Retaper son van – épisode 1, bien choisir son van

Après la petite mise en jambe où je t’indiquais assez succinctement que j’avais fait une folie et acheté un van, rentrons dans le vif du sujet. Je te propose un feuilleton sur l’évolution de mon van, avec des vrais bricolages, de la sueur, des efforts, des vrais doutes comme à la Star’Ac, bref tous les ingrédients pour une saga haletante.

Et pour commencer, je me suis dit que ce serait intéressant de commencer avant même la retape : comment on trouve un van ? Combien ça coûte ? À quoi faire attention ?

Le budget

Vivre dans son van et ne plus payer de loyer, d’électricité, de connexion Internet : un projet qui fait rêver… Jusqu’à ce qu’on se rende compte du prix des véhicules neufs. Je ne peux parler ici que pour le Canada, mais sachez que pour un Ford Transit neuf, il faut compter la bagatelle de 42 000 dollars. Ah oui quand même. Et un mini camping-car, sinon ? Disons, un Pleasure Way Lexor Pro Master, pour deux personnes. Vous dites ? 89 000 $ ? Oui… mais non.

Sitôt ces désillusions avalées, on peut se tourner vers ce par quoi on aurait dû commencer : le marché de l’occasion. Au Canada, c’est Kijiji le roi ; en France, ce sera Le Bon Coin.

Ton lieu de vie et ton envie de faire X heures de route pour aller chercher ton véhicule vont beaucoup influencer ta décision : à Montréal, il pleut presque littéralement des vans ; à Halifax, le choix est modéré ; à Moncton, il est quasi-nul. Tout au plus une dizaine d’annonces de fourgons professionnels, un ou deux vans à proprement parler (je distingue le « fourgon » qui est une grosse camionnette professionnelle du « van », conçu dès le départ comme un véhicule récréatif).

J’ai donc élargi assez vite mes recherches à toute la province, sachant malgré tout que s’il me fallait monter à Campbellton ou Edmunston, à plus de quatre heures de route, j’aurais été bien embêtée.

Et pour le budget, je voulais y consacrer 5 000 $ (3500 €) au maximum comme investissement initial. À ce prix-là, on a un van  avec minimum 250 000 kilomètres, généralement de 20 ans et plus, plus ou moins bien entretenu, ou un fourgon un peu plus récent. Pour environ 8 000 $, on commence à tomber dans des véhicules plus gros, avec moins de kilomètres au compteur et/ou en meilleur état global. Et à partir de 15 000 $, c’est la folie, des véhicules superbes, tout équipés, voire des Combi Volkswagen de collection, mais clairement ce n’était pas la galaxie que je visais.

Les recherches

J’ai visité en tout et pour tout deux véhicules :

  • un Ford Econoline de 1978 couleur « crotte de mammouth » intérieur-extérieur, 400 000 km et des brouettes. Un petit monstre imposant qu’on nous proposait pour 7 500 $. Clairement hors budget, mais en négociant un peu… Le véhicule est grand, Etienne peut s’y tenir debout du haut de son 1 m 92. Le tableau de bord est en bon état, la carrosserie aussi. Mais plusieurs hics : la propriétaire n’est pas très disposée à lever le petit doigt pour qu’on inspecte le véhicule dans les meilleures conditions (nous avons dû dégager nous-même le tas de fouillis qui cachait l’avant de la carrosserie dans le garage) et quoi qu’il en soit, le van ne démarre pas. Pas de démarrage, pas de vente : je veux pouvoir conduire la bête avant de l’acheter, surtout à ce prix-là.
  • un GMC Vandura de 1990, désormais passé à la postérité sous le nom « JCVD ». Tout sale, tout rouillé, tout mignon. Bien plus petit que l’Econoline, il reste haut (Etienne peut presque s’y tenir de toute sa hauteur), j’ai pu le conduire et constater l’absence de bruits étranges) et honnêtement… j’adore son look d’enfant illégitime entre une Twingo et un pot de yaourt géant. Oh, et il m’a coûté 2 500 $, ce qui laisse une enveloppe confortable pour les travaux. Parce qu’il va y en avoir, croyez-moi.

Conseil pour l’achat

Tes exigences vont varier selon ton degré de bricolitude (oui madame, de bricolitude), ton envie de mettre les mains dans le cambouis.

Dans tous les cas, vérifie :

  • que le moteur démarre (DUH)
  • l’état des pneus, des freins, le bruit du moteur, les voyants. En cas de doute, demande au proprio ce qui ne va pas. Pourquoi ça ne va pas. N’aie pas peur de jouer les ingénu.e.s. Si tu t’y connais c’est encore mieux de jouer les ingénus, car tu pourras voir si le vendeur te mène en bateau.
  • l’état de la carrosserie : si elle est rouillée en surface, ça passe. Si elle a des petits trous, ça peut se réparer. Si elle est bouffée par la rouille, passe ton chemin illico. La rouille est d’ailleurs bien souvent le témoin de l’entretien global du véhicule : si le proprio a laissé un trou gros comme le poing se former sur le plancher, je suis prête à parier qu’il n’a pas vraiment entretenu son moteur.
  • les commandes : les vitres, les feux, le compteur kilométrique, la radio, la clim, le klaxon, les essuie-glaces… tout ça doit marcher. Ou du moins, ce qui est important : pour moi, si le véhicule avait la clim, peut importe qu’elle fonctionne ou pas. En revanche, les feux, c’est plus gênant.
  • l’état du pare-brise, l’état des sièges. Demande au proprio s’il a du matériel supplémentaire (un lot de pneus ou de jantes) à inclure dans le prix. Pour nous, nous avons négocié un pare-brise neuf pour remplacer celui en place, légèrement fêlé.
  • demande au proprio pourquoi il se sépare de son véhicule. S’il a les factures d’entretien. Au Canada, on peut aussi demander le rapport Carproof, qui indique les historiques d’accident, utile pour savoir s’il y a eu des dégâts structurels. Les factures sont aussi utiles pour savoir quand a été remplacée la batterie (durée de vie : 5 ans), la courroie, les plaquettes de frein et toutes ces petites choses qui viendront un jour ou l’autre grever tes finances. Si tu peux éviter les dépenses d’un coup, c’est mieux.
  • très important au Canada : demande s’il y a un « lien » en cours sur le véhicule : si le véhicule est toujours sous le coup d’un prêt bancaire. C’est important car si le proprio te le vend et ne rembourse pas sa dette… la banque pourrait saisir ton nouveau joujou. Et ça, ce serait moche.
  • Au Canada, le contrôle technique n’est pas obligatoire immédiatement avant la vente ; en revanche, de ce que j’ai compris, le véhicule doit avoir une visite en cours de validité (ici, on fait le contrôle technique tous les ans).

Autres choses à penser

  • si tu veux transformer ton van, aie déjà en tête ce que tu aimerais faire avec : transporter des vélos ? Avoir un lit deux places permanent ? Installer des panneaux solaires ? Tous les véhicules ne se prêtent pas à toutes les configurations. Par exemple, JCVD a d’immenses fenêtres : super pour la luminosité, mais un peu casse-pied pour savoir où placer le lit et les étagères sans trop rogner.
  • es-tu à l’aise avec un van où il est évident que quelqu’un dort dedans, ou préfères-tu convertir un fourgon qui restera plus passe-partout ?
  • pour le kilométrage, c’est vraiment toi qui vois. Dans mon budget, je n’avais rien de raisonnable, et finalement entre 250 000 et 300 000 kilomètres, y a-t-il une réelle différence ? L’important c’est surtout l’entretien du moteur. Il paraît cependant que les moteurs diesel sont plus résistants (et tu pourrais alors appeler ton van VAN DIESEL. Ne me remercie pas) mais évidemment plus polluants.
  • En parlant de consommation d’essence… Bon. J’habite au Canada. Tous les véhicules sont polluants. Je me console en me disant qu’une nuit d’hôtel en moins, c’est autant de serviettes/draps de lavés, autant d’air conditionné que je n’aurai pas utilisé, qu’il y a peut-être un gain écologique à ce niveau. Mais c’est certain que JCVD consomme.

Négocier son véhicule

Je pense que personne ne s’attend à payer le prix annoncé, pas même le proprio. Une marge de négociation est prévue, et elle est souvent conséquente : pour un prix annoncé de 2500 $, nous aurions pu en finir à 2000 $. Nous avons préféré négocier différemment : on est restés à 2500 $, mais le proprio-bricolo nous remplaçait le pare-brise fêlé, remettait le tableau de bord qui se tournait les pouces à l’arrière, passait le contrôle technique et remettait un peu le van en état – autant de choses qui, si on les avait faites nous-mêmes, nous auraient coûté bien plus que 500 $ et nous auraient sans cassé les pieds.

Mais je recommande cette approche uniquement si tu es certaine que le proprio va bien faire les travaux. Dans le doute, consigne tout par écrit de façon absolument explicite. À un moment, j’ai cru qu’on était en train de se faire arnaquer, parce que le type traînait la patte, enchaînait les galères avec le pare-brise, bref au lieu d’une semaine, il nous a fait poireauter un mois. Est-ce que ça en valait le coup ? Pas forcément. Mais c’est fait, et me voici prête à retaper ce qui sera, sans aucun doute, un petit bijou de technologie après être passée entre mes mains expertes (c’est du sarcasme, hein).

Voilà ! Si tu as d’autres conseils pour l’achat d’un van ou d’un véhicule pour voyager en général, je t’attends dans les commentaires !

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7 thoughts on “Retaper son van – épisode 1, bien choisir son van

  1. VAN DIESEL!! Non!! Tu oses tout.
    Il est mignon comme tout JCVD. Nous aussi on a opté pour un van avec fenêtres, c’est vraiment sympa quand tu as une journée de pluie dans la Meuse (ou le Nouveau-Brunswick, c’est kif kif) plutôt que d’être enfermé dans ton fourgon aveugle. Pour le lit du coup on a une banquette pliante et puis les étagères viennent au-dessus des fenêtres.

    1. Audrey

      Je te raconte pas le brainstorming de folie pour trouver le nom du vanounet (qui a aussi failli s’appeler Vanina-a-a-aaaaa-a-a-a-a) ! Je m’en voudrais de ne pas faire profiter le monde entier des idées géniales qui ont jailli ce jour-là.
      L’idée d’avoir un utilitaire aveugle était tentante pour le côté passe-partout, et puis je me suis dit que le but du voyage en van, c’était aussi de s’en mettre plein la vue et de se réveiller avec les p’tits zoziaux (ou la pluie) aux fenêtres. Je vais retourner voir votre agencement, surtout qu’on a la même configuration familiale (couple + chien) (oui parce qu’il faut aussi factoriser le chien dans tout ça : où va le monstre baveux couvert de boue quand on rentre de promenade ? Pas sur le lit, oh ça non).

  2. ralala à cause de vous on a passé une soirée a regarder les picks ups amménageables ! je ne te dis pas merci 🙂
    J’ai hâte d’en voir plus sur cette restauration !

    1. Audrey

      On trouve des pick-ups en France ? Je ne savais pas. Même pas honte de te transmettre le virus de la route… je crois qu’il y avait déjà un terreau fertile chez toi de toute façon 😉

  3. C’est un de mes rêves d’avoir un van ou une voiture plus grande que la mienne, de le / la retaper et de parcourir l’Europe comme ça 😀

    1. Audrey

      Y a plus qu’à ! Je suis sûre qu’avec un monospace bien aménagé, tu peux déjà être assez autonome !

  4. […] avoir vu comment j’avais acheté mon vanounet, nous voici prêt.e.s à enchaîner sur les articles bien techniques sur la […]

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