ITALIE // Les Cinque Terre et la Côte ligure

Quand on est jeune, on fait parfois des choses folles, et on en garde un souvenir ému. En 2003, avec ma meilleure amie, on avait de grands projets. Grandes admiratrices des épopées de Sylvain Tesson et Nicolas Poussin autour du monde, nous voulions les imiter, et avions prévu une trans-asiatique à vélo le long de l’océan Pacifique [sans jamais avoir fait plus de 10 km de vélo d’une traite, mais ça c’est une autre histoire…].

Mais à l’époque, nous avions 18 ans, et il fallait bien commencer par quelque chose. Nous avons décidé d’aller randonner le long de la côté Ligure, avec nos sacs à dos, notre tente et notre enthousiasme naïf.

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Le périple a commencé à Pise, à neuf heures de train d’Evian. Qu’elles nous ont parues longues, ces neuf heures… J’en ris aux larmes désormais, quand on sait que j’ai déjà fait des trajets allant de 17 à 47 heures en train, depuis. Mais à l’époque, pas de wifi embarqué, pas de prises pour brancher un ordinateur portable – avait-on des ordinateurs portables, d’ailleurs ?, rien que le paysage pour nous distraire. Et nos paquets de chips, parce que quand on s’ennuie, on a faim.

Le trajet en train est superbe, surtout la traversée des Alpes. Nous avons une correspondance à Turin, et en profitons pour visiter brièvement la ville, chargées comme des mulets avec nos sacs préparés comme des débutantes. Trois paires de chaussures ? Plusieurs jupes ? Plusieurs shorts ? Je suis à peu près sûre que je devais aussi avoir plusieurs livres. C’est en faisant des erreurs qu’on apprend… même si c’est au détriment de nos épaules !

L’arrivée à Pise est un grand soulagement. Nous posons nos affaires au couvent où nous dormons, et allons visiter la ville. La tour est incroyable. La vue depuis en haut aussi. Tout le site. Les rues si animées. Les glaces, mamma mia. J’aimerais pouvoir vous montrer ces photos mais elles dorment bien au chaud dans un album chez ma mère. Une autre fois. Je suis probablement une blogueuse en mousse mais il ne me reste que trois photos… mais quelles photos ! Toutes trois prises dans les Cinque Terre.

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Après Pise, nous partons arpenter le chemin proverbial au départ de Viareggio. Notre ambition : remonter la côte jusqu’à Gênes. Le projet est évidemment ambitieux, et nous sommes conscientes de nos limites : ce sera une alternance de marche et de train.

Nous enquillons 10 à 15 km par jour, mon sac à dos est bien trop lourd, il fait une chaleur épouvantable au mois de juin… mais que de bons souvenirs ! Nous nous disputons à qui portera la tente, nous papotons sans fin, nous allons nous baigner dans des criques désertes, nous savourons les brefs retours à la civilisation, à La Spezia notamment, où le confort d’un matelas d’auberge de jeunesse n’a rien à envier à celui d’un cinq étoiles.

Nous prenons parfois le train, faisons du stop, nous nous perdons, apprenons des mots salvateurs en italien (qui eut cru qu’après six ans d’italien, j’ignorais l’existence du mot « campeggio » – camping ?).

Nous nous arrêtons devant la beauté d’un camping en bord de mer, y restons plus longtemps que prévu pour recharger nos batteries. Nous arpentons les Cinque Terre, allons à Portovenere, Portofino, quadrillons la côte Ligure par tous les moyens, marchant souvent le long des routes, parfois dans des petits chemins, sans trop savoir où nous allons, tombons sur des trésors de petits villages. Je ne suis même pas certaine qu’on avait une carte routière… on gardait la mer à portée de vue, sur la gauche, il suffisait d’avancer à vue.

Et enfin nous rentrons, épuisées, au bord de la ruine (il restait 27 euros sur mon compte en banque – je m’en souviens encore !), mais avec l’impression de nous être dépassées physiquement, et de nous être libérées mentalement. Ce voyage, l’un des premiers que j’aie fait sans ma famille, restera une référence dans ma mythologie du voyage, un voyage fondateur, le voyage de l’émancipation dans une liberté absolue.

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C’est où ?

Bien voyager

On peut accéder à cette partie de l’Italie suite à un long voyage en train depuis la région Rhône-Alpes, en passant par Chambéry.

Bien manger

Haha ! Je ris. Nous n’avons mangé que des pâtes à la sauce tomate sur notre réchaud de camping. Rien à voir ici, circulez !

Bien dormir

Ici aussi, le camping était le maître mot. Nous avions dormi chez des sœurs à Pise, dans une auberge de jeunesse à La Spezia, mais treize ans après, impossible de retrouver les noms.

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