ÉGYPTE // Une semaine de kitesurf

Sais-tu que voyager en hôtel-club n’est pas forcément synonyme de crêpe sur la serviette, de farniente et de danses pouet-pouet à la façon des Bronzés ? J’avais de gros a priori sur les vacances en hôtel-club et si on peut dire que je ne suis pas fan des animations typiques de ce type d’hébergement, les hôtels-clubs proposent aussi d’autres formules qui plaisent davantage à mon petit cœur d’aventurière.

Enfin, au petit cœur d’aventurier d’Etienne, qui a passé une semaine à bouffer du sel, du sable et de la sueur sur son kite-surf en Égypte en 2011. En parfait contre-exemple à mes propos, je me suis contentée d’une semaine de spa et découverte des alentours.

Nous y sommes allés à un moment un peu particulier : en septembre 2011. Juste après la Révolution du 25 janvier. Avant le Mouvement protestataire de juin-juillet 2013. L’hôtel était vide. Les sites touristiques étaient vides. Le pays était vide.

Ambiance étrange d’un pays où personne ne semblait vouloir mettre les pieds. Nous avons choisi une destination sur la Mer Rouge, loin de Sharm el-Sheikh, alors classé « zone rouge » par le Ministère des affaires étrangères. Le calme était total, en tout cas dans notre complexe hôtelier, que l’ambiance semblait presque suspendue. Nous ne savons pas ce qu’il en était du reste du pays, coincé comme nous étions entre mer et désert, à des centaines de kilomètres du feu de l’action.

À vrai dire, nous ne sommes que peu sortis de notre enclave dorée, oasis-prison pour touristes majoritairement occidentaux (et parfois orientaux), dont on ne s’échappait que difficilement : bien sûr, les transports en commun étaient possibles, mais qui aurait osé prendre le bus local sans parler ni lire l’arabe ? Pour sortir, il fallait en passer par un chauffeur ou un car organisé par l’hôtel, à grands frais.

Je suis toutefois allée une journée à Louksor, car je ne voulais pas rater ses merveilles, et une demi-journée à Hurghada, pour changer un peu de la routine baignade-sieste-déjeuner-sieste-massage-apéro, qui fonctionne très bien trois jours mais a eu tendance à me lasser un peu sur la fin.

Ce séjour était toutefois varié pour tout le monde, et voici un aperçu de nos activités :

Kite-surf

La raison d’être du séjour ! Etienne et son ami Pascal ont eu la joie d’apprendre les bases du kite-surf au club Nathalie Simon Safaga. Et laissez-moi vous dire qu’ils en ont bouffé, de la vague, de l’écume, du sel, de la sueur, du sang et des coups de soleil. Safaga est un lieu où il fait venteux et ensoleillé environ 360 jours par an, conditions idéales pour une semaine de kite-surf non-stop.

Sur une île à 15 minutes de Zodiac de la côte, nos deux débutants ont vu la sécurité, le décollage, la fenêtre de vol. Ils ont même décollé un peu, même si l’immense majorité du temps était passé dans l’eau, à faire travailler les biscotos pour manier la voile. Avec la femme de Pascal, Audrey, nous sommes allées les voir en action une après-midi, mais sinon ce qui se passait sur cette île restait sur cette île. Si tu me demandes de deviner, j’imagine qu’il devait y avoir beaucoup de jurons, assez de chutes pour un Best Of de Vidéo-Gag et beaucoup d’acharnement, car pour rester une semaine le nez dans l’eau salée, il faut quand même un minimum de hargne. À la fin de la semaine, Etienne parvenait à prendre le vent en ligne droite, mais pas à virer de bord… C’est quand même impressionnant ! Je les salue tous les deux !

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(bon ça c’est le mono hein)

Planche à voile

De son côté, Audrey a touché aux bases de la planche à voile. Elle en a bavé elle aussi (à croire que c’est la base quand on débute un sport !) mais vues de la rive, sa maîtrise était impressionnante ! Je n’ai pas de photo mais la planche à voile se passait juste à côté de l’hôtel, dans des eaux peu profondes.

Spa

Kite-surf, planche à voile, c’est bien beau tout ça, mais à l’époque, je n’étais pas très sportive. Maintenant non plus, tu me diras. Mais alors, encore moins à l’époque. Rien que de courir 2 km… et bien rien, parce que je ne pouvais pas courir deux kilomètres. Alors une semaine à boire la tasse salée, merci bien.

J’ai donc choisi l’option « papouillages et crustacés », autrement dit : un soin et massage par jour. En vrai, j’ai eu droit à quatre soins et massages en une semaine, mais c’est déjà plus qu’en une année entière, on ne va pas se plaindre.

J’aimerais insister sur les différences culturelles en termes de massage, parce qu’on n’en parle pas assez. Là où en Occident, on t’effleure à peine – à la limite du chatouillis, si tu veux mon avis – en Égypte, les masseuses ne rigolaient pas. Tu as des nœuds dans le dos ? On va te dénouer tout ça AU ROULEAU COMPRESSEUR. Une petite tension dans les cervicales ? ON SORT L’ARTILLERIE LOURDE.

Disons que je suis ressortie parfaitement détendue de ces massages, mais avec quelques douleurs qui n’étaient pas là au départ… Haha… ha… aïe. (non j’en rajoute mais en vrai j’ai adoré)

Snorkelling (plongée avec masque et tuba)

Nous sommes allés faire coucou aux p’tits poissons le temps d’une heure ou deux à plonger en apnée. Ou plutôt, à barboter au ras de l’eau sans oser plonger de peur de boire la tasse. Le spectacle est magnifique mais pour autant, je n’arrive pas à envisager la plongée avec masque et bouteilles comme quelque chose d’agréable.

Visite à la vallée des Rois et Louksor

Louksor est à la bagatelle de six heures de route de Safaga, mais quand on sait pas quand on reviendra… ou si on reviendra… et bien on y va ! En tout cas, moi, dans ce cas de figure, je n’hésite pas (voir notre voyage en Grèce pour une illustration de ce concept poussé à l’extrême).

Le trajet en bus n’était pas long. Nous opérons une traversée littérale du désert, à travers les montagnes si arides qu’on aimerait leur donner à boire. Les couleurs si vives sur le bord de la Mer Rouge font place à un tableau monochrome. Ocre la terre, ocre les montagnes, ocre le ciel même, taché de poussière qui gomme le bleu. En comparaison, la vallée du Nil est d’un vert tapageur, irréel tant il tranche sur le reste du pays. On a beau avoir entendu, lu partout que cette vallée est fertile, il faut l’avoir vue pour savoir de quoi il retourne. La vallée est une longue oasis où la vie s’arrête aux confins de l’irrigation. On passe de la verdure au désert en un pas ; pas de demi-mesure.

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Les tombeaux de la Vallée des Rois. Au-delà, photos interdites. Les tombeaux des Ramsès nous contemplent de plusieurs millénaires, nous retenons notre souffle.

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Louksor, ville mythique, Agatha Christie, Napoléon, tout ça… Nous irons seulement aux temples les plus célèbres, nous et une poignée d’autres touristes. Le site est à nous alors qu’avant, on s’y piétinait. Les vendeurs de souvenirs fondent sur nous en grappes, c’est le revers de la médaille. Mais à part ça, on se perd dans les colonnades sans croiser âme qui vive, et on se prend à rêver d’Antiquité, de pharaons, on repense à tous les Christian Jacq qu’on a lu à 13 ans. Et à Astérix et Cléopâtre, aussi, parce qu’on ne peut pas rester sérieux deux minutes.

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Visite à Hurghada

J’ai fait un caprice : je voulais aller à la librairie étrangère d’Hurghada. Voilà. Parce qu’à l’époque, je mettais un point d’honneur à ne ramener qu’un seul type de souvenir : une oeuvre de la littérature du pays en question. J’en ai profité pour aller au marché et pour aller voir l’église copte d’Hurghada, qui m’intéressait pour son architecture.

Moment de solitude dans la voiture affrétée par l’hôtel : « quel intérêt d’aller voir les Égyptiens acheter leurs patates », me demande le chauffeur. Je n’ai pas trouvé de réponse, mortifiée à l’idée qu’il pense que je voie le marché comme un zoo humain… Et en même temps : aurait-il eu tort ?

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C’est où ?

Bon voyage

Pour une fois, nous sommes passés par une agence : Sport Away (désormais Fun & Fly). Le voyage était encore à ses balbutiements et nous avons quelques mots avec l’agence, qui a cependant fait preuve de réactivité et de bonne volonté pour accéder à nos demandes (bien fondées).

Le forfait contenait les vols (Paris-Orly -> Hurghada avec Transavia), les transferts de/vers l’aéroport, les visas, l’hébergement, la demi-pension et 8 à 9 h de windsurf/kitesurf et 3 heures de massages, pour 775 euros par personne ! Honnêtement, vu le prix et la qualité des prestations, on savait qu’on passait juste après la révolution arabe…

Bonne nuit

Nous étions au Ménaville Safaga, dans une zone hôtelière à 50 km d’Hurghada et 180 km de Louksor. Nous avions une chambre supérieure avec vue sur la mer et petite terrasse, tout était super au niveau de l’hébergement. Les lits étaient des lits simples mais honnêtement… on dort bien mieux dans un lit simple qu’à deux en lit double !

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Bon appétit 

Nous mangions au restaurant de l’hôtel-club, rien à signaler ici. Pour sortir, il y a un café et un restaurant juste en face de l’hôtel.

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Et toi, tu es allée dans un hôtel club ou en Égypte ? Quelles ont été tes impressions ? Je t’attends dans les commentaires 🙂 

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One thought on “ÉGYPTE // Une semaine de kitesurf

  1. […] fait par et pour les étrangers, aussi artificiel qu’un club de vacances sur les côtes de la Mer rouge. Pour autant, j’étais […]

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