour ceux qui ne parlent pas espagnol, comme moi, « Antigua Guatemala » signifie « l’antique Guatemala », et fut la troisième capitale guatémaltèque. La ville est constellée de ruines du tremblement de terre de 1773. Pas une rue, une allée ou un coin de rue qui ne comporte son église dévastée, laissée en l’état.

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Antigua, c’est une ville de couleurs, bien entretenue, comme une jolie vitrine du pays. Les couleurs sont chaudes principalement, le jaune et l’ocre des façades faisant écho au soleil printanier de ce mois de novembre, où le pays respire après la saison des pluies. Les bougainvillées sont de sortie, et décorent de fuchsia de nombreux murs dont on ne percera pas les secrets.

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Tout juste peut-on apercevoir quelques patios au détour de la porte ouverte d’une maison ou plus souvent, d’un hôtel. Les cafés et restaurants sont bien souvent organisés autour de ces petites cours d’une fraîcheur adorable, souvent avec une fontaine reposante. La présence d’un patio est un critère essentiel de choix pour les cafés que je fréquente, plus que le contenu du menu ou les prix. J’adore ces minuscules havres de paix où des colibris viennent butiner les plantes en pot, oasis dans la ville minérale.

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La ville est entièrement composée de pavés, dangereux monstres de pierre centenaires sur lesquels vient s’écraser tout espoir de marcher en sandales. Inégaux, vacillants, traîtres, ils semblent mener une guerre ouverte contre les orteils, qui ne manquent pas de revenir brutalement à la réalité : Antigua n’a pas été faite pour y marcher d’un pas léger. C’est un pas assuré, terrestre et bien planté qu’il faut adopter, et non le pas étourdi de celui qui marche le nez en l’air. Combien de fois la dureté de la vie s’est-elle rappelée à moi par le biais des pavés antiques ?

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Antigua est entourée de volcans, et on en voit au moins trois depuis ses pavés, menant à des conflits d’intérêts : la sauvegarde de ses orteils ou le bonheur de marcher en contemplant un authentique volcan en activité ? Le Fuego tousse des cendres à intervalles réguliers et gronde la nuit de manière inquiétante pour qui n’a passé sa vie sous un volcan. On raconte qu’on pourrait même voir des fontaines de lave la nuit… L’Acatenango, son grand frère, regarde ses frasques d’un air paisible, ou blasé, ou indifférent. C’est dur de dire quel est l’air d’un volcan. Enfin, l’Agua, grand-papa de tous les volcans et point culminant des environs, écrase la ville par sa présence. À 30 km d’Antigua, il domine la ville comme un raz-de-marée vert, souvent la tête littéralement dans les nuages, mais nous faisant la grâce de sa présence de bon matin. J’aime ce volcan qui nous donne de la perspective, autant photographique que métaphorique.

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Antigua, c’est aussi une ville où les gens se disent bonjour dans la rue, même à moi, grande touriste toute blanche. Une ville où les tenues sont colorées, où les femmes en huipiles ne sont pas rares, et pas que pour la déco. Une ville qui peut sembler un ghetto à touristes mais qui est vivante quand on gratte un peu et qu’on s’éloigne du Parque Central, de ses boutiques de souvenirs et de ses restaurants hors de prix ; à quelques pâtés de maison de là, c’est toute l’effervescence d’une petite ville, avec son marché aux légumes, aux vêtements, ses cireurs de chaussures, ses vieux qui vendent des fruits non identifiés, toute la pauvreté aussi.

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Antigua est une ville relativement sûre, qui attire néanmoins une faune peu recommandable : celle des pickpockets alléchés par la manne touristique, alors que le salaire journalier équivaut au prix d’un café de gringo. C’est ainsi que j’ai vu une bande de préados me filer avant de s’en prendre à une touristique asiatique de bon matin, et depuis, je laisse mon passeport et mon argent à l’hôtel.

Bref, Antigua Guatemala, c’est une vision un peu édulcorée de ce que je pense être le Guatemala, une vision destinée aux étrangers, mais malgré tout une vision qui me ravit pour l’instant, par ses couleurs et ses volcans, son histoire et ses secrets, une ville que je me réjouis d’apprendre à connaître pendant les deux semaines à venir.

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C’est où ?

Bon voyage

Depuis Montréal, vol avec escale à Miami sur American Airlines, 500 $ hors saison.

Depuis l’Europe, je vous conseille de prendre aussi un vol vers Miami, puis un vol bon marché à destination de Guatemala City. À partir de 560 € avec une escale.

Depuis l’aéroport, des navettes communes relient Antigua pour 10 $. Sinon, comptez 25-30 $ pour un taxi, quel que soit le nombre de personnes. La circulation est atroce à Guatemala City, et il faut une heure trente pour relier Antigua, à 40 km de là, quand ça « roule », voire deux heures en période de pointe.

Bonne nuit

Casa del Sol, Callejon del Sol 5A

Une auberge de jeunesse pour les vieux jeunes comme moi : huit chambres, toutes individuelles, avec cuisine et sanitaires communs. Un établissement minuscule sans réception, sans chichis, sans fêtards. Ma chambre est propre et amplement suffisante, la cuisine est bien équipée, tout est briqué quotidiennement. Juste en face des ruines de Santo Domingo, à 5-10 minutes à pied du Parque Central et 15 minutes du marché.

À voir sur AirBnb, comptez 10 € la nuit. Pour une chambre privée, qui dit mieux ?

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Bon appétit

Une chronique entière à venir sur les bizzareries curiosités délices que je me fais un plaisir de découvrir !

Bon travail

Pour les nomades digitaux, Impact Hub est un lieu fantastique. Pour une centaine d’euros mensuels, tu bénéficies d’un espace de coworking avec des entrepreneurs guatémaltèques et étrangers, où on parle autant espagnol qu’anglais. Le patio est formidable, et la terrasse sur le toit encore plus !
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Devise

Le quetzal. En novembre 2016, 80 quetzal valaient 10 $US. On peut changer des dollars américains et des euros dans toutes les banques ; pour les dollars canadiens, il faut aller au bureau de change sur la 5a avenida.

Toutes les ressources en ligne mettent en garde contre les retraits à banque BAC sur le Parque central – en 2011 en tout cas, le guichet était piraté. N’ayant pas envie de savoir si c’est toujours le cas aujourd’hui [EDIT de novembre 2016 : c’est toujours le cas : des copains australiens ont été piratés à l’un des guichets de la place], j’ai retiré de l’argent au magasin de jade sur la 4a calle : le distributeur est à l’intérieur. De manière générale, changez/retirez votre argent à l’aéroport, et s’il vous faut retirer en cours de route, privilégiez les distributeurs à l’intérieur des établissements.

 

Et toi, tu es déjà allé à Antigua Guatemala ? Tu as aimé ? Tu as des tuyaux à me donner, tant que je suis sur place ? Je t’attends dans les commentaires !

 

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4 thoughts on “GUATEMALA // Antigua : premières impressions et fiche pratique

  1. super article; ça donne vraiment envie !

    1. Audrey

      Merci Justine ! Le Guatemala est certes loin, mais il compte tellement de sites intéressants que je me demande pourquoi il n’est pas aussi réputé que ses voisins le Mexique et le Costa Rica.

  2. Nope jamais été, mais la partie nomade digitaux m’intéresse fortement 😉

    1. Audrey

      Je vais sûrement en faire une chronique entière tellement l’espace de travail partagé est chouette, et la ville accueillante pour les expats !

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