ISLANDE // Road-trip et camping

En 2007, Etienne et moi sommes ensemble depuis deux ans. Et pourtant, nous n’avions pas encore fait de voyage tous les deux. On était bien allés trois jours vers les lacs italiens. Il était bien venu me voir pendant mon année d’études en Nouvelle-Zélande. Sans oublier qu’on s’était rencontrés en Australie.

Et pourtant, pas de voyage où on serait partis plus d’un week-end tous les deux.

C’est pour ça qu’on avait une sacrée pression, pour ce premier voyage. Il ne fallait pas se rater. On avait beau vivre ensemble, cela pouvait tout remettre en cause. Et si on était incompatibles pour les voyages ? Vers 2013, on se rendrait effectivement compte qu’on n’avait pas forcément les mêmes envies à l’étranger, mais en 2007, il fallait frapper fort.

L’Irlande ? La Finlande ? La Suède ? Monsieur est allergique à la chaleur, il nous faut un pays bien haut, en direction du pôle Nord.

Après quelques discussions, on se rend compte qu’on rêve tous les deux d’un même pays.

L’Islande.

Et laisse-moi te dire qu’en 2007, l’Islande était à peu près aussi courue que disons, le Groenland, et qu’encore personne de notre entourage proche ou éloigné n’y avait mis les pieds. On pourrait dire que maintenant, l’Islande, c’est surfait, mais on n’est pas des hipsters non plus.

Bref, l’Islande. L’Islande. Ça nous démangeait. Ça nous semblait fou aussi, parce que quand on est étudiant, on part en vacances à la Grande-Motte, dans le Lubéron, ou à la rigueur en Corse. On ne va pas en Islande.

Mais quand on a creusé, on n’a rien vu qui nous interdisait formellement d’y aller. Trois heures de vol au départ de Paris avec Wow Air, une compagnie low cost, donc pas de dépassement de budget. Un pays qui se prête bien à un tour en voiture… littéralement : il n’y a qu’une route qui fait le tour de l’île. Donc facile de s’y déplacer. Plein de campings partout. Des gens qui parlent mieux anglais que nous. Des moutons, pour ne pas me dépayser, moi qui rentrais d’un an en Nouvelle-Zélande.

Et on a sauté le pas, alors que ça semblait fou à tout le monde, justement parce que ça semblait fou à tout le monde. À commencer par nous.

Et c’est parti pour ce qui reste encore aujourd’hui l’un de nos meilleurs souvenirs de voyage.

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L’arrivée dans les champs de lave est épique. On se brûle la rétine en entamant la route, et on se brûle (un peu) la peau en plongeant dans les eaux littéralement bouillantes du Blue Lagoon en descendant de l’avion.

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On file au village de Vik, avec sa plage de sable noir et sa station service/musée/restaurant/poste/pub/mairie/office de tourisme. Ce ne sera pas le seule village à posséder son bâtiment centralisant toutes les commodités. ON en rigole encore.

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On croise des villages au nom imprononçables comme Kirkjubæjarklaustur, que nous abrégeons à leur première syllabe entre nous, en croisant les doigts pour ne jamais, jamais avoir à demander notre chemin. Ça n’a pas marché.

Le temps islandais est incarné à la perfection par cette maxime sur un tee-shirt : « I survived Iceland ». Dans la tente, on se retrouve à grelotter au mois d’août alors que l’automne se rapproche. On se réveille chaque matin sous du givre. Je ne vous raconte même pas les sorties pipi nocturnes. En rentrant de ce voyage, on a investi dans de vrais sacs de couchage.

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Plus grosse dépense du séjour, notre 4×4 chéri, indispensable pour traverser le pays par les pistes de l’intérieur… Qui semble pourtant bien minuscule face aux monstres sur roues que nous avons croisé sur les routes, sans oser imaginer dans quelles circonstances les gens pouvaient bien en avoir besoin (pour traverser des gués/bancs de neige/tas de corps de 2 mètres de profondeur ?). On a traversé un gué, avec moi au volant. J’en suis toujours fière.

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À Krafla, dans le nord du pays, on fait un détour pour aller voir les champs de lave de 1984. Ils sont encore fumants. À perte de vue. On croise les doigts pour que ça ne pète pas. Ça a marché.

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Je tenais à aller dans le Landmanallaugar. L’endroit le plus touristique du pays probablement, que nous avons sans doute bien trop survolé. J’en garde le souvenir de son camping sur les cailloux, mais surtout ses aquarelles en guise de paysage et ses sources d’eau chaude… très chaudes.

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Etienne tenait à aller à un endroit au nom imprononçable. Om on trouve une chaîne de centaines de petits volcans. Tous alignés, en rang d’oignons. On s’est tapés six heures de piste aller-retour, et des gués, et des rochers, et tout ce que tu veux, mais une fois devant ce spectacle, on se dit qu’on est vraiment sur une autre planète.

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La traversée du pays à 30 km/h sur la piste, et cet instant magique où l’on tombe sur une source chaude dans la brume et je vous jure que j’ai vu un leprechaun.

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Dans un bled au nom imprononçable où on a fait une étape au pif, dans un camping au pif, on est allés dans une source chaude au pif… L’établissement fermait, nous avons été ses tout derniers clients. Moment d’émotion même si nous ne connaissions pas le proprio.

En parlant de sources chaudes, je milite pour l’inscription des sources chaudes aux thérapies remboursées par la Sécu, pour leur incroyable détente musculaire et mentale.

Reykjavik ne nous a pas laissé un souvenir impérissable, trop grise, trop citadine, trop chère pour nos petits budgets d’étudiants. Je ne me souviens que du camping et de la piscine… chaude, évidemment.
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Bref, l’Islande, c’était une folie, mais ce sont justement celles-ci dont on profite le plus. Si je devais retourner dans un pays illico, ce serait l’Islande.

C’est où ?

Bon voyage  Trois heures entre Paris et Londres avec Iceland Express (désormais WOW Air), pour 310 euros par personne. Il s’agit d’une compagnie low-cost qui ne fournissait par les repas à bord, mais le reste était impeccable.

L’Islande faisant partie de l’espace Shenghen, nul besoin de visa, ni même de contrôle d’entrée à la frontière.

Bonne nuit  À Keflavik, nous avons dormi à l’auberge de jeunesse Fit Hostel. De mémoire, rien à signaler, juste une auberge assez banale mais très bien quand on descend de l’avion car elle offre une navette gratuite depuis l’aéroport.

À Reykjavik, où nous sommes restés quatre nuits, nous avons opté pour le camping Reykjavik Campsite, à 3 km du centre-ville. La première nuit, nous avons craqué et pris un petit bungalow car nous n’en pouvions plus de l’humidité, et avons passé les trois nuits restantes sous la tente.

Autour de l’île, nous avons dormi dans divers campings qu’il serait bien difficile de retrouver aujourd’hui. Sachez cependant qu’en août, nous n’avons jamais eu de problème de place et qu’il suffisait de débarquer sans prévenir. Mais ça, c’était en 2007.

Bon appétit  Le point faible du voyage. Tout était hors de prix, les restaurants, les pizzerias, les tambouilles. Je n’étais pas encore végétarienne, mais nous avons eu du mal à faire rentrer les restaurants dans notre budget. J’ai le souvenir d’u McDo à Reykjavik, et d’un burger en chemin. Sinon, nous avons mangé des pâtes et de la sauce tomate sur notre réchaud de camping, agrémentées de skyr (fromage blanc local).

Bons plans, bonnes adresses ou anecdotes… Je veux tout savoir en commentaire !

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3 thoughts on “ISLANDE // Road-trip et camping

  1. Em

    Ah l’Islande… J’aime lire des articles sur cette destination, ça me replonge dans mon voyage ! Votre séjour a dû être assez épique ! Je suis végétarienne, et ça a été un petit challenge de manger varié pendant 10 jours… Mais bon, vu les paysages fous de l’île, on lui pardonne vite !

    1. Audrey

      Il semblerait que ce pays sache charmer toutes les personnes qui le visitent 🙂 Je n’étais pas encore végétarienne à l’époque et avec le recul, tant mieux ! J’imagine la difficulté que cela a dû te poser pour trouver de quoi te nourrir.

  2. […] barboter dans ces bains chauds et je ne rate jamais une occasion de le faire. Sources chaudes en Islande ou en Nouvelle-Zélande, bains dans le Chablais suisse, onsen au Japon, de jour, de nuit, tout est […]

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